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Sous la pression de Washington, les Serbes jouent la carte de Moscou |
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Écrit par Calin Neascu, Agence France-Presse
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25-02-2008 |
Des Serbes du Kosovo tiennent des photos du président russe, Vladimir Poutine, durant une manifestation contre l’indépendance kosovare à Mitrovica, le 23 février 2008. (Robert Atanasovski/AFP/Getty Images) BELGRADE – La Serbie, pressée par Washington et Bruxelles de contenir les violences qui ont suivi l'indépendance du Kosovo, a reçu l'aide de son grand allié, la Russie, qui accuse les Occidentaux de mettre en péril les relations internationales par leur soutien à l'État kosovar.
Le 23 février dernier, un proche du président russe Vladimir Poutine a estimé que reconnaître l'indépendance du Kosovo revenait à «armer un fusil» dont «personne ne sait ni où ni quand le coup partira».
Les «djihadistes du terrorisme» islamique, selon lui, installés au Kosovo pourront maintenant agir au grand jour, a encore lancé Anatoli Safonov, envoyé spécial du président Poutine pour la coopération internationale contre le terrorisme et le crime organisé.
La veille, M. Poutine, qui soutient fermement Belgrade dans le rejet de l'indépendance du Kosovo, n'avait pas mâché ses mots et affirmé qu'il s'agissait d'un «précédent horrible», qui va revenir «dans la gueule» des Occidentaux et aura des «conséquences imprévisibles».
La Russie entre en guerre pour le Kosovo!, titrait le 23 février le quotidien belgradois Press en citant le représentant de la Russie à l'OTAN, Dmitri Rogozine, qui avait déclaré que Moscou se réservait le droit d'«utiliser la force» si l'OTAN ou l'Union européenne «défient» l'ONU sur le Kosovo.
Le journal cite Alksandar Vucic, un haut responsable du Parti radical serbe (SRS), la formation la plus représentée au Parlement, qui déclare : «Seuls les Russes peuvent mettre un terme aux mesures de type fasciste de l'OTAN au Kosovo.»
Un leader des Serbes du Kosovo, Goran Bogdanovic, a lui aussi salué l'attitude de Moscou.
«La déclaration de Rogozine est perçue comme une mise en garde à l'Occident de maintenir sa présence au Kosovo dans le cadre de la résolution 1244, autrement cela peut aggraver les tensions et conduire même à un conflit de proportion mondiale», a-t-il dit au même journal.
La résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU a mis fin au conflit de 1998-99 entre les forces serbes et la guérilla séparatiste albanaise du Kosovo et a prévu que cette province serait administrée par l'ONU mais resterait sous souveraineté serbe.
Cette résolution représente l'un des arguments de Madrid pour refuser de reconnaître l'indépendance du Kosovo, explique le secrétaire d'État espagnol aux Affaires étrangères, Bernardino Léon Gros, dans un article signé le 23 février 2008 dans le quotidien indépendant belgradois Blic.
«Contrairement à d'autres pays qui se sont séparés, comme la République tchèque et la Slovaquie, il n'y a pas d'accord entre les parties concernées, ni de résolution de l'ONU dans le cas du Kosovo», écrit M. Gros.
«Outre les raisons légales, la proclamation d'indépendance est contraire à tout ce que la communauté internationale a proclamé dans les Balkans depuis les années 1990» lors du démantèlement sanglant de l'ex-Yougoslavie, poursuit-il.
Outre l'Espagne, quatre autres pays membres de l'UE – la Roumanie, Chypre, la Grèce et la Slovaquie – ont annoncé qu'ils ne reconnaîtraient pas le nouvel État.
Le 23 février encore, le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, s'en est pris aux États-Unis, qui ont soutenu l'indépendance proclamée par la majorité albanaise au Kosovo, province du sud de la Serbie.
«Le gouvernement de la Serbie ne va pas cesser de tenir les États-Unis pour responsables d'avoir violé le droit international et séparé une partie du territoire de la Serbie d'une manière violente», a-t-il déclaré à l'agence Tanjug.
Signe de la tension croissante dans la partie nord du Kosovo, où les Serbes sont majoritaires, le représentant spécial de l'UE au Kosovo, Pieter Feith, a indiqué le 23 février avoir décidé du retrait du personnel chargé de préparer le déploiement de la mission EULEX de l'UE.
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