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Accueil arrow Camps et trafic d'organes en Chine arrow Au grand jour : les camps de la mort en Chine
Au grand jour : les camps de la mort en Chine Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Gary Feuerberg   
24-04-2006

WASHINGTON – Les deux premières personnes à avoir révélé l’existence de camps de concentration en Chine sont sorties de l’ombre le 20 avril malgré les risques pour leur sécurité. Lors de manifestations à Washington, D.C. à l’occasion de la visite du dirigeant chinois Hu Jintao, «Annie» et «Peter» ont parlé lors d’une conférence de presse au McPherson Square et réitéré les accusations maintenant confirmées par de nombreuses autres personnes en Chine.

Annie et Peter à Washington D.C.
Les informateurs Annie et Peter à Washington D.C. le 20 avril. Leurs discours étaient les premiers témoignages publics de prélèvements d’organes à grande échelle en Chine. Photo : La Grande Époque
 

«Si je ne vais pas de l’avant, peut-être que les autres témoins n’aurons pas le courage de le faire aussi», a dit Annie, un peu crispée et scrupuleusement penchée sur le texte qu’elle avait écrit pour l’occasion. Elle a répété encore une fois ce qu’elle a appris par son mari, un médecin spécialiste des opérations de la cornée. Tous deux vivaient dans la ville de Shenyang, au nord-est de la Chine, une vie sans problèmes avec un très bon salaire pour son mari médecin. Une vie sans problème jusqu’à ce qu’il lui révèle que dans l’hôpital Sujiatun où il travaillait, on l’avait chargé de prélever les cornées de pratiquants de la méthode bouddhiste Falun Gong.

Annie révélait ces informations dans une entrevue à La Grande Époque le 17 mars. Elle a dit que son ex-mari avait opéré des gens encore vivant et que leurs corps étaient jetés dans l’incinérateur après les opérations, alors qu’ils étaient parfois encore en vie.

«Que ce soit le gouvernement américain ou le gouvernement chinois, ils ont nié l’existence de cet incident, alors il y avait nécessité pour moi de parler de ça », a dit Annie.

Elle a réaffirmé ce qu’elle avait dit précédemment : après le prélèvement d’organes, les pratiquants de Falun Gong étaient jetés dans l’incinérateur de l’hôpital - près de 4000 seraient morts ainsi entre 2001 et 2005.

Les informations d’Annie avaient corroboré et complété celles de «Peter», ancien journaliste pour une station de télévision japonaise et aujourd’hui réfugié aux États-Unis. Il avait parlé le premier, le 9 mars, «d’extermination à grande échelle» des pratiquants de Falun Gong, tués pour la vente de leurs organes.

Il affirme avoir reçu plusieurs menaces et appels téléphoniques étranges depuis son entrevue privée au sujet des prélèvements d’organes, mais il a exprimé sa détermination à communiquer ses informations publiquement, en dépit des craintes d’une attaque du régime chinois.

«Alors que je me tiens ici aujourd’hui et que je révèle au public [mes informations], je risque de payer un grand prix, peut-être même ma vie, mais je crois que ce n’est pas en vain», a-t-il dit en ouverture. «Je peux encourager plus de personnes qui savent ce que je sais à parler en public… de ce qui se déroule vraiment dans la société [chinoise].»

Informations concordantes

Les deux ont donné des détails au sujet du prélèvement d’organes en Chine, particulièrement à Sujiatun dans le nord-est de la Chine, où 6000 pratiquants de Falun Gong auraient déjà été détenus. Ils ont souligné l’importance de se montrer en public pour donner plus de crédibilité à leur témoignage.

Le Département d’État américain, tout en indiquant prendre aux sérieux les accusations, dit avoir fait deux visites à l’hôpital Sujiatun sans trouver de preuves de prélèvements d’organes. Il se dit cependant «inquiet de la répression des pratiquants de Falun Gong en Chine. Nous sommes aussi inquiets des allégations sur le prélèvement d’organes».
Peter a dit que les atrocités à Sujitaun n’étaient que «la pointe de l’iceberg».

Le 31 mars, La Grande Époque publiait un article basé sur des informations provenant d’un médecin militaire chinois. Celui-ci affirme que 36 camps similaires à celui de Sujiatun existent en Chine et que le plus grand, portant le nom de code 672-S, détient 120 000 personnes.

«J’espère qu’ils vont aller enquêter», dit Annie. «Si ceci n’est pas vraiment en train de se produire en Chine, alors ouvrez les portes de votre pays et laissez tout le monde participer, regarder et enquêter.» Elle conclut en disant être disposée à témoigner devant le Congrès américain.




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