|
Page 2 sur 2
Percussions et tambours de carnaval ((Suziloo /La Grande Époque)
Carnaval en Guadeloupe
Introduit au XVII e siècle par les colons, le Carnaval fut rapidement toléré pour les esclaves avec leurs tambours, leurs masques, leurs chants, interdits le reste de l'année. Les esclaves voyaient dans cette fête une occasion de se défouler mais aussi de tourner en dérision, par leurs accoutrements, les maîtres dominateurs.
Les festivités carnavalesques débutent véritablement au mois de janvier après l'Epiphanie. On assiste à de très nombreux défilés de groupes, (la fédération Guadeloupéenne du Carnaval compte une trentaine de groupe), où se greffent aussi les scolaires. Les défilés de masques constituent pour certains jeunes, un moyen de se faire de l'argent, ils dansent et chantent en faisant du porte à porte ou bien en arrêtant les automobilistes sur la route. Les masques sont omniprésents pendant la période du Carnaval. Le terme "masque" désigne ici à la fois l'élément matériel mais aussi la personne qui porte le masque. Ici encore, l'aspect "moquerie" au cœur du carnaval guadeloupéen reste réel. C'est ainsi qu'on peut voir des masques de certaines personnalités publiques comme Messieurs Mitterrand, Chirac, Giscard D'Estaing.
Différents groupes accompagnent la Reine
A Pointe à Pitre sont organisés de nombreux concours, notamment celui du Roi et de la Reine du carnaval. Concours du meilleur groupe, de la meilleure musique ainsi que du meilleur costume. La Reine trônera en tête des défilés tout au long des jours gras. Des groupes à pieds, costumés, venus de l’ensemble des communes, vont défiler et sont toujours accompagnés par des groupes à peaux traditionnels. Ce sont des petits tambours couverts de peaux de cabris dits «aisselles» qui se jouent avec des baguettes, puis le Siyak Tanbouras (tambour plat et rond), le fouet et d’autres instruments courants. Le tambour est l’instrument dominant du Carnaval, il tente de chasser l’âme des morts. Les groupes à cuivre font partie de l’orchestre qui utilisent des instruments confectionnés de façon artisanale comme les «chachas» (calebasse remplie de graines), les conques de lambis(Coquillage), le Tiyobanbou (tuyau de bambou), le triangle, les sifflets et des grands bidons de récupération en plastiques qui servent de tambours. On peut aussi entendre des groupes plus modernes qui utilisent des instruments comme des synthétiseurs, des basses, des micros. Des pick-up sont équipés d’enceintes énormes qui émettent des sons qui réveillent à eux seuls tout un quartier.
Le Carnaval se déroule dans plusieurs communes de l’île, Basse-Terre, Pointe à Pitre, Le Moule, St François, Morne à l’Eau, Ste Rose.
Plus de 6 mois pour mettre au point les costumes
Les groupes de Carnaval se préparent des mois à l’avance. Les costumes sont à l'étude, on recherche des coloris, des tissus, des paillettes, des strass. Il faut ensuite les fabriquer. On fait la même chose pour les masques et tous les accessoires.
Beaucoup de temps est consacré également à la recherche de ressources pour payer les costumes, les décors ainsi que les instruments de musique. Quand arrive enfin un ou plusieurs partenaires ou bien un sponsor c’est le soleil qui brille pour le groupe!
|
Clin d’œil à l’histoire de la Guadeloupe
Lors des défilés, des groupes font références à l’histoire, comme les «Mas à Congo». Les participants s’enduisent d’huile noire pour faire référence à l’Afrique. Les «Mas de terre» se couvrent de terre, référence aux premiers habitants de l’île. Les «Mas à sac» sont affublés de sacs de toile de jute, sac de morue ou farine qui constituait le seul habit des esclaves. Les «Mas à roucou» ont la peau enduite d'une huile aux teintes rouges issues de la graine du Roucou, ce qui fait référence aux Amérindiens. Enfin les «Mas a con’n» sont vêtus de feuilles de bananes séchées.
|
Joueur de Conque et de Chacha (Suziloo /La Grande Époque) | |
'Mas à Sac', les sac en toile de jute étaient la seul vêtement que pouvaient porter les esclaves (Suziloo /La Grande Époque) |
'Mas à Con'n' , des participants vêtus de peau de bananes séchées (Suziloo /La Grande Époque) |
Les jours gras sont intenses, le carnaval grimpe en intensité le lundi, le Mardi Gras et le mercredi des Cendres
Le lundi gras est consacré aux mariages burlesques. On démarre la matinée très tôt à 5h du matin par le «levé en pyjama». Puis arrivent des couples, suivis d'un long cortège, qui se présentent devant le prêtre et l'officier d'état civil. L'homme est déguisé en femme et la femme est costumée en homme. Ces mariages assez drôles déclenchent la joie du public et traduisent l'inversion sociale. Le mardi gras représente le point culminant du Carnaval tant au niveau musical, que pour les déguisements. Les réjouissances sont toutes ouvertes par la Reine du Carnaval. Pour le Mercredi des Cendres, la foule se travestit en noir et blanc, c’est le deuil, «Vaval va kité nou».
A Pointe à Pitre, à la darse, le roi va être brûlé et c’est dans la danse et dans les chants qu’il va être accompagné. Adieu Vaval à l’année prochaine !
<< Début < Précédente 1 2 Suivante > Fin >> |