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L'impact des activités humaines sur les océans est sous-estimé Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Agence France-Presse   
20-02-2008
Une bande de poissons manini
Une bande de poissons manini passe près d'un récif de corail d'Honolulu, Hawaii. Plusieurs des récifs de coraux de la région sont dangereusement affectés par la pollution des eaux. (Donald Miralle/Getty Images)
BOSTON – L'impact des activités humaines sur l'ensemble des écosystèmes marins de la planète a été sous-estimé, et seulement 4 % des océans restent intacts, ont mis en garde, le 14 février dernier, des scientifiques américains.

Ces biologistes et océanographes ont, pour la première fois, établi un atlas planétaire de l'impact de dix-sept différentes perturbations liées aux activités humaines, comme la pêche, la pollution ou le changement climatique, sur tous les océans et toutes les mers.

Le rapport synthétise les données mondiales de cet impact humain sur, notamment, les récifs coralliens, le plancton et l'écosystème des fonds océaniques.

Les recherches faites jusqu'alors se concentraient seulement sur une activité en particulier ou sur ses conséquences sur un seul écosystème.

«Ce projet nous permet enfin de commencer à avoir une vue d'ensemble de la manière dont les humains affectent les océans», souligne Ben Halpern, chercheur de l'université de Californie, principal auteur de ces travaux.

«Nos résultats révèlent un impact global de l'homme sur les écosystèmes océaniques beaucoup plus néfaste qu'on ne pouvait l'imaginer, et cela a été une surprise», ajoute-t-il.

Plus de 40 % des océans sont très affectés par les activités humaines et très peu d'eaux marines restent vierges, selon cette recherche.

Selon ces scientifiques, les zones les plus touchées sont la mer du Nord, le sud et l'est de la mer de Chine, le bassin des Caraïbes, la côte est de l'Amérique du Nord, la Méditerranée, la mer Rouge, le golfe Persique, la mer de Béring et plusieurs régions occidentales du Pacifique.

Les écosystèmes océaniques les mieux préservés se situent essentiellement dans les régions polaires. «Mais ces sanctuaires sont menacés de dégradation rapide par la disparition grandissante de la calotte glaciaire, résultant du réchauffement climatique et de la propagation des activités humaines dans ces régions», déplore Carrie Kappel, qui a participé à ce projet.

Les conséquences des activités de l'homme varient de façon importante selon les écosystèmes marins. Les plus gravement touchés sont les récifs coralliens, la ruppie maritime, la mangrove (une formation végétale du littoral des pays tropicaux humides), les plateaux continentaux et les glacis péri-insulaires. Ces derniers sont des fonds marins légèrement inclinés se trouvant autour d'archipels émergés. Les zones les moins affectées sont les fonds marins et les eaux de surface en haute mer.

Pour David Garrison, biologiste et directeur du programme d'océanographie à la Fondation nationale américaine des sciences, «cette recherche est d'une grande importance, car elle synthétise l'impact des activités humaines sur l'ensemble des écosystèmes océanographiques».

«Ces travaux vont probablement être un modèle pour évaluer spécifiquement les conséquences au niveau local et régional.»

Pour Andrew Rosenberg, professeur de ressources naturelles à l'Université du New Hampshire qui n'a pas participé à cette enquête, «les résultats de cette étude sont un message clair et les responsables politiques doivent agir pour préserver les écosystèmes marins en réduisant l'impact des activités humaines dans de nombreuses régions du globe».

Au total, près de vingt scientifiques de différents centres de recherches universitaires, d'ONG et d'agences du gouvernement fédéral américain ont contribué à l'élaboration de cet atlas.

L'étude, parue dans la revue Science du 15 février 2008, a été présentée à la conférence annuelle de l'association américaine pour la promotion de la science (AAAS) qui se tenait à Boston la semaine dernière.




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