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Kilgour répond aux accusations de l'ambassade chinoise Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Pierre Bertrand   
11-07-2006

Une réaction vive et méprisante de l’ambassade chinoise au Canada a été publiée sur leur site officiel suite à la sortie du rapport Kilgour-Mattas sur le trafic d’organes des pratiquants de Falun Gong en Chine, publié le 6 juillet 2006. L’ancien ministre libéral et co-auteur du document de près de 80 pages, David Kilgour, a fait parvenir aux médias une réponse aux accusations de supercherie qui continue d’affaiblir la crédibilité de Beijing dans ce dossier.

David Kilgour (g.) et David Matas (d.)
David Kilgour (g.). Photo : La Grande Époque
 

À compter du 6 juillet, sur le site de l’ambassade chinoise, nous pouvions lire «La Chine se soumet en tout temps au normes de l’Organisation mondiale de la santé approuvées en 1991, rendant illégal la vente d’organes humains et stipulant que le consentement écrit des donneurs doit être obtenu avant l’opération et que les donneurs ont le droit de refuser la transplantation à la dernière minute.»

Selon M. Kilgour, cette affirmation est démentie par le fait que le site Internet du China International Transplantation Network Assistance Center affichait une liste de prix d’organes à transplanter. Cette liste y est parue jusqu’en avril 2006, quelques semaines après que les premiers témoins aient révélé l’histoire du camp de concentration de Sujiatun. Le rapport Kilgour-Mattas indique même comment avoir accès à la tarification d’organes.

Kilgour

Le document prend en considération le fait que la Chine se soit dotée d’une réglementation pour rendre illégale le trafic d’organes sur son territoire. Néanmoins, peut-on lire, «Nous avons également pris note que cette législation a pris force de loi il y a seulement quelques jours, soit le 1er juillet». «En outre, en Chine, il y a une énorme différence entre adopter une loi et l’appliquer», explique l’auteur de l’enquête.

«La déclaration du gouvernement chinois a été publiée le même jour que notre rapport», s’étonne Kilgour, anciennement secrétaire d'État Asie-Pacifique. «Cela signifie que le gouvernement chinois n’a pas entrepris d’enquête pour vérifier si le contenu de notre rapport était vrai», ajoute-t-il dans sa réponse.

Sur leur site, le Parti communiste chinois laisse entendre qu’il s’agit d’une mise en scène montée par le Falun Gong «pour se sortir d’une position maladroite après avoir menti sur le “camp de concentration de Sujiatun”». Il affirme que le but de telles allégations est de «souiller l’image de la Chine».

L’ancien ministre libéral répond que ni lui, ni David Mattas, co-auteur du rapport et avocat spécialisé dans les causes de violation des droits de l’homme, ne sont des pratiquants de Falun Gong. Il ajoute qu’ils n’ont été subventionnés par aucun organisme ou personne. «Notre rapport représente notre propre jugement», explique-t-il. Son seul motif, fait-il valoir, est de soutenir les droits de l’homme.

Quant à la mise en doute de la crédibilité d’un des témoins, Kilgour soutient qu’il ne s’agit pas non plus d’une pratiquante de Falun Gong, mais de «l’ex-femme d’un chirurgien de l’hôpital de Sujiatun» qu’il a lui-même interviewée. «Nous avons utilisé les déclarations de ce témoin seulement pour les parties pouvant être corroborées», mentionne-t-il. «Nous sommes d’avis […] que cette femme ne mentait pas.», affirme-t-il.

L’ambassade chinoise conclut : «Nous espérons que le peuple canadien ne sera pas berné par cette supercherie du Falun Gong et que plus de gens prendront conscience que le “Falun Gong” est une secte démoniaque.»

«Appeler le Falun Gong une “secte démoniaque” illustre la calomnie qui accable le Falun Gong. C'est ce genre de diffamation qui, en Chine, dépersonnalise et déshumanise le Falun Gong et rend possible la violation de leurs [les pratiquants] droits fondamentaux», soutient Kilgour.

«Appeler un groupe de citoyens innocents une “secte démoniaque” est une forme d’incitation à la haine inacceptable au Canada. C’est un abus de leur [les gens de l’ambassade chinoise] présence diplomatique», conclut-il.





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