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L'OTAN appelle la Russie et la Géorgie à calmer le jeu Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par AFP   
04-10-2006

PORTOROZ (Slovénie) – L'OTAN a appelé à la mesure la Russie et la Géorgie, engagées dans une épreuve de force après l'arrestation d'officiers russes accusés d'espionner les activités de l'Alliance atlantique en territoire géorgien.

quartier général de l'armée russe le 29 septembre 2006 à Tbilissi, Géorgie.
Des soldats russes quittent le quartier général de l'armée russe le 29 septembre 2006 à Tbilissi, Géorgie. photo : Vano Shlamov/AFP/Getty Images

Le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a lancé «aux deux parties un appel à la modération et à la désescalade» à l'issue d'un conseil OTAN-Russie auquel assistaient à Portoroz (sud de la Slovénie) les ministres de la Défense alliés et leur collègue russe, Sergueï Ivanov.

La crise a atteint son paroxysme avec l'arrestation par les Géorgiens de quatre officiers russes pour espionnage, puis le siège, depuis le 28 septembre 2006, du commandement russe pour le Caucase sud à Tbilissi.

En réponse, la Russie a rappelé son ambassadeur, entamé l'évacuation de son personnel de Géorgie, saisi le Conseil de sécurité, «mis en garde» l'OTAN et appelé les États-Unis à montrer de la «compréhension» et à réfréner les «provocations» géorgiennes.

Ce qui corse l'affaire, c'est que la Géorgie a opté pour un virage atlantiste avec l'arrivée au pouvoir en janvier 2004 du président Mikheïl Saakachvili.

Le 18 septembre 2006, l'OTAN a accepté d'engager un «dialogue intensifié» avec la Géorgie, avant-dernière étape avant une éventuelle adhésion de cette ancienne République soviétique à l'Alliance atlantique, ce qui a été mal accueilli par Moscou.

«L'OTAN ne joue pas un rôle direct dans cette affaire», a affirmé M. de Hoop Scheffer, qui a cependant indiqué qu'il avait chargé «un de [ses] adjoints d'entrer en contact avec le vice-ministre géorgien des Affaires étrangères».

Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, qui avait eu le matin même un entretien avec M. Ivanov, a déclaré que la confrontation entre les deux pays était «un sujet d'inquiétude».

«Le sens général de notre discussion [entre les 27 ministres] était d'inciter [les deux pays] à calmer le jeu et réduire ces tensions d'une manière pacifique», a-t-il dit.

Comme on l'interrogeait sur l'éventualité d'une intervention américaine à un titre ou à un autre, M. Rumsfeld a répondu qu'il «ne se hasarderait même pas à des spéculations là-dessus».

M. De Hoop Scheffer a indiqué que «le ministre russe a exprimé clairement la position russe», mais pour l'OTAN «il s'agit d'une question bilatérale» entre Moscou et Tbilissi, a-t-il ajouté.

Selon un diplomate allié, «M. Ivanov a pris un air un peu menaçant».

Devant la presse, M. Ivanov a accusé la Géorgie de vouloir «régler par la force» les problèmes avec ses territoires sécessionnistes d'Ossétie du sud et d'Abkhazie.

Malgré les protestations de la Russie, qui qualifie ces accusations de «débiles», les forces de sécurité géorgiennes encerclent depuis le 28 septembre à Tbilissi le commandement de l'armée russe pour le Caucase du Sud, exigeant qu'un autre officier «espion» leur soit remis.

M. Ivanov a indiqué à la presse qu'il avait «exposé aux ministres de l'OTAN les faits et le scénario qui pourrait en résulter», sans préciser davantage sa pensée.

Devant les alliés, selon un diplomate, il a accusé sans les nommer des membres récents de l'OTAN – en d'autres termes, d'anciens membres du Pacte de Varsovie – d'avoir fourni à la Géorgie des armes de fabrication soviétique, alors que, selon lui, ils n'ont pas le droit de revendre ces armes sans l'accord de Moscou.

Tbilissi accuse Moscou d'ingérences flagrantes dans ses affaires au travers de son soutien aux régions sécessionnistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud.

Selon M. Ivanov, la «Géorgie viole tous les accords» passés avec la Russie sur ces questions.

Si Moscou entretient encore des bases en Géorgie, et même un quartier général pour le Caucase du Sud à Tbilissi, les États-Unis ont envoyé ces dernières années des conseillers militaires encadrer la refonte de son armée. Dans ce jeu d'influence, les tentations réciproques d'«observer» les mouvements de l'autre puissance ne sont pas à écarter.




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