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Les États-Unis sont-ils en récession? La question est au coeur de vifs débats parmi les économistes et politiciens américains, mais la réponse reste entre les mains d'un groupe méconnu d'experts qui tranchera des mois après l'entrée effective du pays dans la crise.
Le comité des cycles économiques du Bureau national de recherche sur l'économie (NBER) est l'organisme de référence pour qualifier les variations de l'économie américaine depuis 1961. Le NBER, qui a vu le jour en 1920, a publié ses premières données sur les cycles de déclin de l'économie des États-Unis en 1929, année du krach boursier qui marqua le début de la Grande dépression et d'une crise économique mondiale. Or ce comité rejette la définition classique d'une récession – Produit intérieur brut (PIB) négatif pendant deux trimestres ou plus – jugée limitée.
Présidé par Martin Feldstein, professeur d'économie à l'université Harvard, le NBER prend en compte dans ses analyses, plutôt que le seul PIB trimestriel, plusieurs indicateurs mensuels, parmi lesquels le revenu moyen disponible, le taux de chômage, la production industrielle et les ventes en volume. M. Feldstein a averti fin janvier que les États-Unis étaient sur le point d'entrer en récession, une vision que partage désormais l'ancien patron de la Réserve fédérale américaine (Fed) Alan Greenspan.
Pour le NBER, une récession est l'intervalle entre un pic et un creux de l'activité économique. Selon lui, la dernière récession aux États-Unis remonte ainsi au cycle de contraction de l'économie entre mars et novembre 2001. Mais le NBER, un organisme privé sans but lucratif, détermine rétrospectivement les cycles de déclin de l'activité économique. Son prestigieux panel d'experts a pris plus d'un an et demi pour décréter que l'économie américaine avait été en récession pendant ces huit mois de 2001. Ce décalage est critiqué par certains analystes, économistes et investisseurs qui le juge improductif puisque ne permettant pas de réagir rapidement pour endiguer une récession ou simplement prendre les meilleures décisions pendant qu'elle se produit.
Soulignant l'importance de la crise immobilière, le recul de la consommation en fin d'année 2007 et le recul des principaux indices sur les marchés financiers, l'économiste en chef de la Banque de Montréal (BMO), Sherry Cooper, a affirmé fin janvier que l'économie américaine était déjà en récession. Le Fond monétaire international (FMI) a laissé entendre de son côté que l'économie américaine se dirigeait dangereusement vers une récession, en revisant en forte baisse ses prévisions de croissance pour ce pays en 2008.
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