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McCain prend ses distances avec Bush Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Steve Holland, Reuters   
06-05-2008
Le président américain George W. Bush accompagné de John McCain, candidat républicain.
Le président américain, George W. Bush, en compagnie du candidat républicain pour le remplacer, John McCain. Ce dernier doit prendre ses distances de Bush, très impopulaire, pour voir son parti reporter un troisième mandat consécutif. (Paul J. Richards/AFP/Getty Images)
WASHINGTON – Lentement mais sûrement, le candidat du Parti républicain à l'élection présidentielle américaine, John McCain, prend ses distances avec l'impopulaire président George Bush.

Cette semaine, il a pris pour cible la banderole Mission accomplie sous laquelle Bush avait annoncé le 1er mai 2003, sur le ponton d'envol du porte-avions USS Abraham Lincoln, la fin des principales opérations de combat en Irak.

«À l'époque, j'avais pensé que ce n'était pas bien», a déclaré McCain le 1er mai dernier à Cleveland, avant de critiquer les différentes déclarations du vice-président Dick Cheney au fil des années sur l'insurrection irakienne vivant «ses dernières heures».

Dernièrement, McCain en avait surpris certains à la Maison-Blanche en qualifiant de «honteuse» la gestion par le président Bush des ravages provoqués par le passage de l'ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans en 2005.

«Plus jamais ça», a promis McCain.

Cette stratégie est un passage obligé pour le sénateur de l'Arizona qui doit relever le défi difficile de remporter un troisième mandat pour son parti à la Maison-Blanche, ce qui n'est arrivé qu'une fois au cours des cinquante dernières années.

Selon les analystes politiques, McCain doit mettre de la distance entre lui et Bush qui recueille seulement 27 % d'opinions favorables dans un sondage pour le Wall Street Journal et NBC News. Cette enquête d'opinion révèle également que 43 % des Américains ont de «fortes inquiétudes» sur la proximité entre les idées de Bush et de McCain.

«Lorsque vous succédez à un président dont le taux d'opinions favorables est inférieur au pourcentage de voix dont vous avez besoin pour être élu président, un calcul simple montre que John McCain a besoin des voix d'un grand nombre de personnes qui désapprouvent actuellement la présidence de George W. Bush», analyse le sondeur républicain Whit Ayres.

Des proximités, notamment sur l’Irak
Ou pour le dire autrement : «John McCain compte les plus et les moins, comme le font tous les candidats, et il ne voit pas de plus dans un rapprochement avec le président de son parti», résume le spécialiste des élections présidentielles Stephen Hess.

Outre la gestion de Katrina et la façon dont la guerre en Irak a été menée au départ, McCain a également marqué sa différence avec Bush sur la question du réchauffement climatique, apportant son soutien aux mesures auxquelles l'actuel locataire de la Maison-Blanche est opposé.

McCain est par ailleurs farouchement opposé aux techniques d'interrogatoire des suspects de terrorisme qui s'apparentent à de la torture et il dénonce constamment les dépenses «hors de contrôle» du gouvernement.

Mais McCain est sur la même position que le président Bush sur plusieurs sujets importants. Il souhaite notamment étendre et élargir les baisses d'impôts décidées par Bush lors de son premier mandat. Il approuve également la stratégie actuellement menée en Irak, en dépit des pertes américaines.

Il déclare souvent dans les rassemblements que le président Bush a le grand mérite d'avoir évité à l'Amérique un autre 11-septembre et il ne dit que du bien des deux conservateurs nommés par Bush à la Cour suprême : John Roberts et Samuel Alito.

Les démocrates n'ont de cesse de souligner la proximité entre les deux hommes, en publiant quotidiennement des communiqués sur le danger d'un troisième mandat Bush avec McCain.

Image de franc-tireur
«Cinq ans après que George W. Bush a déclaré “Mission accomplie” et que John McCain a dit au peuple américain que “la fin est bien en vue” en Irak, nous avons perdu des milliers de vies, dépensé la moitié d'un trillion de dollars et nous ne sommes pas plus en sécurité. Il est temps de tourner la page des fausses promesses de Washington et des erreurs de jugement en politique étrangère», a déclaré le candidat à l'investiture démocrate Barack Obama.

Pour Andy Smith, professeur de sciences politiques à l'université du New Hampshire, ce problème risque de coller à la peau de McCain surtout si l'envoi de renforts en Irak, qu'il soutient, se révèle être un échec.

Si cela se produit, «peu importe la distance qu'il aura tenté de mettre, il y sera irrémédiablement ramené».

Mais McCain, que Bush avait battu lors des primaires républicaines en 2000, bénéficie d'une image de franc-tireur et il cherche à séduire l'électorat indépendant, qui sera crucial pour l'issue du vote le 4 novembre prochain.

Pour Tod Harris, ancien porte-parole de McCain, il sera difficile pour les démocrates de changer cette image.

«Il y a un vieil adage en marketing qui dit qu'il est toujours plus facile de créer une opinion publique que de la changer, et l'image de John McCain dans l'opinion publique est faite depuis longtemps», explique-t-il.




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