Accueil Opinion Propagande, tromperie et les «émeutes» de Lhassa |
|
|
Propagande, tromperie et les «émeutes» de Lhassa |
|
|
|
|
Écrit par Stephen Gregory, La Grande Époque
|
|
03-04-2008 |
|
Page 2 sur 2 Cette stratégie est complétée par l’arrivée massive des Chinois han dans la région tibétaine, de manière à ce que les Tibétains deviennent une minorité dans leur propre pays.
L’obstacle évident à ce plan est le rôle central que joue le bouddhisme dans la vie des Tibétains, incarné par les moines et spécialement par le Dalaï-lama.
Selon Ruan Ming, les «émeutes» à Lhassa ont permis au régime d’étiqueter les Tibétains comme des terroristes, de manière à saper l’autorité morale du Dalaï-lama.
En même temps, les «émeutes» ont fourni un prétexte pour quelconque sale besogne que le régime veut entreprendre dans l’ombre, pour intimider tellement la population tibétaine, qu’elle abandonnera son attachement ferme au bouddhisme tibétain, au profit du «matérialisme».
Donc, il n’est pas surprenant qu’après l’expulsion des médias occidentaux du Tibet et l’arrivée massive de soldats, le Dalaï-lama a été cité par le Guardian disant que «beaucoup de décès pourraient survenir» sans la présence d’observateurs étrangers. En d’autres mots, le Dalaï-lama craint que le régime chinois profite du besoin de réprimer des «émeutes» à Lhassa, pour entreprendre une réelle répression sanglante.
La propagande destinée à la population chinoise qui n’a pas libre accès à l’information indépendante est que les Tibétains – et le Dalaï-lama en particulier – sont des «séparatistes» qui menacent la Chine.
Le chef du PCC au Tibet, Zhang Qingli, a fait éclater de rire les Occidentaux lorsqu’il a déclaré : «Le Dalaï-lama est un loup dans une robe de moine, un démon avec un visage humain, mais le coeur d’une bête.»
«Nous sommes engagés dans une féroce bataille de sang et de feu contre la clique du Dalaï, une bataille à mort entre nous et l’ennemi.»
Mais en Chine, les mots de Zhang ne sont pas perçus comme ridicules. Les forums sur Internet sont remplis de commentaires haineux à l’endroit des Tibétains et du Dalaï-lama, dans certains cas appelant au meurtre des «séparatistes».
Cet appel au sang rappelle comment le régime chinois avait efficacement tourné la population contre ses propres étudiants qui, en 1989, avaient simplement revendiqué la démocratie.
Cela rappelle aussi comment le régime chinois a réussi à faire accepter l’inacceptable à la population chinoise : la persécution du Falun Gong.
Les observateurs étrangers ont supposé que le PCC ne mettrait jamais en péril ses relations publiques quelques mois avant les Olympiques en réprimant les Tibétains. Les dirigeants du PCC voient les choses différemment. Ils voient la campagne du Dalaï-lama pour l’autonomie comme une provocation à ne pas tolérer et une opportunité de régler la question tibétaine. Il est difficile de comprendre la mentalité des gangsters.
Shawn Lin et Hao Feng ont contribué à cet article.
<< Début < Précédente 1 2 Suivante > Fin >> |
|
|
|
|
|