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Les étudiants du Venezuela veulent bâtir une nouvelle société |
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Écrit par Gary Feuerberg, La Grande Époque - Washington
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26-03-2008 |
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Les étudiants du Venezuela ont mené le mouvement d’opposition à la réforme de la Constitution proposée par le référendum du président Hugo Chavez en décembre 2007. (Pedro Rey/AFP/Getty Images) WASHINGTON, D.C. – Les pays démocratiques soupiraient de soulagement en décembre dernier lorsque le président vénézuélien, Hugo Chavez, a perdu son référendum visant à modifier la Constitution du pays.
Par une marge très mince (51 % contre, 49 % pour), les citoyens du Venezuela ont rejeté une proposition qui aurait permis à Chavez de se présenter à la présidence indéfiniment, de mettre fin à l’autonomie de la banque centrale et de réduire la semaine de travail.
On sait peu de choses du mouvement étudiant ou de ses dirigeants qui ont été responsables de la défaite de Chavez. Avant l’arrivée de ce dernier sur la scène politique, l’opposition prenait corps dans les partis politiques.
Avec les étudiants qui ont mené des centaines de milliers de personnes dans des manifestations pacifiques, une nouvelle force a émergé dans le pays. Elle ne s’oppose pas seulement à la direction prise par Chavez et ses partisans, mais elle cherche aussi à reconstruire le pays psychologiquement en partant de la base.
Certains affirment que les étudiants ont empêché le pays, au moins pour l’instant, de devenir une dictature et de se transformer en un État communiste/socialiste.
Pour faire la lumière sur le mouvement étudiant, le groupe de réflexion Cato Institute de Washington, D.C. a tenu un forum, le 12 mars dernier, intitulé Le mouvement des étudiants vénézuéliens pour la liberté. Le forum présentait trois Vénézuéliens impliqués dans la lutte contre le gouvernement d’Hugo Chavez : le leader étudiant Yon Goicœchea, l’auteur et militant des droits de l’homme Gustavo Tovar et l’auteur et ex-responsable gouvernemental Gerver Torres.
Chaque panéliste a exprimé son point de vue personnel sur le mouvement étudiant vénézuélien et sur la signification du vote pour le «non» au référendum, empêchant l’élimination du nombre limite de mandats présidentiels.
«Les Vénézuéliens ont rejeté, par voie référendaire, les changements constitutionnels […] qui auraient transformé leur pays en État socialiste», a mentionné le modérateur du forum Ian Vasquez, directeur du Center for Global Liberty and Prosperity du Cato Institute. «Les étudiants ont joué un rôle clé, en public et dans les coulisses, pour assurer à la population qu’il y a un futur viable pour la démocratie dans ce pays.»
Contrairement aux forums typiques chez la myriade de groupes de réflexion de Washington, cette discussion passionnée était pleine d’espoir et de visions d’une nouvelle société.
La non-violence de Martin Luther King Jr a été invoquée également et semble indiquer que les étudiants veulent éviter les émeutes et les combats. Il ne s’agit pas d’un mouvement politique dans le sens traditionnel du terme, mais plutôt de la recherche d’un dialogue au sein de la population du Venezuela pour qu’elle détermine son avenir d’une manière libre et ouverte.
Un jeune étudiant, Yon Goicœchea, dirige le mouvement et il est le président du Parlement national étudiant. Il affirme que la fermeture par Chavez d’une chaîne de télévision populaire, en mai 2007, a été l’événement qui a galvanisé les étudiants. Radio Caracas TV (RCTV) était en activité depuis 53 ans et était l’une des plus anciennes et des plus populaires chaînes, selon un reportage de CNN (le 27 mai).
RCTV avait été depuis longtemps favorable aux partis d’opposition, et le président Chavez ne l’aimait pas, l’accusant d’avoir appuyé le coup d’État raté de 2002 contre lui, selon CNN.
Goicœchea a expliqué que lui et ses collègues étudiants sont «instinctivement» descendus dans la rue pour s’opposer à la fermeture, car ils percevaient qu’elle ouvrait la voie au totalitarisme. Le référendum a été perçu de la même manière. Il y a eu 45 manifestations publiques, où des milliers d’étudiants de Caracas, et simultanément dans d’autres villes du pays, ont marché en guise de protestation.
Goicœchea affime qu’ils n’avaient pas l’intention de renverser Chavez et d’imposer un autre gouvernement. Selon lui, le mouvement étudiant n’a pas d’idéologie politique définie (gauche ou droite), et la démocratie n’a pas d’idéologie.
Étant âgé de 23 ans seulement, Goicoechea a insisté qu’il ne sentait pas le besoin d’être lié au passé. Il dit qu’il a du respect pour Hugo Chavez, mais dans une démocratie, tous les côtés devraient être bienvenus. Il a parlé du besoin des Vénézuéliens de s’entendre sur des valeurs communes, un thème qui a été mentionné plusieurs fois durant le forum.
Plus âgé que Goicœchea et plus philosophique, Gustavo Tovar a tenté d’expliquer les principes qui animent la protestation étudiante. Il a écrit un livre racontant l’histoire de leur mouvement et leur vision, Étudiants pour la liberté (traduction libre de l’espagnol).
«Afin de changer la politique, nous devons changer le langage», a-t-il déclaré, citant un poème du Prix Nobel de la paix 1990, Octavio Paz. «Nous ne pouvions nous parler», a-t-il expliqué. Le «problème très grave de l’exclusion sociale» doit être abordé, a-t-il dit. Il doit y avoir une entente sur des valeurs communes et sur les droits de l’homme pour qu’un dialogue puisse avoir lieu.
Autrefois, alors que Tovar enseignait à des jeunes dans une université, il a observé que ses élèves le trouvaient «très ennuyeux». Alors, il a fait son examen de conscience. Il voulait dire par là qu’il faut écouter attentivement les gens avec qui vous êtes en désaccord, respecter ces personnes, défendre les droits de l’homme et résister à la tentation d’utiliser la violence.
«Être contre le terrorisme ou être dans l’opposition au Venezuela ne fait pas de vous un démocrate», a-t-il expliqué. Le problème principal au Venezuela n’est pas de mettre Chavez dehors, mais bien de reconstruire le pays, d’illustrer nos valeurs et de ne pas répondre à la violence, a-t-il poursuivi.
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