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Propagande, tromperie et les «émeutes» de Lhassa Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Stephen Gregory, La Grande Époque   
03-04-2008

La même photo prise durant les troubles à Lhassa, Tibet,
La même photo prise durant les troubles à Lhassa, Tibet, diffusée à deux reprises par le régime chinois. Notons que dans la version du haut, un homme brandit une épée dans le coin supérieur droit. Après qu’il a été révélé que cet homme était en fait un policier déguisé en manifestant, les propagandistes du gouvernement l’ont fait disparaître de la photo avant de la diffuser à nouveau.
Pourquoi le régime chinois a incité à la violence au Tibet

Avant les troubles qui sont survenus à Lhassa en mars 2008, il y a eu les troubles de Lhassa en mars 1989.

«À l’aube du 5 mars, la Police armée du Tibet a reçu l’ordre du commandant en chef du quartier général, Li Lianxiu […] L’Escouade spéciale doit immédiatement déterminer 300 membres qui seront déguisés en citoyens ordinaires et en moines tibétains, entrant sur la rue des Huit-Côtés et autres endroits où il y a des émeutes à Lhassa, pour aider les policiers en civil à compléter la tâche. Brûlez la pagode des Écritures saintes au nord-est du temple Dazhao. Détruisez le magasin de riz dans le quartier des affaires, incitez les citoyens à voler du riz et de la nourriture, attaquez la Compagnie commerciale Tibet-Gansu. Encouragez les gens à voler les magasins, mais seulement aux endroits permis.»

Ce passage est tiré de l’article Évènements à Lhassa du 2 au 10 mars 1989, du journaliste Tang Daxian, qui raconte comment le Parti communiste chinois (PCC) a orchestré les émeutes à Lhassa afin de réprimer violemment les Tibétains.

Chen Pokong – un Chinois de l’ethnie han majoritaire ayant fait partie du mouvement étudiant pour la démocratie, devenu prisonnier politique par la suite et maintenant un économiste et analyste respecté aux États-Unis – croit que les scènes d’émeutes au Tibet «sont très similaires à celles de mars 1989. Un groupe de jeunes hommes dans la vingtaine ont agi de manière bien organisée. Ils ont tout d’abord crié des slogans, ensuite ils ont brûlé des véhicules près du monastère Ramoche et se sont ensuite introduits dans des magasins à proximité, les ont dévalisés, puis les ont ensuite incendiés».

Les observateurs aguerris du régime chinois ne devraient pas être surpris de cela.

Après que l’Armée de libération du peuple a massacré des centaines, sinon des milliers d’étudiants et de civils sans armes dans et autour de la place Tiananmen en juin 1989, le régime a diffusé de la propagande affirmant que les soldats avaient été attaqués.

La campagne de propagande a convaincu un grand nombre de Chinois que le régime avait agi de manière responsable en tuant les étudiants.

En janvier 2001, il était rapporté que cinq pratiquants de Falun Gong s’étaient auto-immolés sur la place Tiananmen. Une analyse de la vidéo de propagande des immolations que le PCC avait diffusée sans arrêt à la télévision a révélé qu’il s’agissait d’un coup monté.

Mais les immolations ont néanmoins été un triomphe de propagande pour le PCC. L’attitude des Chinois ordinaires, qui jusque là n’étaient pas sympathiques à la persécution du Falun Gong, s’est renversée. Le nombre de morts par torture a explosé alors que le régime intensifiait sa campagne pour «éradiquer» la discipline spirituelle.

Ruan Ming connaît bien les manières du PCC, ayant été le rédacteur principal des discours de Hu Yaobang, secrétaire général du PCC de 1981 à 1987.

Dans une récente interview avec Radio Son de l’Espoir, M. Ruan a averti la communauté internationale qu’elle doit garder les yeux ouverts et comprendre la nature violente et trompeuse du PCC.

Il estime que les troubles violents à Lhassa à la mi-mars 2008 ont été minutieusement planifiés pour discréditer le Dalaï-lama et pour justifier une plus grande répression.

Pourquoi le PCC doit-il réprimer encore davantage les Tibétains? Les Tibétains ont été conquis et colonisés, ils ont vu leur culture attaquée sans relâche, leur langue supprimée, leurs corps torturés, tout en ayant souffert de la mort d’environ dix millions des leurs durant une occupation brutale du PCC pendant cinq décennies.

L’existence des minorités, comme les Tibétains et les musulmans ouighours, pose problème au règne du PCC sur la Chine, et le régime a un plan pour «régler» cette question.

Selon un article du Times Online, Li Dezhu est l’un de trois fonctionnaires du parti qui a établi les plans pour dissoudre la culture particulière tibétaine, éliminant ainsi le «problème» d’un groupe ethnique tibétain distinct.

Selon le Times, la contribution de Li Dezhu a été de rédiger «le manuel sur la destruction des cultures indépendantes et la désintégration des minorités religieuses par la promotion du matérialisme».

«Promouvoir le matérialisme» implique, entre autres, forcer les moines tibétains à ne pas reconnaître le Dalaï-lama et à leur demander de prêter des serments d’allégeance patriotique, tandis que les monastères tibétains sont fermés ou transformés en attractions touristiques. En d’autres mots, il s’agit de déraciner complètement la religion tibétaine.


 
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