L’accueil des étudiants étrangers passe par la mise à disposition d’un hébergement et de conditions de vie convenables. Souce: photos.com | Voilà peut-être l’un des effets de la mondialisation : la tendance de plus en plus grande des étudiants à quitter leur pays temporairement pour poursuivre leurs études dans des pays étrangers.Braver la séparation de son cadre de vie et de sa culture pour acquérir du savoir ailleurs : tel est le challenge que nombre d’étudiants tentent actuellement. Il faut dire que l’enjeu n’est pas négligeable, puisque c’est parfois la seule possibilité d’effectuer les études de son choix. Mais c’est aussi un atout considérable car il propulse parfois la carrière de celui qui tente l’aventure. De l’autre coté du miroir, les pays « d’accueil » se frottent les mains, car au-delà de l’enjeu quantitatif (la présence de nombreux étudiants étrangers a été pendant longtemps, pour une fac, un gage de qualité d’enseignement), c’est plutôt la « qualité » des étudiants sélectionnés qui va les intéresser : en effet, un étudiant brillant promis à un poste de décision dans son pays d’origine sera plus tard, un bon moyen d’ouvrir la porte à des échanges économiques futurs… Sur 1,9 millions d’étudiants étrangers recensés dans le monde, la France se maintient au 4e rang mondial, derrière les Etats-Unis, l’Angleterre et l’Allemagne. Quand on sait que la langue anglaise est maintenant « le passe-partout » de la communication au niveau mondial, ce 4e rang fait donc, semble-t-il, figure honorable. Avec 245.000 étudiants étrangers (soit 10,7 % du total français), la France attire notamment les jeunes d’Afrique et du Maghreb qui se retrouveront principalement en universités. Les européens et les asiatiques, très recherchés du fait de leur appartenance à des pays en plein boom économique, sont encore une minorité, préférant la sélectivité et le prestige des universités américaines ou anglaises, universités qui demeurent encore la panacée pour nombre de jeunes « têtes » en quête de renommée. En effet, ces universités pourtant très coûteuses sont les produits d’une véritable industrie de l’étude qui attirent les meilleurs étudiants étrangers, ceci afin de pallier, par exemple, le désintérêt des Américains pour les études scientifiques. Ces étudiants étrangers ont donc l’avantage de répondre aux besoins économiques de pays industrialisés connaissant souvent un déficit démographique, mais aussi de maintenir des filières dont les effectifs sont en baisse. Ainsi, un rapport du Conseil Economique et Social (CES) paru en janvier 2006, soulignait l’importance de l’accueil de ces étudiants « qui répond à un enjeu fondamental pour la recherche dans certains secteurs économiques ». Mais, alors que les « Allemands annoncent vouloir renforcer leurs besoins en informatique par l’immigration, que les Américains se réjouissent des entreprises créées par les étudiants étrangers », la France semble avoir du mal à assumer cette politique. Alors, experts et démagogues critiquent cet état de fait, reprochant à la France de n’attirer que des étudiants étrangers peu qualifiés. Les causes semblent pourtant multiples : vétusté des logements universitaires surpeuplés, inefficacité des politiques de recrutement à l’étranger, rareté des bourses de recherche de 3e cycle et surtout nécessité de maîtriser le français pour venir étudier dans nos contrées. Des propositions ont déjà été faites par les divers gouvernements en place ces dernières années. M. Raffarin proposait ainsi 35 mesures destinées à « renforcer l’attractivité de la France », dont la mise en place d’un label de qualité pour certains cursus, un renforcement des services chargés du recrutement étudiant dans les ambassades, une revalorisation sélective des bourses aux étudiants étrangers… Puis, le projet de loi « Sarkozy » sur « l’immigration choisie » a été adopté. Des étudiants étrangers sélectionnés en fonction « de leur projet d’études, de leur parcours académique » et « des intérêts de la France pour le pays d’origine », puis les heureux élus se voyant accorder un « visa long séjour pour études » ainsi qu’une simplification dite « vigoureuse » des procédures. Cette proposition s’est vue immédiatement décriée car ayant tout l’air d’« un pillage de cerveaux des pays les plus pauvres ». En effet, ne se tournerait-on pas vers une sélectivité des études réservées aux seules « têtes brillantes » de la planète ? Et la France, terre de liberté d’expression et d’égalité des chances, ne va-t-elle pas à l’encontre de ses valeurs de respect des droits de l’homme, et ceci, quel que soit son Q.I et son origine sociale ? Des solutions alternatives (augmentations des crédits aux universités, des bourses de recherche aux 3e cycles et aux chercheurs, valorisation de nos cursus dans les autres pays, mise en place de programmes anglophones…) ne devraient-elles pas plutôt être envisagées afin que chacun, étudiants français compris, y trouve son compte ?
|