Accueil L'actualité Opinion Beijing 2008, Sochi 2014, Pyongyang 2018 |
|
|
Beijing 2008, Sochi 2014, Pyongyang 2018 |
|
|
|
|
Écrit par Paul Deschamps, Collaboration spéciale
|
|
27-03-2008 |
|
Page 2 sur 2
Est-ce assez pour régler la question tibétaine? Poser la question, c’est y répondre. Mais au moins, il y aura une vague de conscientisation et l’intérêt de certains aura été piqué. Les consciences tranquilles qui iront assister aux compétitions sportives peineront à ne pas être remises en question par les proches et amis. Sur cette affaire, il y aura un débat très utile dans ce début de troisième millénaire. Beaucoup de gens ne veulent plus de l’hégémon américain, mais de là à souhaiter l’émergence d’un hégémon chinois? Car les Jeux de Pékin en sont la célébration, au même titre que ceux de Berlin en 1936 célébraient la puissance nazie. D’ailleurs, pour quiconque féru d’histoire, les similitudes sont ô trop nombreuses.
Les Jeux olympiques avaient été octroyés à Berlin en 1931 pour souligner la réintégration de l’Allemagne à la communauté internationale, après la Première Guerre mondiale. En 1933, Adolf Hitler a pris le pouvoir et a mis tout en branle pour faire des jeux une immense opération de propagande. À cette époque également on parlait de boycott, alors que les politiques racistes du régime nazi étaient déjà en branle. Les athlètes juifs étaient systématiquement exclus des associations sportives allemandes.
«Pendant deux semaines en août 1936, la dictature nazie d’Adolf Hitler a camouflé son caractère raciste et militariste alors qu’elle recevait les Olympiques d’été. En minimisant son programme antisémite et ses plans d’expansion territoriale, le régime a exploité les jeux pour éblouir les spectateurs étrangers et les journalistes avec une image d’une Allemagne pacifique et tolérante», écrit le Holocaust Memorial Museum des États-Unis.
«Ayant rejeté une proposition de boycott des Olympiques de 1936, les États-Unis et autres démocraties occidentales ont raté l’opportunité de prendre position qui – selon certains observateurs – aurait fait réfléchir Hitler et aurait galvaniser la résistance internationale à la tyrannie nazie. Avec la conclusion des jeux, les politiques expansionnistes et la persécution des Juifs et autres “ennemis de l’État” ont accéléré, culminant dans la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste.»
Les craintes par rapport à l’après-Pékin sont bien réelles. Certains croyaient que le régime chinois agirait avec retenue, soignerait son image et ferait des pas dans la bonne direction avant les Olympiques. Mais son discours en rapport avec les récents troubles est extrêmement violent, accusant même le Dalaï-lama d’être un terroriste. Si un tel langage et une telle utilisation de la force se déploient avant les jeux, qu’en sera-t-il après ceux-ci?
Après ceux-ci, le CIO offrira probablement les Jeux d’hiver de 2018 à Pyongyang, en Corée du Nord. Rien de mieux qu’un évènement sportif apolitique pour favoriser le développement de l’humanité...
<< Début < Précédente 1 2 Suivante > Fin >> |
|
|
|
|
|