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Écrit par Wes Lafortune, Collaboration spéciale
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03-04-2008 |
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Page 2 sur 2 La marche sur le feu La marche sur le feu fidjienne était plus selon mes goûts. Elle est présentée chaque semaine au Shangri-La Resort pour le divertissement de ses invités. Les Fidjiens (surtout des hommes) de l’île de Beqa, située au large de la côte sud de Viti Levu, ont la réputation d’être les seuls indigènes de Fidji qui ont l’habileté de marcher sur des pierres blanches brûlantes. Les pierres sont chauffées toute la journée à l’intérieur d’un monticule d’enveloppes de noix de coco en feu dont la température peut atteindre au-dessus de 540 ºC, une chaleur qui normalement laisserait la peau des pieds complètement brûlée.
On peut retracer ce mystérieux pouvoir de résistance à la chaleur dans une légende qui raconte l’histoire d’un guerrier Beqa, appelé Tui-na-viqalita, qui avait reçu ce pouvoir après avoir relâché une anguille qu’il avait pêchée. Selon la légende, l’anguille était un dieu-esprit et, jusqu’à ce jour, les descendants de Tui-na-viqalita ont tous ce pouvoir, celui de marcher sur des pierres brûlantes, ce qui ferait sautiller le moindre mortel.
Alors que j’observais le groupe d’hommes se préparer pour le rituel, je me suis rendu compte que cela n’avait rien d’une gambade ordinaire; en effet, toute leur attention était concentrée sur les pierres sous leurs pieds. Ils prennent environ de 6 à 10 secondes pour compléter cette impressionnante marche brûlante.
Fidji, autrefois nommée «Les îles du cannibalisme» à cause de la mauvaise habitude que certains chefs avaient de manger des visiteurs, attire aujourd’hui des touristes venant des quatre coins de la planète, en quête de soleil. Le tourisme est l’industrie numéro un du pays; cependant, elle a ralenti depuis quelques mois à cause de la perception d’une instabilité politique.
La politique «Ça nous nuit», me raconte un propriétaire hôtelier. La vérité est que Fidji a bel et bien vécu un coup d’État sans déversement de sang. Le 5 décembre 2006, les militaires, sous les ordres du Commodore Frank Bainimarama, ont pris le contrôle du pays. Les États-Unis et l’Australie ont émis une mise en garde concernant les voyages à Fidji. De tels avertissements ont été ouvertement critiqués par M. Bainimarama qui s’est engagé à tenir des élections libres en avril 2009, disant publiquement qu’il «accepterait le résultat des élections».
Plusieurs Fidjiens pensent plutôt que les mises en garde font plutôt référence à certains pays occidentaux qui sentent le besoin de faire de la pression sur leur petite nation (constituée de plus de 300 îles) afin qu’elle adopte une forme de gouvernement démocratique au plus tôt.
En voyageant à travers Fidji, ces dernières semaines, je n’ai vu aucune terreur dans les rues. Tout était comme auparavant : des plages magnifiques, des gens incroyablement sympathiques et un paysage marin qui séduit tout le monde, en passant par le célèbre océanographe Jacques Cousteau dont le fils gère aujourd’hui un hôtel sur l’île de Vanua Levu, à l’acteur Tom Hanks qui a joué dans Castaway, d’ailleurs filmé sur la petite île de Monuriki, en 2000.
Très contrôlée jusqu’à maintenant par les chefs qui dirigent les villages de Fidji, la politique est la dernière chose présente à l’esprit des nombreux touristes, dont des Américains et des Australiens que j’ai rencontrés lors de mon séjour.
L’harmonie culturelle «Nous sommes venus ici du Minnesota», raconte Rob, en lune de miel avec son épouse. Ils ont passé une semaine à Fidji à faire de la plongée sous-marine, de l’apnée et à apprendre à mieux se connaître dans leur bure (prononcé buray) ou hutte au toit de chaume.
Alors que je me promenais le long d’une plage un soir de pleine lune, j’ai réfléchi à cette terre aux mille «bula». Souvent associée à une philosophie de laisser-aller face à la vie, Fidji, pour moi, a pris une tout autre signification. J’ai maintenant une plus grande appréciation de la culture complexe de cette nation insulaire qui vit côte à côte en relative harmonie, malgré des cultures complètement différentes.
Avant ma visite, Fidji n’avait existée que dans mon imagination, maintenant, c’est un endroit fantastique sur la planète où je sais que je serai toujours accueilli avec un chaleureux «Bula!».
Wes Lafortune est le rédacteur de Worldtrekker.ca.
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