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Le mur de séparation avec le Mexique, sujet brûlant pour la primaire texane Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par J. D. Rivière, Agence France-Presse   
27-02-2008
Un couple mexicain partage un moment, malgré la clôture qui sépare les États-Unis du Mexique,
Un couple mexicain partage un moment, malgré la clôture qui sépare les États-Unis du Mexique, à Tijuana. La construction d’un mur le long de la frontière est un projet très controversé. (Luis Acosta/AFP/Getty Images)
Présidentielle américaine 2008

BROWNSVILLE (États-Unis) – Sacs de drogue, immigrés chinois, cadavres... tout ce qu'on peut trafiquer d'un côté à l'autre de la frontière américano-mexicaine s'est retrouvé un jour sur le terrain de Ray Loop, agriculteur du sud du Texas.

Mais pour Ray Loop, le problème majeur réside moins dans ces activités illégales que dans le projet du gouvernement de construire un énorme mur de séparation, qui passerait en plein milieu de chez lui et ne lui laisserait plus qu'un no-man's land.

M. Loop et d'autres propriétaires terriens sont au centre d'une opposition croissante à ce projet, qui est tout ce qui reste de la tentative avortée de réformer l'ensemble du système d'immigration de 2006.

Très populaire dans les milieux de droite, ce projet de mur n'inspire que mépris dans la région frontalière, où on compte sur le prochain président pour, si non y mettre un coup d'arrêt, du moins le rationaliser.

«On a l'espoir que la prochaine administration s'intéressera plus aux questions frontalières», explique à l'AFP Aaron Pena, un élu du Parlement local qui soutient l'ex-première dame démocrate Hillary Clinton.

«Vu comment tourne la [campagne] présidentielle, avec le Texas au centre des débats, on pourrait avoir les moyens de peser pour obtenir des options plus acceptables», ajoute-t-il.

Lors de leur face à face télévisé le 21 février dernier, Mme Clinton et son rival Barack Obama ont présenté une surveillance accrue de la frontière, avec notamment l'augmentation des patrouilles et des moyens électroniques, comme une alternative à un mur en dur.

«Il y a une façon intelligente de protéger nos frontières et une façon bête de protéger nos frontières», a dit Mme Clinton, dénonçant un mur qui nuit «aux relations familiales, aux affaires, aux loisirs et à tant d'autres choses qui font de la vie à la frontière quelque chose de formidable».

Barack Obama a également promis de discuter avec les collectivités locales de solutions alternatives. «Il y a peut-être des endroits où c'est logique d'avoir un mur, a-t-il dit, mais généralement patrouiller la frontière, déployer des moyens technologiques efficaces, ce serait une meilleure approche.»

Mme Clinton et M. Obama avaient pourtant voté en faveur de ce projet au Sénat, tout comme le républicain John McCain d'ailleurs qui bénéficie cependant d'une certaine reconnaissance dans la zone frontalière pour s'être battu pour une réforme globale de l'immigration.

Le Congrès a décidé en 2006 la construction d'un mur courant sur 1200 des 3200 km de frontière entre les États-Unis et le Mexique. Depuis lors, le ministère de la Sécurité intérieure a annoncé qu'il entendait ériger 600 km d'ici à la fin du mandat du président George W. Bush en janvier 2009.

Des écologistes, des agriculteurs et des élus se sont plaints de ce projet et des méthodes employées pour y arriver : le ministère a déjà lancé des poursuites judiciaires pour procéder à des expropriations.

Même l'Université du Texas à Brownsville pourrait se voir barrer l'accès à des bâtiments et terrains se trouvant de l'autre côté du projet de mur. Elle est sous la menace d'un procès pour avoir refusé que des géomètres du gouvernement viennent mesurer son terrain.

La famille de Ray Loop a aussi refusé d'autoriser la venue des géomètres. Il s'agit d'agriculteurs texans de la quatrième génération, qui cultivent légumes et céréales sur plus de 2000 hectares le long du Rio Grande.

Il est prêt à tout abandonner si le mur vient à être construit : le plus gros de son terrain serait alors une langue de terre dangereuse en bordure du fleuve, sur le versant mexicain de la clôture, ce qui pourrait en faire une cible des trafiquants en tout genre. «Ce n'est pas un risque que je suis prêt à prendre», explique ce père de trois petites filles.




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