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Raul Reyes, numéro deux des FARC, tué par l'armée colombienne en Équateur Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Luc Porte, Agence France-Presse   
03-03-2008
Raul Reyes (face à la caméra)
Raul Reyes (face à la caméra), no 2 des Forces révolutionnaires armées de Colombie (FARC), a été tué par l’armée colombienne le 1er mars 2008 dans un raid sur une position rebelle. Il s’agit d’un dur coup infligé à la guérilla marxiste. (Jean-Luc Porte/AFP/Getty Images)
BOGOTA – L'armée colombienne a annoncé, le 1er mars dernier, avoir tué en territoire équatorien Raul Reyes, le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le plus dur échec jamais infligé à la guérilla marxiste.

Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a précisé lors d'une conférence de presse que l'opération lancée contre un camp de guérilleros, où se trouvait Reyes, avait commencé par un bombardement aérien, suivi d'une attaque terrestre de soldats héliportés.

«C'est le coup le plus décisif jamais porté jusqu'à présent à ce groupe terroriste», a affirmé le ministre.

M. Santos a révélé que le camp attaqué se trouvait «du côté équatorien, à 1800 mètres de la frontière» commune. Le président colombien, Alvaro Uribe, a eu un entretien téléphonique sur cette question territoriale délicate avec son homologue équatorien Rafael Correa, a ajouté le ministre, sans dire si la conversation avait eu lieu avant ou après l'attaque.

À Quito, M. Correa a annoncé avoir déplacé une division de l'armée équatorienne sur la frontière afin «de vérifier» ce qui s'était passé.

L'opération commando contre les guérilleros du Front 48 des FARC a débuté par un bombardement de l'aviation samedi à 00 h 25 heure locale (le 29 février 19 h 25 GMT).

Des unités héliportées se sont rendues sur les lieux du campement en territoire équatorien où des combats se sont produits, faisant au total un mort parmi les soldats colombiens et dix-sept dans les rangs de la guérilla.

Un idéologue des FARC, Guillermo Enrique Torres, alias Julian Conrado, a également été tué dans cette attaque.

Le corps de Raul Reyes a été rapatrié par l'armée en territoire colombien.

Un coup de téléphone satellitaire de Raul Reyes et un informateur de l'armée ont permis de localiser avec précision le camp où vivait, en territoire équatorien, le numéro deux des FARC, a révélé à l'AFP une source militaire.

«Deux facteurs ont été déterminants pour cette réussite. D'un côté, les écoutes permanentes des FARC qui nous ont permis, grâce à une communication de Reyes sur son [téléphone] satellitaire, de le localiser approximativement, et un informateur qui nous a fourni la localisation exacte du chef guérillero», a précisé l'informateur qui a requis l'anonymat.

«Reyes a été blessé à la cuisse droite lors des premiers bombardements aériens. Puis il a été tué par les commandos, alors que quatre rebelles de sa garde personnelle tentaient de l'évacuer», selon cette même source.

Un correspondant de l'AFP, qui a rencontré Reyes dans cette même région, a indiqué que ce dernier était entouré d'un dispositif de sécurité très élaboré.

Âgé de 59 ans, le no 2 des FARC, dont le vrai nom est Luis Edgar Devia, était au début de sa carrière un dirigeant syndical dans le département de Caqueta (sud) où il travaillait pour le groupe multinational Nestlé.

Membre de la guérilla depuis près de 30 ans, il a franchi tous les échelons de la hiérarchie pour devenir le porte-parole des FARC. Son nom était fréquemment cité pour la succession de Manuel Marulanda, le chef suprême des rebelles âgé de 77 ans.

Reyes était l'un des sept membres du secrétariat des FARC, l'organe dirigeant, et était présenté par ses compagnons comme l'un des représentants de la faction la plus dure du mouvement rebelle.

Ces derniers mois, l'armée avait annoncé avoir tué plusieurs chefs importants des FARC, dont Tomas Medina, alias Negro Acacio, et Martin Caballero.

Principal mouvement de guérilla colombien, les FARC compteraient aujourd'hui 17 000 combattants, principalement des paysans, répartis sur 60 fronts et occupant une partie importante du pays. Mais certains observateurs font état de multiples désertions dernièrement.

Les FARC détiennent dans la jungle 39 otages dits «politiques», dont l'ex-candidate présidentielle franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, qu'ils veulent échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.

La mort de Raul Reyes intervient alors que la guérilla a relâché unilatéralement six otages depuis le début de l'année et que la pression internationale s'accentue pour obtenir la remise en liberté de Mme Betancourt en raison de son mauvais état de santé.




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