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Un débat qui nous concerne tous Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Sophie Arcand, Étudiante à l’UQAM   
18-03-2008
 L’Université du Québec à Montréal vue des airs.
L’Université du Québec à Montréal vue des airs. (Archives Photos.com)
L’actualité suit de près les déboires économiques de l’UQAM. Cependant, je crois que l’on ne met pas assez l’accent sur les conséquences des coupures budgétaires qui s’annoncent. Si les étudiants se mobilisent, c’est non seulement pour refuser de faire les frais d’erreurs dont ils ne sont pas responsables, mais aussi pour soulever un débat autour de la place de l’éducation au sein de notre société.

Un lieu d’enseignement n’est pas une entreprise. C’est un milieu de partage du savoir, d’innovations dans des domaines multiples et un acteur important de transformations sociales. Pourtant, victimes de leur sous-financement, les universités doivent à la fois assurer la qualité de leur enseignement et leur rentabilité.

Le milieu universitaire doit conserver son autonomie et pouvoir réfléchir sur les enjeux qui l’intéressent peu importe s’ils sont rentables. On ne s’enrichit pas seulement avec des dollars, mais aussi avec la liberté de penser et de s’instruire. Il est primordial de réfléchir sur ces questions brûlantes de l'accessibilité aux études et du financement de nos universités. Il semble que notre société fasse le choix de la rentabilité sans avoir profondément réfléchi à ce que représente une société qui délaisse culture et éducation pour adhérer à la logique néolibérale...

Il semble également que le recul de nos droits de citoyens soit acceptable pour la justice. Depuis le vendredi 14 mars, une ordonnance de la Cour supérieure interdit à tous les membres des associations étudiantes en grève de l’UQAM de pratiquer leurs activités. De quel droit se permet-on de nier le droit à la revendication, le droit de refuser d’adhérer à un projet de gestionnaires sans vision et le droit de sauver les vestiges d’une éducation accessible à tous?

Où sont rendus les manifestants qui croyaient en l’UQAM et qui ont accéléré sa création en 1969? Il est vraiment paradoxal que l’université et les étudiants soient dressés les uns contre les autres. Si chacun tente de sauver l’UQAM, les étudiants ne l’acceptent pas à n’importe quel prix. Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités et qu’il cesse de couper partout dans nos institutions publiques. Quelles conclusions tirer après le constat du recul de la démocratie dans le milieu universitaire et surtout, pourquoi l’alarme ne sonne toujours pas sur la scène médiatique?




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