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«Le
gouvernement fédéral dispose des ressources et des pouvoirs pour agir,
mais d'après ce que nous avons constaté il n'a, jusqu'à maintenant, pas
été à la hauteur», a ajouté Mme Gélinas, responsable d'un organisme de
contrôle dépendant du Parlement.
Son rapport relève les «lacunes» des autorités canadiennes dans la
lutte contre le changement climatique, critiquant sévèrement les
libéraux au pouvoir de la fin 1993 jusqu'à janvier 2006. Il appelle les
conservateurs d'agir dans les plus brefs délais pour réduire les
émissions de gaz à effet de serre, principaux responsables du
réchauffement climatique.
«Depuis 1997, le gouvernement a
annoncé l'octroi de plus de six milliards de dollars pour des
initiatives de lutte contre les changements climatiques. Cependant, il
n'existe pas encore de système pangouvernemental de suivi des dépenses,
du rendement, et des résultats de ses programmes», conclut la
commissaire.
Selon Mme Gélinas, le Canada n'est plus en mesure
d'atteindre la cible fixée dans le cadre du protocole de Kyoto en vertu
duquel le Canada doit réduire de 6 % ses émissions de gaz à effet de
serre (GES) par rapport au niveau de 1990, alors que celles-ci ont
progressé de quelque 30 % au cours de cette période.
L'une des
principales causes de l'augmentation des émissions de GES au Canada est
l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta, province canadienne
assise sur les deuxièmes réserves d'or noir au monde derrière l'Arabie
saoudite.
«Le gouvernement doit énoncer clairement comment il
entend concilier la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet
de serre et la croissance prévue de l'industrie pétrolière et gazière»,
exige la commissaire à l'environnement, en précisant que les émissions
de GES liées à l'exploitation pétrolière «devraient doubler» d'ici
2015.
Les conservateurs, opposés aux grandes initiatives
internationales comme le Protocole de Kyoto, se sont engagés à déposer
un «plan canadien» de lutte contre les émissions de gaz à effet de
serre, mais ce dernier n'a pas encore vu le jour.
«Notre
programme sera dévoilé en octobre et ne se limitera pas aux
perspectives à long terme du changement climatique. Il inclura aussi
des mesures pour réduire le smog, la pollution et surtout pour
améliorer la santé des Canadiens», a assuré le président du Conseil de
trésor, John Baird, présentant la réponse du gouvernement. Ce
plan «sera réalisable, abordable et réaliste», a-t-il ajouté sans
donner plus de précisions, alors que l'opposition exigeait des mesures
visant directement le secteur pétrolier du fief conservateur de
l'Alberta et le maintien du cap fixé dans le cadre de Kyoto.
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