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Mugabe convaincu de la victoire de son parti aux élections |
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Écrit par Godfrey Marawanyka, Agence France-Presse
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05-03-2008 |
Robert Mugabe, président du Zimbabwe depuis 1980, se prédit une autre victoire écrasante aux élections du 29 mars 2008. (Desmond Kwande/AFP/Getty Images) HARARE – Le président Robert Mugabe, qui brigue un sixième mandat à la tête du Zimbabwe, se dit «certain» de la victoire de son parti aux élections générales du 29 mars, en dépit du marasme économique dans lequel s'enfonce son pays.
«C'est certain, nous allons gagner», a-t-il assuré à 4000 de ses partisans, en lançant officiellement la campagne de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) lors d'une rencontre à Harare.
«Nous, la Zanu-PF, nous sommes réunis pour marquer le départ officiel de notre marche vers une autre victoire électorale», a ajouté le président Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ancienne colonie britannique en 1980.
Les Zimbabwéens doivent élire dans un mois leur prochain président, leurs députés, sénateurs et conseillers municipaux. Robert Mugabe, dont la réélection en 2002 a été qualifiée de frauduleuse par les Occidentaux et l'opposition, sera le candidat de la Zanu-PF à la présidentielle, bien qu'il soit accusé d'avoir ruiné son pays.
L'inflation dépasse tout entendement, à plus de 100 000 % en janvier. L'espérance de vie a chuté en dessous de 36 ans. Les denrées de base sont absentes des magasins. Le PIB a chuté de 30 % en huit ans. Quatre adultes sur cinq n'ont pas d'emploi formel.
«Nous devons être capable d'expliquer la situation aux gens», a-t-il lancé. «Quand nous avons rencontré un succès, nous devons le dire. Et quand nous avons échoué, nous devons le dire, expliquer pourquoi et ce que nous comptons faire pour corriger la situation.»
Sans s'étendre sur ses échecs, il a présenté son programme électoral, dans lequel il prévoit notamment de distribuer des équipements agricoles aux bénéficiaires de la réforme agraire de 2000.
Cette réforme s'était soldée par l'évacuation forcée de plus de 4000 fermiers blancs, dont les terres avaient été redistribuées à des proches du régime et à des petits paysans sans qualification qui, faute de soutien, n'ont pas réussi à maintenir la production.
«Le secteur minier reste également très important», a-t-il poursuivi, en regrettant qu'une partie des ressources sortent illégalement du pays. «À moins que nous ne soyons propriétaires ou actionnaires des mines, nous continuerons à être lésés», a-t-il assuré.
L'an dernier, le Zimbabwe a adopté une loi sur l'Indigénisation, qui vise à assurer que plus de 50 % du capital des entreprises appartenant à des étrangers soit détenu par des Zimbabwéens noirs. Cette loi a suscité de fortes inquiétudes, surtout dans le secteur minier, par ses similitudes avec la réforme agraire.
Dans un mois, Mugabe devra affronter trois adversaires, dont le chef du principal parti d'opposition, Morgan Tsvangirai, et un de ses anciens ministres, Simba Makoni, qui a été exclu de la Zanu-PF après son entrée en dissidence et qui se présente en indépendant.
Dans son discours, Mugabe s'est montré très virulent à leur encontre, les accusant d'être manipulés par les Occidentaux, et particulièrement par les Britanniques, responsables selon lui des maux du pays.
«Laissons la voix du peuple tonner à travers tout le pays le 29 mars prochain, et condamner une bonne fois pour toutes les faire-valoir, lécheurs de bottes des Britanniques, les traîtres et les vendus, les sorcières politiques et les prostitués politiques, les charlatans politiques et les créatures à deux têtes!», a-t-il martelé.
Simba Makoni, que Mugabe avait déjà qualifié de «prostitué», ne semble pas démonté par ces attaques. Dans un entretien la semaine dernière au Daily Telegraph, il s'est également dit certain de remporter l'élection. «Nous allons gagner de manière éclatante, avec plus de 70 %», a-t-il assuré.
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