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Accueil arrow Art de Vivre arrow Memphis, l’impressionnante!
Memphis, l’impressionnante! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par John Christopher Fine, Collaboration spéciale   
04-03-2008
Le Dixon

Alors que Memphis est reconnu pour le blues, plusieurs tableaux recouvrent les murs du Dixon. Les tableaux de couleurs discrètes et écarlates des impressionnistes, de Renoir à Sisley, de Monet à Manet, sont placés dans un confortable musée qui donne plus l’impression d’un salon que d’une institution. Les Dixon ont fait fortune dans le coton. Lorsqu’ils sont décédés en 1974, leur prestigieux domaine de style géorgien et ses dix-sept acres et demi de jardins magnifiques ont été transformés en un musée. De son architecture aux jardins forestiers de vieux chênes rouges du Sud et d'acajou, le Dixon est un enchantement. Il y a un jardin de fleurs coupées et une serre où le Memphis Garden Club s’approvisionne pour décorer le musée.

«Les Dixon ont laissé 28 tableaux au musée. Nous avons maintenant plus de 2000 œuvres», raconte le directeur du Dixon, Jay Kamm. «Nous y sommes parvenus en achetant des collections, comme notre collection de porcelaine allemande. Acquérir des collections est la façon par laquelle le musée a été capable d’avancer et d’obtenir une des meilleurs collections du Sud», a ajouté M. Kamm. Il y a des trésors dans le Dixon et peu se retrouvent sur les planchers. D’antiques tapis de Perse faisaient partie du ménage des Dixon. Un Renoir de renommée mondiale est accroché au mur, 100 lithographies Daumier, qui faisaient partie autrefois de la collection Armand Hammer, des chefs-d’œuvre impressionnistes ainsi que des chaises et des sofas confortables pour s’asseoir et admirer les œuvres, le tout fait du Dixon un des grands musées d’art au monde.

Pour ceux qui apprécient le jardinage, prenez contact avec l’horticultrice Diane Reed qui est très compétente sur les arrangements horticoles du musée. Diane partage volontairement et avec enthousiasme son savoir avec les visiteurs du Dixon.

L’histoire des droits et libertés civiles

Il n’y a rien de plus austère que le motel Lorraine sur la rue Mulberry. Alors qu’il n’est pas très loin de l’hôtel Peabody, où des invités distingués profitent du luxe du vieux Sud, le motel Lorraine est resté tel qu’il était le jour où, en 1968, le révérend Martin Luther King Jr fut assassiné par balles sur le balcon de son humble chambre du «motel pour Noirs seulement».

Le National Civil Rights Museum est situé dans cet endroit où l’histoire de l’Amérique a changé à jamais suite au tir d’un assassin. «Le motel Lorraine était l’un des rares motels opérés par des Noirs dans le Sud. Aretha Franklin et Duke Ellington y ont séjourné. Il appartenait à Walter et Lorraine Bailey», raconte Gwen Harmon, directrice du marketing au National Civil Rights Museum.

«Après l’assassinat du Martin Luther King Jr, plus personne ne voulait rester ici. Le motel était en faillite. La communauté l’a racheté de la banque en 1982. Au début, les gens pensaient que le bâtiment devait être rasé. Un consultant du Smithsonian est venu et a dit : “Non. Vous devez le garder tel qu’il est”», a expliqué Mme Harmon.

Le drame est évident. Le musée abrite une collection de photographies et de souvenirs du mouvement des droits et des libertés civiles. Il y a des présentations audio et vidéo. On peut entendre un enregistrement dramatique à la Maison Blanche de la conversation téléphonique entre le président John F. Kennedy et le gouverneur de l’Alabama de jadis, George Wallace, en plein milieu de la période d’intégration collégiale. Un autobus Greyhound calciné fait écho à la violence qui accompagnait les marches de protestation à travers le Sud, rappel brutal de la profondeur de la haine et de la violence qui a accompagné la lutte pour l’égalité. Il y aussi la reproduction d’un comptoir de déjeuner où des hommes et des femmes engagés dans un sit-in sont battus par des brutes. On retrouve aussi un autobus public, vestige muet qui commémore Rosa Parks, celle qui a eu le courage de ne pas céder son siège lors de la ségrégation.

En 2002, une exposition a été ouverte dans le vieil immeuble où a demeuré James Earl Ray. La fenêtre de la toilette et le cadre ont été conservés tel quel. Par la fenêtre, on peut apercevoir le motel Lorraine de l’autre côté de la rue, c’est la même vue que le tueur avait lorsqu’il a visé et assassiné le célèbre leader des droits et libertés civiles en 1968.

Il n’y a rien de plus évocateur du pathos de l’injustice que cette plaque sous de vieilles photos sur laquelle on peut lire : «Entre 1882 et 1968, il y a eu 4743 lynchages aux États-Unis.»




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