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CIA: Un scoop vieux de huit mois Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Aurélien Girard, La Grande Époque-Paris   
29-04-2008

Le Jerusalem Post ne manque pas de rappeler que, dès 1993, Yitzhak Rabin avait fait cette même proposition à la Syrie, suivi par Benjamin Netanyahu et Ehud Barak, ses successeurs, et s’inquiète de la réalité des intentions d’Al-Assad. En particulier, la visibilité donnée aux négociations en cours par le dirigeant syrien cache, d’après le journal, d’autres intentions : «La Syrie veut les trompettes du processus de paix plus que la paix elle-même et espère que le processus aidera en soi à la faire rentrer dans les bonnes grâces de l’Occident. Elle veut gagner du crédit grâce au processus, même si rien n’en sort. Israël, de son côté, ne s’intéresse pas à aider la Syrie à obtenir la faveur de l’Amérique, ou de l’Occident.»

L’avancée de négociations israélo-syriennes, non démentie par le gouvernement d’Ehud Olmert, est malgré tout un changement de poids régionalement : jusqu’à l’année dernière, Olmert suivait de façon stricte la stratégie américaine d’isolement de la Syrie et conditionnait les négociations à, entre autres, une fin du soutien de Damas aux groupes terroristes Hezbollah et Hamas. Cette tentative d’assouplissement des relations pourrait donc traduire le fait que les élections présidentielles américaines de novembre approchant, le gouvernement israélien considère déjà avoir la latitude éventuellement de déplaire à une administration Bush finissante.

Les derniers jours des faucons
Cette dernière administration cherche-t-elle donc à pousser les dossiers syrien et nord-coréen dans l’impasse en prévision de l’arrivée potentielle d’une administration démocrate aux États-Unis en janvier prochain? Les preuves présentées, si elles sont plus solides que celles avec lesquelles le général Colin Powell avait tenté de légitimer l’intervention américaine en Irak, semblent devoir servir de justification à quelque chose… une rupture des négociations?

Les faucons de l’administration Bush laisseraient ainsi leur empreinte stratégique – celle qu’ils croient la plus propre au maintien d’une stabilité mondiale et à une dominance américaine – en ayant crispé tous les négociateurs au point qu’aucune solution de compromis ne puisse se dégager, ni en Corée du Nord ni en Syrie.

Chaque camp a ses hardliners, les partisans de positions dures. Pour George W. Bush, ils s’appellent Dick Cheney, John Bolton, Donald Rumsfeld. Ceux-ci sont toujours capables de coups de force, ce qui pourrait avoir été le cas avec le «scoop» de la centrale syrienne. Le 22 avril, par exemple, le journal sud-coréen Chosun Ilbo obtenait de ses sources dans le gouvernement sud-coréen des informations selon lesquelles les négociateurs américains et sud-coréens à Pyongyang voulaient permettre à la Corée du Nord de ne reconnaître «qu’indirectement» leur participation à la conception de la centrale syrienne, position à l’opposé du barouf créé par la CIA la semaine dernière.

Quel futur maintenant pour les négociations à six et l’attitude envers la Syrie et la Corée du Nord? Si ces deux pays considèrent les déclarations de la CIA comme la manipulation d’une vieille garde américaine de toute façon sur le départ, la diffusion des vidéos de la centrale syriano-coréenne pourrait ne pas être trop délétère, voire servir de levier aux négociations.

Côté syrien, resterait alors à voir quelle distance Damas peut et veut concrètement prendre vis-à-vis de Téhéran, un allié stratégique indispensable à la Syrie, en échange d’un retour dans les bonnes grâces de l’Ouest. Côté coréen, resterait à voir comment Pyongyang peut accepter le style musclé du nouveau président sud-coréen, Lee Myung-Bak. L’aide alimentaire annuellement envoyée par le Sud vers le Nord est aujourd’hui bloquée par l’administration Lee du fait de l’absence de progrès de dénucléarisation, et Pyongyang a rejeté l’idée d’un «bureau de liaison» entre Nord et Sud proposée par Séoul.

Le Programme alimentaire mondial, alors que toute l’Asie est frappée d’une crise de production de riz, craint qu’une nouvelle famine dramatique commence dans une Corée du Nord isolée du reste du monde. Le régime communiste nord-coréen, qui a toujours mieux su faire pousser les missiles que les céréales, a cependant tenu à rassurer son voisin communiste chinois : Pyongyang fera un «accueil triomphal» à la flamme olympique.





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