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Bush bloque la loi antitorture |
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Écrit par Genevieve Long,La Grande Époque – New York
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19-03-2008 |
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Le président américain, George W. Bush. (Saul Loeb/AFP/Getty Images) NEW YORK – Une loi ayant pour objectif d’empêcher l’armée et les services de renseignement américains d’utiliser la torture a été bloquée. Le président des États-Unis, George W. Bush, s’adressant à la nation par voie radiophonique le 8 mars dernier, a affirmé avoir utilisé son veto contre la Loi sur l’autorisation de renseignement, pour la raison qu’elle réduirait les «outils importants» nécessaires pour prévenir des attaques terroristes contre l’Amérique.
«Le projet de loi que le Congrès m’a fait parvenir retirerait un des outils les plus utiles dans la guerre contre la terreur – le programme de la CIA pour détenir et questionner des chefs et agents terroristes clés», a fait valoir M. Bush dans son allocution.
Les organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé ce geste et la logique qui le sous-tend.
«Le veto du président Bush, en somme, a rejeté les lois intérieures et internationales et a compromis les droits de l’homme pour justifier des pratiques illégales, inefficaces et immorales», a déploré Larry Cox, directeur exécutif d’Amnesty International USA, dans un communiqué de presse.
La section 327 de la Loi sur l’autorisation de renseignement 2008 (H.R 2082) aurait créé une norme unique pour toute collecte de renseignements durant les interrogatoires de combattants ennemis. Cette norme comprend des clauses qui concernent le traitement humain des prisonniers.
L’appui de militaires retraités Le veto survient alors que l’administration Bush fait face à une tempête de critiques depuis quelques mois, à propos de ce qu’elle qualifie de «techniques d’interrogation avancées».
Ces techniques incluent le waterboarding, où la bouche et la gorge d’un détenu sont immergées d’eau pour simuler la noyade. L’objectif est de soutirer des renseignements qui, selon l’administration Bush, auraient aidé à prévenir des attaques terroristes post-11-septembre partout dans le monde.
Toutefois, certains des individus les plus critiques de ces techniques d’interrogation sont ceux qui ont des dizaines d’années d’expérience militaire. Un nombre considérable d’officiers supérieurs à la retraite, incluant un ex-commandant du Corps des Marines, ont envoyé une lettre au Congrès le 18 février 2008.
La missive, adressée au U.S. Senate Select Committee on Intelligence, a été signée par 43 officiers retraités de l’armée de terre, de l’armée de l’air et de la marine. Ils affirment que le guide pour l’interrogation des détenus devrait être le très estimé Army Field Manual. Ce dernier, utilisé depuis des décennies pour orienter les techniques d’interrogation, a été mis à jour en 2006 pour s’adapter à la guerre non conventionnelle. Il interdit strictement la torture et demande aux interrogateurs d’agir humainement.
«La situation actuelle – dans laquelle le militaire agit, selon un ensemble de règles d’interrogation qui sont publiques, et la CIA, selon un ensemble séparé de règles secrètes – n’est ni sage ni pratique», indique-t-on dans la lettre. «De manière à assurer, au sein du gouvernement, la conformité aux exigences de la Convention de Genève et de maintenir l’intégrité des normes de traitement humain sur lesquelles nos troupes se basent, nous croyons que tout le personnel américain – militaire et civil – devrait être soumis à une norme unique de traitement humain, telle que reflétée dans le Army Field Manual.»
S’adresser au public Human Rights First (HRF), une organisation de défense des droits de l’homme, a fait beaucoup de lobbying pour qu’il y ait un changement de politique et elle a obtenu l’appui, entre autres, d’ex-militaires. Lors d’un forum public à New York il y a deux semaines, deux signataires de la lettre au Congrès ont été invités par HRF. Le major général Fred Haynes et le brigadier-général James Cullen se sont adressés à une foule debout de plus de cent personnes.
Le major général Haynes, un retraité du Corps des Marines et vétéran de trois guerres, fait partie de l’Histoire en tant qu’officier des opérations au sein du 28e Régiment. Ce dernier est renommé pour avoir érigé le drapeau américain sur le mont Suribachi, durant la bataille d’Iwo Jima contre le Japon lors de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, Haynes marque encore l’Histoire alors qu’il fait partie d’un groupe de vétérans demandant la fin de la torture contre les combattants ennemis. Il affirme que les leçons d’une des batailles les plus sanglantes de la Seconde Guerre mondiale ainsi que des décennies d’expérience ont formé ses opinions au sujet des politiques américaines actuelles sur la torture.
«Lorsque nous étions à Iwo Jima, j’avais une seule règle pour mes hommes : traiter ceux que vous capturez comme vous aimeriez être traités», a raconté le major général lors de l’événement.
Haynes s’est rappelé une leçon saisissante qu’il a apprise après avoir capturé un ennemi particulier durant la bataille d’Iwo Jima.
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