|
Jusqu’à 41 500 personnes en santé qui pratiquent le Falun Gong sont devenues des victimes de la transplantation d’organes et ont été tuées entre 2002 et 2005, selon un rapport présenté devant le Congrès américain le 29 septembre dernier. David Matas, avocat international pour la défense des droits de l’homme, (gauche) et David Kilgour, ancien secrétaire d’État du gouvernement du Canada pour la région Asie-Pacifique, (droite) ont pressé le Congrès américain, le 29 septembre 2006, d’agir «délibérément avec rapidité» pour empêcher qu’il y ait davantage de prélèvements d’organes de pratiquants de Falun Gong. Photo : Lisa Fan/La Grande Époque | Un membre du Congrès, Dana Rohrabacher (Californie), a présidé la première audience du Congrès au sujet des allégations et de ce rapport en particulier. Selon lui, il est important à présent que cela «attire l’attention des Américains». «C’est important de diffuser cela officiellement», estime M. Rohrabacher qui est également président du Subcommittee of Oversight and Investigations (Sous-comité de surveillance et d’investigation), lequel est supervisé par le Committee of International Relations (Comité sur les relations internationales). En se référant au Rapport concernant les allégations de prélèvement d’organes des pratiquants de Falun Gong en Chine de David Kilgour et David Matas, il a fait valoir que le document a déjà suscité beaucoup d’attention médiatique dans le monde. Il a toutefois exprimé sa déception face à l’absence du représentant du Département d’État américain. M. Rohrabacher a expliqué que les violations des droits de l’homme ont un court sursis de la part des gens d’affaires américains à cause du commerce lucratif avec la Chine. Mais ils ne voient pas, affirme-t-il, que leurs énormes profits sont faits à partir «d’un système pervers d’injustice qui opprime le peuple de la Chine». L’essentiel des preuves pour les présumés crimes a été discuté par quatre témoins, incluant David Kilgour et David Matas, auteurs du rapport. Le rapport a décrit les politiques dures, qui peuvent même être qualifiées de génocide, envers le Falun Gong. Le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Novak, a découvert que près des deux tiers (66 %) des victimes de torture et de mauvais traitements dans les prisons chinoises étaient des gens pratiquant le Falun Gong, a déclaré Kirk C. Allison, Ph. D. Dr Allison est directeur du programme des droits de l’homme et de la santé à l’École de santé publique de l’École médicale de l’Université du Minnesota. Le Dr Allison a précisé qu’il parlait pour lui-même et non pour son institution affiliée. «Le programme systématique d’éradication idéologique du Falun Gong a coïncidé avec une augmentation inexplicable des transplantations d’organes et du tourisme international axé sur la greffe d’organes en Chine», explique le Dr Allison. Entre 2000 et 2005, la source des organes en Chine était difficile à prouver. Ailleurs, dans un article spécial de La Grande Époque version américaine, le Dr Allison s’est penché sur la source de l’augmentation des greffes d’organes en Chine. Les donneurs provenant de la famille ou les donneurs qui ne proviennent pas de la famille, mais qui sont cliniquement morts comptent pour moins de 1 % des dons en Chine. Un programme national de don volontaire est non exploité. Les greffes de reins ont presque triplé durant la même période. Les greffes du foie ont augmenté à l’échelle nationale d’environ 135 en 1998 à plus de 4000 en 2005. Dans plusieurs publicités, le prix demandé allait de 24 000 $ US (200 000 yuans) pour les Chinois à plus de 98 000 $ US pour les étrangers», a fait remarquer le Dr Allison. Il semblerait qu’il reste seulement les prisonniers exécutés et les détenus du Falun Gong pour ce commerce très rentable. La Chine reconnaît uniquement les prisonniers exécutés – condamnés à mort – comme source «mineure» d’organes. Mais cela doit être assez considérable pour nécessiter le soutien actif et la coordination de l’État, souligne le Dr Allison. Le Centre international de transplantation de Chine déclare fièrement et ouvertement sur son site Internet, selon le Dr Allison qui l’a cité, que les nombreuses transplantations sont faites «grâce au soutien du gouvernement chinois». Les noms de cours, postes de police, départements judiciaires et de santé et autres sont listés pour démontrer aux clients potentiels le rôle «unique» du régime à fournir ce «service». Le Dr Allison a cité un reportage de BBC, diffusé le 27 septembre 2006, qui a dit que la vente d’organes de prisonniers exécutés semble «être florissante» selon une investigation secrète. Dans un hôpital à Tianjin, le correspondant de BBC s’est fait passer pour quelqu’un ayant besoin d’un foie pour son père malade. On lui a dit qu’il pouvait en obtenir un en trois semaines. Le porte-parole de l’hôpital a indiqué que les organes des prisonniers exécutés étaient donnés volontairement, mais le correspondant de BBC a écrit : «[…] à savoir si les prisonniers sont vraiment libres de décider eux-mêmes du don d’organe juste avant d’être exécutés, ce n’est pas clair du tout.» Le rapport Kilgour-Matas indique qu’entre 2001 et 2005, il y avait plus de 41 000 transplantations enregistrées sans sources identifiables en Chine. Le résumé du rapport par M. Rohrabacher indique : «C’est impossible d’attribuer toutes les transplantations d’organes en Chine aux prisonniers exécutés, aux membres de famille et aux donneurs volontaires. L’augmentation des transplantations d’organes en Chine va de pair avec la montée de la persécution à l’encontre du Falun Gong.» David Kilgour, ancien secrétaire canadien d’État pour la région Asie-Pacifique et coauteur du rapport, a parlé de la «récolte la plus sanglante de la Chine» pour laquelle il y a de plus en plus de preuves que les victimes sont en majorité des «prisonniers de conscience» pratiquant le Falun Gong. «La plupart des victimes n’étaient accusées de rien; elles étaient assassinées par les professionnels du domaine de la santé pour leurs organes vitaux», soutient M. Kilgour. M. Kilgour affirme que de source sûre, près de 85 % des organes greffés dans les hôpitaux de Tianjin sont destinés à des gens vivant à l’extérieur de la Chine. «Plusieurs de ces patients espèrent probablement obtenir l’organe d’une personne reconnue coupable de meurtre ou un violeur… mais ils devraient savoir que la Chine compte 68 chefs d’accusations pour lesquels on peut être exécuté, incluant la fraude fiscale. En réalité, il est probable que l’organe provient d’un jeune prisonnier adepte du Falun Gong, dont le crime a été de croire en “vérité, compassion et tolérance”.» David Matas, avocat spécialisé en droits de l’homme à l’échelle internationale et coauteur du rapport, a fait savoir dans son témoignage que la réponse de la Chine ne fait que renforcer leur certitude selon laquelle le régime communiste est coupable. «Malgré toutes leurs ressources et connaissances à la source, ils n’ont pas fourni d’information pour réfuter le rapport. Ils nous ont plutôt attaqués personnellement, et ce qui est plus inquiétant, ils ont attaqué le Falun Gong avec la même violence verbale que nous avons identifiée comme l’une des raisons pour laquelle nous croyons que ces atrocités se produisent.»
|