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Écrit par Mathieu Doucet, Montréal
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29-04-2008 |
Yvan Delorme, le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a déclaré en conférence de presse que les troubles au centre-ville, après la victoire du Canadien, étaient le fait de «petits groupes organisés».
Selon moi, c’est un mensonge. La police s’est fait déborder et le moyen qu’elle a trouvé pour justifier ça, c’est de dire qu’elle faisait face à des individus «organisés».
En regardant les reportages de la télévision puis les vidéos amateurs, on remarque plusieurs éléments qui ne peuvent concorder avec l’affirmation de M. Delorme.
Tout d’abord, les casseurs ne portaient pas d’élément vestimentaire qui les distinguait du reste de la foule. Ce n’était pas des punks, pas des anarchistes, pas des bums. Plusieurs portaient toutefois des vêtements de style hip-hop, ce qui ne veut absolument rien dire.
Il ne s’agissait probablement pas de «criminels». Juste une bande de jeunes agités. Ce qu’on ne mentionne nulle part, c’est si la casse a eu lieu avant ou après que la police a matraqué des gens. Mais peu importe. Parfois, la jeunesse n’a pas besoin de prétexte immédiat pour détester les forces de l’ordre, la haine s’est bâtie au fil du temps.
Mais ce qui rend le plus improbable que les gestes de vandalisme aient été le fait de «groupes organisés» est la manière plutôt stupide avec laquelle ils ont été réalisés : devant les caméras de médias et celles des nombreux cellulaires, ils ont cassé des voitures de police sans se couvrir le visage. Alors voilà de vrais amateurs, très probablement ivres.
Pour avoir traîné assez longtemps avec des groupes radicaux, je peux vous confirmer que si un petit groupe est organisé, il n’ira pas faire des conneries sans se dissimuler le plus possible. Maintenant, je peux juste souhaiter bonne chance au SPVM si le Canadien remporte une autre série. Il aura beau augmenter son dispositif et être plus prévoyant, les arrestations et les bastonnades seront fraîches dans la mémoire. Gaz lacrymogène? C’est repousser le problème un peu plus loin.
Une bonne solution, qui semble déjà avoir été mise en branle, est l’intervention publique des joueurs, qui remercie le soutien des partisans tout en leur demandant de fêter dans le respect.
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