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Écrit par Jean Lacasse, Montréal
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30-04-2008 |
Montréal est reconnue comme l'une des villes les plus sûres d'Amérique du Nord. Le taux de criminalité lui correspondant figure parmi les plus bas si l'on considère l'ensemble des grandes villes des États-Unis et du Canada. Ces données statistiques prises en compte, comment se fait-il qu'elle soit secouée, à intervalles plus ou moins rapprochés, par la chienlit? D'autre part, pourquoi faut-il que le sport professionnel – en l'espèce, le hockey – donne lieu à ces simulacres de «guérilla urbaine»?
Afin d'apporter des éléments de réponse à cette double interrogation, il importe de ne pas céder à une diabolisation de tous ceux qui ont pris part aux «débordements» du 21 avril. Et cela est d'autant plus impératif que, l'alcool coulant à flots depuis le début de la soirée, plusieurs jeunes partisans purent alors donner libre cours à toutes leurs frustrations, une fois levées leurs inhibitions.
En fait, tout semble s'être passé comme si ce happening (sic), confinant au défoulement collectif, révélait l'existence d'une grande misère morale et l'absence de garde-fous permettant d'éviter la chute dans l'abjection. À cet égard, la «séance d'autocongratulation» des directeurs du service de police et du représentant de la ville de Montréal nous a montré jusqu'à quel point la «fuite» devant les responsabilités de chacun et le recours à la «pensée magique» constituent deux leviers essentiels de l'administration actuelle!
Sans doute, notre cher maire se fendra, dans les heures et les jours à venir, de «déclarations ubuesques» relevant les aspects positifs d'une telle pagaille que lui seul est à même de dégager à notre plus grand profit! De même qu'il y eut naguère un «maire-jardinier» dont les «Visions» (sic) semblaient tout droit sorties d'un imaginaire surchauffé, de même avons-nous depuis élu un «maire-prêcheur» qui n'en rate pas une dès qu'un évènement, pour déplorable et inexcusable qu'il soit, lui permet de distiller sa «sagesse éthérée»!
Dans de pareilles conditions d'anomie, la «racaille nihiliste» a beau jeu de saper l'ordre social indispensable à l'exercice d'une démocratie pleine et entière, car elle peut compter sur le soutien objectif de jeunes issus des milieux les plus divers, prenant prétexte de ces méfaits concertés pour se livrer à des frasques dégradantes qui tiennent lieu, pour plusieurs, de «rites de passage».
C'est alors que tout se confond : le hockey, jusque-là «abcès de fixation», se transmue en symbole d'une «culture de la violence» laquelle, nolens volens, est devenue sous-jacente à la société postmoderne. Les derniers verrous sont-ils en train de sauter? Je le crains d'autant plus qu'ont volé en éclats, au cours des dernières décennies, le respect et, son corollaire, le civisme. Tous mes espoirs, qui s'amenuisent de proche en proche, résident donc dans la survenue d'un «sursaut de conscience»! Notre premier magistrat serait-il en train de déteindre sur moi?
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