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Accueil arrow L'actualité arrow Ecologie / Environnement arrow Seule la forêt de mangroves aurait pu limiter les effets du cyclone Nargis
Seule la forêt de mangroves aurait pu limiter les effets du cyclone Nargis Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Héloïse Roc, La Grande Époque - Paris   
31-05-2008

Les forêts de mangroves.
Ces dernières décennies, les forêts de mangroves ont subi une destruction débridée. Les ravages du cyclone Nargis auraient été atténués si ces haies d’arbres avaient été préservées. (Mayela Lopez/AFP)
Selon la FAO, l’impact du cyclone Nargis aurait été moins violent si les forêts de mangroves avaient été maintenues, les vagues se seraient échouées sur des côtes de mangroves protectrices, absorbant l’énergie des vents. Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) et certains spécialistes avaient déjà alerté les Etats des dangers liés à la destruction des forêts de mangroves. Et, à grande échelle, la destruction des forêts a en effet favorisé et aggravé les ravages provoqués par le cyclone tropical Nargis le long des côtes birmanes.

LES MANGROVES: BARRIÈRE ENTRE L’OCÉAN ET LA CÔTE
Ces dernières décennies, les forêts de mangroves ont subi une destruction effrénée. Les écosystèmes de mangroves disparaissent au rythme de 120.000 hectares par an et ce sont des milliers d’hectares mis à nu et des catastrophes ainsi favorisées. Comme exemple, le drame du tsunami d’Asie, en décembre 2004, et plus récemment celui du cyclone Nargis auraient été atténués si ces haies d’arbres avaient été maintenues. La mangrove est une excellente barrière entre l’océan violent et la côte fragile. Elle atténue l’effet des ouragans qui provoquent une montée rapide des eaux sur les rivages si la côte n’est pas protégée. C’est après la catastrophe de décembre 2004 que la disparition de la mangrove a été mise en avant comme cause principale de l’intensité du désastre. Malheureusement, peu d’Etats ont tenu compte de cette recommandation.

L’IMPACT DU CYCLONE SIDR RÉDUIT PAR LA FORÊT
Cependant, le Bangladesh s’est inspiré des conseils de la FAO et les dirigeants ont développé la culture de la mangrove pour stabiliser ses côtes. C’est ainsi que lorsque le cyclone Sidr a frappé le Bangladesh en novembre 2007, l’impact a pu être réduit. Les forêts côtières de Sundarbans ont protégé la région des effets mortels du cyclone. Par ailleurs, les racines des forêts de mangrove empêchent l’érosion côtière. Elles ralentissent en plus l’écoulement des eaux des marées, ce qui permet aux espèces marines d’exister, créant de petites pouponnières. Elles jouent donc un rôle prépondérant dans la préservation de la biodiversité, et sans mangroves, il n’y aurait plus de poissons en mer, la forêt étant l’intermède entre les écosystèmes marins et terrestres.

LES MANGROVES NIDS DES OISEAUX LOCAUX ET MIGRATOIRES
 Les mangroves ne sont pas seulement des limiteurs de cyclones. Elles sont aussi des écosystèmes importants abritant la biodiversité et les lieux de reproduction des poissons. La mangrove génère un environnement riche, qui abrite des espèces aquatiques variées, toutes sortes de poissons, escargots, coques européennes, crevettes, crabes, des reptiles, des oiseaux locaux et migratoires, des insectes, et des mammifères tels que les singes, les sangliers et les loutres. La marée engendre des marécages où poussent des arbres possédant un système de racines complexes qui émergent de la vase. Les marécages constituent le paradis de nombreuses espèces aquatiques qui y trouvent l’abri idéal à leur reproduction et à l’alimentation de leur progéniture.

DES CÔTES DÉNATURÉES
 Les côtes sauvages de mangroves des forêts tropicales ont été remplacées par la pisciculture, les terres cultivables ou par des sites touristiques. C’est ainsi que Jan Heino, sous-directeur général de la FAO, responsable du Département des forêts explique: « Les mangroves ont été converties en terres agricoles et en zones de pisciculture. Des habitations ont été construites plus près de la mer et la combinaison d’une plus grande proximité aux risques côtiers et l’absence d’une forêt protectrice tampon ont augmenté les risques pour les populations humaines dans de nombreux pays, notamment en Birmanie. » Si la zone de mangroves qui existait dans le delta d’Ayeyarwady avant 1975 avait été préservée (plus de 100.000 hectares), les conséquences du cyclone auraient été réduites au moins de moitié.





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