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Manifestation étudiante pro-Pékin à Montréal Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Olivier Chartrand, La Grande Époque - Montréal   
01-04-2008
Manifestation pro-Pékin à Montréal, le 29 mars 2008.
Manifestation pro-Pékin à Montréal, le 29 mars 2008. (La Grande Époque)
Une activité prorégime chinois a eu lieu au quartier chinois de Montréal le samedi 29 mars. Dans le petit parc Sun Yat-sen, à l’angle des rues De La Gauchetière et Clark, une vingtaine de personnes qui affirmaient être des étudiants universitaires s’étaient rassemblées avec bannières et prospectus de 13 h à 16 h. Ils voulaient «dénoncer les mensonges des réseaux CNN, BBC et CTV» quant aux récents évènements à Lhassa, pour montrer à quel point le régime chinois «protège» les Tibétains contre la «servitude» du «menteur et tortionnaire» qu’est le Dalaï-lama.

Le message qu’a lancé un peu plus tôt cette semaine en conférence de presse l’ambassadeur chinois à Ottawa, Lu Shumin, a fait des petits. Le groupe d’étudiants des universités Concordia et McGill scandait des slogans en faveur des Jeux de Pékin et d’autres pour «démentir» la couverture médiatique à laquelle ont eu droit les évènements au Tibet.

Malgré le fait qu’ils se réclamaient vivement d’aucune appartenance politique et disaient ne pas être chapeautés par une organisation quelconque, un homme, dans la trentaine avancée, passait dans les différents petits groupes d’intervenants pour donner des indications sur la façon de réagir avec le public. «N’argumentez pas avec les passants», disait-il à un jeune Chinois distribuant des dépliants. Aucun des étudiants n’osait donner même leur prénom aux quelques passants qui s’arrêtaient intrigués. Pour ceux qui voulaient en savoir plus, on leur remettait une adresse courriel gmail.com, mais on refusait de donner le nom d’une personne à qui s’adresser en utilisant cette adresse.

L’ambassade et les étudiants

Les hauts fonctionnaires de l’ambassade chinoise à Ottawa ont écrit dans le Chinese Scholars Abroad, un périodique s’adressant aux étudiants chinois à l’étranger, que le département de l’Éducation de l’ambassade était responsable de surveiller les associations d’étudiants chinois dans 22 universités et collèges (ou cégep) à l’intérieur de six provinces canadiennes. Les autres associations seraient prises en charge par les consulats.

«Souvent, ce ne serait pas bien vu pour la mission chinoise de faire certaines choses. Alors, d’utiliser des organisations d’étudiants, qui ont les apparences de neutralité, c’est plus efficace», explique Chen Yonglin, ancien diplomate ayant démissionné du consulat chinois de Sydney en 2005. «De tels groupes sont en fait contrôlés par la mission chinoise et sont l’extension du régime communiste chinois à l’étranger», développe-t-il à propos des tactiques générales de la diplomatie de Pékin.

D’après Chen, les étudiants s’impliquent dans les associations étudiantes dans l’espoir d’avoir des lettres de recommandation écrites par les consulats ou l’ambassade pour bonne conduite à l’étranger. Par ce moyen, ils obtiennent également des bourses d’études, du financement pour des activités et des billets de faveur leur permettant d’assister à des évènements artistiques, ajoute l’ex-diplomate.

En septembre 2005, Mme Lingdi Zhang, alors étudiante en informatique à l’Université d’Ottawa, avait reçu des menaces de Chris Xu, vice-président de la Chinese Student and Scholar Association (CSSA), l’association d’étudiants chinois de l’université. Il s’opposait à ce qu’elle pratique le Falun Gong, méditation persécutée en Chine, en lui disant de «surveiller ses arrières». Le courriel terminait en affirmant que «l’association étudiante de l’Université d’Ottawa est sous la tutelle directe du département de l’Éducation de l’ambassade chinoise au Canada».

Revendications

Sur les dépliants distribués au Chinatown, on peut lire que Pékin «protège la langue et la culture tibétaine» et défend les Tibétains contre «l’esclavagisme» qu’imposait le Dalaï-lama avant de s’exiler. L’activité, déclarent les participants, avait pour objectif de faire contrepoids aux «mensonges et préjugés» des médias occidentaux.

Lorsqu’on demande à ces étudiants d’où proviennent les «mensonges» véhiculés par la CNN et la BBC et pour quelles raisons ces entreprises de presse auraient-elles intérêt à mentir, leur discours, si énergique au départ, s’éteint pour laisser place à un long silence.

Un jeune étudiant de Concordia affirme que les violences à Lhassa sont orchestrées par le Dalaï-lama. Une étudiante chinoise dans la jeune trentaine, à Montréal depuis trois ans, estime que le Dalaï-lama est «manipulé» par une obscure organisation. Quand on lui demande de quelle organisation il s’agit et quelles seraient les motivations de celle-ci, elle ne peut répondre.

Sur les feuilles d’information distribuées, on compare, entre autres, les moines Tibétains à des talibans.


 
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