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L'administration américaine envisage la fermeture de Guantanamo Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Sue Pleming, Reuters   
06-05-2008
Des manifestants déguisés en détenus de Guantanamo protestent
Des manifestants déguisés en détenus de Guantanamo protestent devant la Cour suprême des États-Unis à Washington, D.C., le 11 janvier 2008. (Tim Sloan/AFP/Getty Images)
WASHINGTON – L'administration Bush pourrait annoncer, avant la fin de son mandat en janvier 2009, un plan de fermeture du camp de détention de Guantanamo, et pourrait profiter pour cela d'une décision prochaine de la Cour suprême, ont indiqué plusieurs responsables américains.

De nombreuses voix se sont élevées dans le monde pour demander au gouvernement américain la fermeture de la prison, ouverte en janvier 2002 sur la base américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, pour y incarcérer les prisonniers accusés de terrorisme.

«Cette administration pourrait prendre la décision d'annoncer la fermeture de Guantanamo», a déclaré un haut responsable américain, ayant requis l'anonymat en raison du caractère sensible du sujet. «Il est peu probable que Guantanamo soit concrètement [fermée] dans les neuf prochains mois, mais il est possible que la décision en ce sens soit prise.»

De source autorisée, on rapporte que les débats au sein de l'administration se sont intensifiés au sujet de l'avenir du camp de détention, dont le président George W. Bush reconnaît qu'il a terni l'image des États-Unis.

Pour les défenseurs des droits de l’Homme, c'est également la crédibilité internationale de Washington qui a souffert de l'existence même de cette prison.

«Tout le monde convient que nous devons trouver un moyen de fermer Guantanamo à terme, c'est la décision prise par le président. C'est un sujet très complexe», a déclaré Gordon Johndroe, porte-parole du Conseil national de sécurité.

La Cour suprême doit décider dans les prochaines semaines si la Constitution américaine s'applique ou non aux détenus de Guantanamo, en dépit du fait qu'ils se trouvent à Cuba.

Cette décision pourrait influencer les choix du gouvernement sur la fermeture du site, ont indiqué plusieurs responsables.

«Si la Cour suprême décide que les détenus ont des droits constitutionnels, alors il y aura peu de différences juridiques entre le fait de les retenir à Guantanamo ou sur le continent», a estimé un haut responsable.

«On peut penser que la décision de la Cour suprême donnera un élan à la décision politique de fermer Guantanamo.»

Trou noir juridique
La majorité de 270 détenus actuellement emprisonnés à Guantanamo sont retenus depuis des années sans avoir été inculpés. Plus de 500 ont été relâchés, dont neuf le 1er mai.

Le gouvernement a fait part de son intention de juger entre 60 et 80 des prisonniers restants pour crimes de guerre.

«Nous aimerions nous diriger vers la fermeture de Guantanamo. Nous ne voulons pas être les geôliers du monde», a déclaré Jeffrey Gordon, porte-parole du Pentagone.

Selon Matthew Waxman, ancien responsable au sein des départements d'État et de la Défense et partisan de la fermeture de Guantanamo, le jugement de la Cour suprême pourrait être interprété dans les deux sens.

S'il est décidé que les détenus bénéficient des mêmes droits à Guantanamo que sur le continent, il n'y aurait dès lors guère de raison de les en déplacer.

«La principale critique qu'on peut faire de Guantanamo, c'est qu'il s'agit d'un trou noir juridique», a ajouté Waxman, qui enseigne aujourd'hui à la faculté de droit de l'université Columbia à New York.

Bush ainsi que plusieurs membres de son administration, dont la secrétaire d'État Condoleezza Rice et le secrétaire à la Défense Robert Gates, ont affirmé vouloir fermer le centre de détention, mais ont souligné l'existence de nombreux obstacles.

Le gouvernement américain souhaite toutefois pouvoir annoncer lui-même cette décision, plutôt que d'en laisser le mérite à l'équipe suivante.

Les trois principaux candidats à la présidentielle de novembre – le républicain John McCain et les démocrates Hillary Clinton et Barack Obama – ont fait part de leur volonté de fermer Guantanamo.

Et de fait, même si l'administration Bush annonce la fermeture du site, c'est vraisemblablement à l'un de ces trois candidats qu'il reviendra de faire appliquer cette décision après sa prise de fonction en janvier 2009.





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