Accueil
Nos derniers articles
Salle de redaction
Jeux gratuits
Flash special
Histoires à suivre
Jeux Olympiques de Pékin 2008
Violences et propagande Made in China
9 Commentaires sur le Parti communiste
Camps et trafic d'organes en Chine
Shen Yun Celebration du Nouvel An chinois
Gao Zhisheng
Instant terrestre
Culture chinoise traditionnelle
VIDEOS - 9 commentaires sur le Parti communiste
Archives
Divine Performing Arts
Voyage



New Tang Dynasty Television

Radio Son de l'espoir

Powered by  MyPagerank.Net

RSS Newsfeed

Monitor website

Accueil arrow Opinion arrow Les disparités du système québécois de financement des universités
Les disparités du système québécois de financement des universités Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Marc Chevrier, Professeur, département de science politique, UQAM   
09-04-2008

Les belles disparités du parti pris régionaliste
Outre les disparités linguistiques, la formule de financement des universités crée des distorsions régionales qui avantagent les multiples constituantes de l’Université du Québec, à l’exception notamment de l’UQAM. Cette formule accorde à certaines universités, en sus de leurs subventions générales «normées», un financement ad hoc, qui représentait environ 87 millions $ en 2006-2007 et profitait à 81,45 % à l’Université du Québec.

Or, toutes les constituantes régionales de l’UQ ont droit à leur part du gâteau, sauf l’UQAM et l’École de technologie supérieure. Ainsi, alors qu’un étudiant de l’UQAM vaut 7517,33 $, un étudiant de l’Université du Québec à Chicoutimi en vaut 9915,80 $ et un étudiant de la constituante d’Abitibi 10481,13 $. On dénombre environ 27,8 étudiants (EETP) par professeur à l’UQAM, pour un rapport de 14,3 à l’UQAT et 19,4 à l’UQAC. Aux yeux de l’État québécois, un étudiant de l’UQAM vaut donc beaucoup moins cher qu’un étudiant inscrit dans une autre constituante de l’UQ. Pourtant, l’UQAM représente près de 50 % des effectifs étudiants du réseau de l’UQ. Et c'est l'UQAM qui majore le taux de diplômation du réseau; en 2005, l'UQAM a diplômé 50 % des bacheliers du réseau, 55,6 % des maîtres et 58,1 % des docteurs.

La belle asymétrie entre université major et université minor
La politique québécoise de financement universitaire s’inspire visiblement d’une conception libérale du rôle de l’État, qui devient une espèce de CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) de l’éducation qui fixe les règles de l’optimisation des ressources, en prenant pour acquis que les universités jouent à armes égales, exception faite des constituantes régionales de l’UQ.

En fait, l’État Air Transat a comme politique implicite de maintenir à Montréal deux grandes universités, c’est-à-dire deux institutions de haut savoir qui ont vocation à couvrir l’ensemble des disciplines de l’esprit et des professions. Quant à l’UQAM et Concordia, aux côtés des deux universités majores du Mont-Royal, elles font figure d’universités minores, voire de grappes facultaires ou d’universités sectorielles. Cependant, cette symétrie apparente risque de se briser bientôt, avec l’essor notable de Concordia et la déconfiture de l’UQAM. Disons, pour filer la métaphore aéronautique, que l’État Air Transat se voit comme l’arbitre distant d’un jeu de course aérienne. L’université qui transporte le plus de «passagers» étudiants remporte le gros lot. Dans cette joute, certaines universités disposent de 747 flambant neufs, d’autres, de vieux bimoteurs à hélices…

L’UQAM est la pauvresse d’entre les universités minores du Québec, comme l’indiquent les données éloquentes du rapport PricewaterhouseCoopers sur sa situation financière. Elle occupe des créneaux qui rapportent peu au regard de la formule de financement - les disciplines de «papier», droit, littérature, gestion, sciences sociales - et peine à se doter d’une faculté des sciences. Elle a 21 % plus d’étudiants que la moyenne des universités montréalaises, plus d’étudiants à temps partiel qui occasionnent des surcoûts, moins d’étudiants des cycles supérieurs. Elle a un corps professoral restreint au salaire peu compétitif, beaucoup de chargés de cours, un ratio élevé d’étudiants par professeur. Elle est dépendante des ressources de l’État, sans ressources propres, ses frais afférents sont parmi les plus bas. Elle est mal pourvue en locaux; ses bibliothèques sont dégarnies.

