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Dernier cheval de bataille d'un triste sire! |
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Écrit par Jean Lacasse, Montréal
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15-02-2008 |
Bernard Landry. (Mike Segar/AFP/Getty Images) Selon moi, il n'y a pas au Québec politicien plus «suave» que ce cher Bernard Landry! Au nombre des ex-premiers ministres d'obédience péquiste, il est celui qui, par-dessus tout, n'a jamais accepté son «renvoi» à la société civile, alors même qu'il fut l'artisan subjectif et objectif de sa descente au rang de simple mortel, militant et électeur.
Le revoici donc à la tête d'une espèce de conjuration destinée, il me semble, à saper l'autorité encore bien précaire de celle qui a succédé à son propre successeur : je parle bien sûr de Pauline Marois!
En bon lecteur des «pages roses» du Petit Larousse qu'il est, je m'empresse de citer ici l'incipit d'une locution latine qui, pour rebattue qu'elle soit, n'en demeure pas moins la «meilleure traduction» (sic) de l'effet de lassitude que me procurent les déclarations à l'emporte-pièce de ce second loose cannon – le premier étant, cela va de soi, son «compagnon d'armes» Yves Michaud.
C'est le début d'un discours de Cicéron au Sénat romain où il s'en prend à Catilina qui complote contre la République. Les deux premiers mots suffisent à en indiquer le sens : «Quousque tandem […]», c'est-à-dire «Jusques à quand […]» En effet, jusques à quand, Monsieur Landry, allez-vous nous gratifier de vos considérations et palinodies personnelles au regard de la gestion des affaires de l'État! Si seulement vous vous contentiez de nous aviser de problèmes d'ordre commercial et économique, cela serait déjà un moindre mal. Mais, puisque vous êtes doué d'un esprit universel, vous vous croyez tenu de vous immiscer dans tous les domaines qui ressortissent à ce même État!
Votre nouveau «cheval de bataille»? La «réforme de l'éducation» entreprise en 1998, c'est-à-dire au temps où votre formation politique constituait le gouvernement du Québec, duquel vous étiez l'un des membres les plus influents. Certes, vous n'étiez pas l'instigateur de cet aggiornamento; toutefois, il a bien fallu que vous l'entériniez et promouviez quand ce fut à votre tour d'être le chef de ce gouvernement.
À présent, vous considérez son application comme bancale et nécessitant un «moratoire», aux fins d'une révision en profondeur. Quant aux élèves – et non pas étudiants – de quatrième et cinquième secondaire à venir, il faudrait, toujours d'après vos cosignataires et vous-même, les soustraire aux conséquences pernicieuses, voire délétères, auxquelles ils sont en proie depuis les prémices de leur scolarité.
Quoi qu'il en soit, en lisant les noms des gens qui s'associent à vous – ou auxquels vous vous associez – dans votre «J'ACCUSE», je constate que quelques membres de ce sanhédrin et votre serviteur sont issus de la même génération, à savoir celle de la fin des années 50 et le début des années 60 – affublée malicieusement de l'étiquette «derniers baby-boomers». Si j'ai bonne mémoire, mes années à l'école primaire furent déterminantes en raison des diverses connaissances que les institutrices nous prodiguèrent ; c'est au niveau secondaire – en troisième secondaire, plus précisément – que les choses se mirent à se gâter. Eh oui! nous allions faire les frais d'une «réforme scolaire», si bien que peu d'entre nous, à la fin de ce cycle, maîtrisions dans une certaine mesure la langue française.
Même constat accablant à la fin des études collégiales et universitaires. Et puis, par la suite, d'autres réformes furent élaborées et appliquées. Leurs échecs n'en furent que plus patents! C'est pourquoi la présence, au sein de votre groupuscule, de quelques-uns de mes «exacts contemporains» (sic) m'a fait tiquer, car je ne puis pas croire que leur «expérience scolaire» (j'ai fréquenté moi aussi un «établissement privé») les incite à penser que le système d'enseignement d'avant 1998, pour ne pas dire d'avant 1980, était de beaucoup supérieur à celui de 2008!
Quant à moi, la seule différence significative tient au fait qu'une bonne part des professeurs d'aujourd'hui et de naguère peuvent difficilement transmettre des connaissances dont ils ne disposent pas, en raison des lacunes vertigineuses qui les ont entraînés dans les abysses de l'inculture! Et dire qu'il y en a même, aujourd'hui, qui soutiennent, parmi les linguistes et autres didacticiens patentés, que l'orthographe et la grammaire, apanages des «happy few», devraient être uniquement remplacées par une francisation des anglicismes qui corrompent le «Ramage de mon pays», pour reprendre le titre d'un ouvrage de Victor Barbeau, lequel n'eut de cesse, toute sa vie durant, d'illustrer notre langue!
Ainsi, la médiocrité pourrait enfin se draper des oripeaux de la pédagogie, de la bêtise et du mépris! À cela, Monsieur Landry, vous n'y pourrez rien. Votre récente sortie, toute véhémente qu'elle soit, m'apparaît une bien piètre mise en scène d'un histrion qui, à défaut d'un rôle à sa mesure, s'approprierait volontiers la charge de Deus ex machina. Pathétique!
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