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Les ravages causés par les cigarillos aromatisés : l’urgence d’agir |
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Écrit par Louis Gauvin, Coalition québécoise pour le contrôle du tabac
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22-04-2008 |
Cigarillos aromatisés (droite) à côté de crayons et de maquillage pour fillettes. (Photo de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac) Le 5 mars dernier, le gouvernement du Québec déposait un projet de règlement – qui fait actuellement l’objet d’une consultation publique – concernant la promotion du tabac. Les groupes de lutte contre le tabac ont appuyé énergiquement l’ensemble des mesures qui vise à encadrer davantage la promotion du tabac. Cependant, nous jugeons le règlement proposé concernant les cigarillos encore trop timide.
Ces petites cigarettes brunes qui goûtent la vanille, le chocolat ou la fraise sont vendues dans des emballages colorés qui ressemblent à des friandises ou à du brillant à lèvre. Et malgré qu’«ils possèdent toutes les caractéristiques des cigarettes, sauf [que leur] couleur est foncée», selon les dires même des distributeurs de cigares, ils échappent aux règles régissant les cigarettes et peuvent actuellement être vendus à l’unité ou en minipaquets au lieu d’un minimum de vingt. Et ce, à des prix ridiculement accessibles pour les jeunes.
Le gouvernement, qui propose d’obliger la vente des cigarillos en paquets de dix unités minimum, exempterait tout emballage à 5 $ ou plus. Cette demi-mesure est nettement insuffisante parce qu’elle permettra encore la vente de minipaquets de trois, quatre ou cinq cigarillos. Et, pour un ado, il est beaucoup moins «grave» de s’acheter deux ou trois cigarillos que d’acheter un paquet de cigarettes. Voilà un des effets particulièrement sournois des cigarillos : les jeunes les perçoivent comme un produit à usage «occasionnel», comparativement aux cigarettes. Ce qui fait qu’ils se croient moins en danger de devenir fumeurs.
Actuellement, plus de jeunes fument le cigarillo (22 %) que la cigarette (15 %). En d’autres termes : à cause des cigarillos, les jeunes fument plus aujourd’hui qu’ils ne le faisaient en 2002. Et ce, contrairement à tous les autres groupes d’âge qui, eux, fument de moins en moins. L’engouement pour les cigarillos est tel que leur consommation a augmenté de plus de 300 % entre 2000 et 2005 au Québec. De quoi sonner l’alarme.
En somme, le cigarillo est pour les jeunes une porte d’entrée extrêmement efficace vers le tabagisme et tous les coûts et la souffrance qui en découlent. C’est pourquoi, du point de vue de la santé publique, tout ce qui ressemble aux cigarettes devrait être traité comme des cigarettes. Voilà pourquoi nous réclamons du ministre un minimum de dix unités par emballage, préférablement vingt, sans exception selon le prix.
Les véritables bombes à retardement que sont les cigarillos sont en train de mettre en péril des années de campagnes de sensibilisation et de gains en termes de santé publique. Malgré leur allure mignonne, ces produits contiennent autant de nicotine et jusqu’à deux fois plus de goudron que les cigarettes et causent la dépendance aussi facilement que l’expérimentation avec les cigarettes. Ils sont véritablement en train de faire des ravages en rendant des milliers d’adolescents accros au tabac, alors qu’eux croient simplement «expérimenter» un produit sans conséquences.
Nous sommes à un moment charnière dans l’évolution des habitudes tabagiques au Québec. Les décisions que nous prenons et les gestes que nous posons aujourd’hui auront des impacts importants sur les prochaines décennies au niveau de la santé, mais également au niveau des coûts sociaux imposés par la consommation de tabac.
C’est pour toutes ces raisons que nous espérons que le ministre de la Santé renforcera son règlement sur la quantité minimum de cigarillos par emballage, et que cela ne représentera que le début de son offensive contre ces bâtonnets de cancer au goût de fruits qui rendent nos enfants accros à un produit mortel, peut-être pour la vie.
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