La question qui se pose est de savoir si la formule «Air Transat» est la meilleure méthode de répartition des fonds publics entre les universités. Il est clair que cette formule propulse les universités anglophones et conforte les universités en régions et les universités majores. Mais est-ce ainsi que les Franco-québécois hausseront leur scolarisation universitaire? On peut en douter. Leur taux de scolarisation universitaire traîne toujours de la patte devant celui des Anglo-québécois, si l’on se fie au recensement de 2001.

Selon une étude de l’OLFQ, entre 1986 et 2003, la part des étudiants de langue maternelle française dans le réseau universitaire québécois est tombée de 78,9 % à 72,2 %, cette part demeurant stable pour les étudiants de langue maternelle anglaise et ayant plus que doublé pour les étudiants de langue maternelle tierce. Par ailleurs, le marché aux étudiants «Air Transat» encourage la dispersion des efforts déployés par les universités pour regarnir leur clientèle. Ont proliféré les antennes universitaires extraterritoriales, dont les exemples les plus patents sont la construction d’un campus de l’université de Sherbrooke à Longueuil ou l’ouverture de campus de l’Université du Québec en Outaouais et de l’Université du Québec à Rimouski respectivement à Saint-Jérôme et à Lévis.

Mort lente programmée ou renaissance?
Pour combler le retard universitaire des francophones, l’État du Québec a pris le parti de multiplier de petites universités régionales chapeautées par l’Université du Québec, sans véritablement fonder une deuxième grande université francophone à Montréal. À vrai dire, la question qu’il faut se poser, c’est si une nation qui prétend accueillir un grand nombre de nouveaux arrivants et les intégrer à la langue et à la culture de la majorité peut se contenter d’une université et demie dans sa métropole où vivent et étudient le gros de ces nouveaux Québécois.

Montréal est le «réacteur» de l’intégration, qui fonctionne cependant à petit régime, qui ira s’amenuisant si l’UQAM, déjà abattue par sa crise financière, en sortira rapetissée, avec moins d’étudiants, moins de programmes, moins de talents pressés d’y travailler. Comme le rappelle le rapport annuel 2003-2004 de l’université, l’UQAM a été créée en 1969 dans le but de combler le retard historique des francophones du Québec dans l’accès aux études supérieures. L’échec ou la renaissance de l’UQAM seront celui ou celle du Québec tout entier. Si le Québec opte pour la renaissance, qu’il sorte l’UQAM du réseau de l’UQ et lui donne un vrai nom d’université, autre que l’affreux acronyme bureaucratique qui la diminue. Pourquoi pas un nom de bâtisseur, Daniel Johnson?




Digg!Reddit!Del.icio.us!Google!Live!Facebook!Slashdot!Netscape!Technorati!StumbleUpon!Spurl!Wists!Simpy!Newsvine!Blinklist!Furl!Fark!Blogmarks!Yahoo!Smarking!Netvouz!Shadows!RawSugar!Ma.gnolia!PlugIM!Squidoo!BlogMemes!FeedMeLinks!BlinkBits!Tailrank!linkaGoGo!





 
< Précédent   Suivant >
Nos derniers articles

Recevez $20 en clicks CADEAUX pour votre publicité !

Recevez $20 en clicks CADEAUX pour votre publicité !

Recevez $20 en clicks CADEAUX pour votre publicité !

Cached by PHP-Hypercacher