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Le New York Times répète la ligne du Parti communiste Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par John Nania et Jason Loftus, La Grande Époque   
19-02-2008

 

La critique d’un spectacle culturel fait étrangement écho à la propagande de Pékin, mais ne parvient pas à dissuader le public

Salle comble du Radio City Hall
La salle comble de la dernière représentation du Chinese New Year Splendor au Radio City Music Hall de New York le 9 février 2008. (Dai Bing/La Grande Époque)
Le théâtre était plein. À la fin de la représentation : l’ovation. En sortant, les spectateurs commentaient élogieusement le spectacle. Malgré tout, le New York Times a même soutenu qu’ils étaient des «centaines» à affluer vers la sortie lors de l’entracte.


Du 30 janvier au 9 février 2008, le Chinese New Year Splendor a été présenté quinze fois au célèbre Radio City Music Hall de New York, faisant salle comble lors de la dernière représentation. La réaction des spectateurs, récoltée par La Grande Époque lors de plusieurs entrevues, a été très positive. John Wright, anciennement du département des critiques de livres du New York Times, était aussi parmi le public. «C’était très beau, très différent», avait-il commenté après avoir assisté à une représentation.


Mais le New York Times a publié un article du Chinese New Year Splendor le 6 février (sous la plume d’Eric Konigsberg) qui a tout fait, sauf suggérer que le spectacle ait été bien reçu du public. Se basant sur des citations provenant d’à peine trois spectateurs, dont seulement un a offert son nom complet, le New York Times a titré : Un aperçu de la culture chinoise que certains ont de la difficulté à regarder (A Glimpse of Chinese Culture That Some Find Hard to Watch).


Ce n’est pas seulement la sélection des réactions du public qui est mise en doute puisque, selon les organisateurs, contrairement à ce que suggérait Konigsberg dans son article, il n’y a pas eu de départ en masse à l’entracte. Des reporters de La Grande Époque sur place ont fait le même constat que les producteurs de l’événement.


Ce qui rend l’article du New York Times encore plus inhabituel, c’est que les citations publiées sont très proches de la ligne du régime communiste de Pékin, en Chine comme à l’étranger, s’étant donné comme mandat de nuire le plus possible au Splendor.

 

Culture et persécution
Produit par la compagnie Divine Performing Arts (la troupe des Arts divins), le Chinese New Year Splendor fait redécouvrir la culture chinoise par la danse et la musique. Le spectacle illustre, par divers tableaux, des histoires culturelles et morales de la Chine ancienne et des temps modernes. Entre autres, un numéro de danse montre comment des pratiquants de Falun Gong s’opposent pacifiquement à la persécution qui sévit en Chine aujourd’hui.


M. Li Yong, un des fondateurs des journaux de langue chinoise United Daily et World Journal, a affirmé, après avoir vu le Splendor, que «le spectacle nous a offert la gloire chinoise et nous a présenté la vraie Chine».


M. Eric Shumsky, violoniste accompli et fils du légendaire violoniste Oscar Shumsky, a qualifié la représentation de «soirée inoubliable».


Il a souligné en particulier l’«élégance et les qualités artistiques» de Mme Xiaoqun Qi, qui joue du erhu, un instrument chinois à deux cordes.


«Je connais la plupart des musiciens qui jouent les cordes classiques d’aujourd’hui, a dit Shumsky, et j’ose dire que la plupart d’entre eux pourraient prendre des leçons [de Qi] pour l’essence de leur expression.»
Mais la résurgence de la culture traditionnelle, en particulier liée au non-respect des droits humains, a frustré les dirigeants communistes chinois qui ont longtemps maintenu un monopole sur la représentation de la culture chinoise. Les ténors de Pékin ont tenté de discréditer le spectacle, le qualifiant de «propagande politique».


Les spectateurs interviewés par le quotidien new-yorkais ont répété le point de vue de Pékin, mentionnant que les deux numéros mettant en scène la persécution de la discipline de méditation Falun Gong en Chine étaient la raison de leur déplaisir.


Mme Carrie Hung, porte-parole pour le producteur New Tang Dynasty TV (NTDTV), s’objecte à la tendance que prend l’article publié dans le journal américain.


«Les citations de spectateurs dans le New York Times font paraître le Splendor comme étant entièrement axé sur le Falun Gong», déclare-t-elle. «Le spectacle cherche à découvrir et raviver la culture traditionnelle et les valeurs de la Chine ancienne.»


«Les spectacles incorporent des éléments du bouddhisme, du taoïsme et du confucianisme en plus du Falun Gong et de plusieurs traditions ethniques et de dynasties différentes.»


L’article du New York Times a aussi cité le professeur de sciences politiques de l’Université du Nevada, Mme Maria Hsia Chang. Lorsque rejointe par La Grande Époque, Mme Chang a indiqué qu’elle n’avait pas vu le spectacle.


«Le reporter du Times m’a interviewée par téléphone. Je n’ai pas lu son article, alors je ne sais pas s’il m’a mal citée ou citée hors contexte», écrit-elle dans une réponse par courrier électronique, ajoutant qu’elle était sensible à la cause à la cause du Falun Gong.

Propagande
Immédiatement après la publication de l’article dans le New York Times, l’appareil de propagande du Parti s’est activé.


Même si les médias occidentaux, comme le New York Times, sont normalement censurés en Chine, cet article a immédiatement été republié par la Xinhua, l’agence de presse du Parti communiste chinois (PCC), et a été distribué largement dans les médias d’État.


La presse de langue chinoise à l’extérieur de la Chine, comme China Press, financé par le Bureau des affaires chinoises d’outre-mer, et ChinaNews.com, qui, comme Xinhua, est une agence de presse officielle sur Internet, ont similairement offert une couverture proéminente à l’article du New York Times.


M. Zhang Weiguo, un commentateur indépendant vivant aux États-Unis, qui a été éditeur et journaliste pour l’ancien journal basé à Shanghai, World Economy Pioneer, a déclaré que «ce serait surprenant s’ils [les journaux pro-PCC] ne l’avaient pas fait».


«Le New York Times est relativement bien connu et il publie soudainement un reportage avec des détails négatifs [sur le Falun Gong]», a-t-il poursuivi. «C’est certain qu’ils [les journaux pro-PCC] en feront usage sans aucune réserve.»




 
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