|
Paula Bronstein/Getty Images Les victimes du séisme à Juyuan continuent de souffrir. À peine trois semaines après le séisme de magnitude 7.8, le gouvernement local a mis fi n aux secours, laissant les survivants livrés à eux-mêmes, dans des conditions de vie effroyables.
LA GRANDE ÉPOQUE a interviewé M. Fu, une victime du tremblement de terre originaire de Dujianyan. M. Fu a raconté:
« Les conditions de vie à Juyuan sont terribles, tout y est recouvert d’une épaisse couche de poussière, les égouts sont bouchés, et une odeur insoutenable empeste tout le district. Les cadavres ont été retirés, mais les ruines doivent rester. Le gouvernement dit que ce sont des propriétés privées et qu’un accord écrit des propriétaires est nécessaire pour nettoyer. Il faut attendre trois mois avant le plan de reconstruction. »
« D’imposants véhicules vont et viennent dans un nuage de poussière noire, rendant l’air irrespirable. Des bénévoles participent à désinfecter la ville, mais les égouts sont bouchés par de la terre et des ordures. Une odeur nauséabonde imprègne toute la région. On ne voit pas la couleur des équipes de secours ni des responsables gouvernementaux. Nous avons dragué les égouts nous-mêmes en ramassant les ordures. »
M. Fu a dit à La Grande Époque que le gouvernement avait cessé de fournir des secours aux habitants 3 semaines après le désastre. On leur donnait des nouilles instantanées, de l’eau et parfois du pain. Maintenant chaque personne n’a plus droit qu’à 500 g de riz par jour.
PROMESSE DE TROIS MOIS DE SUBVENTIONS
D’après M. Fu, le département d’État chargé du séisme a promis une subvention de trois mois d’un montant de 300 yuans (28 Euros) pour chaque personne qui est sans ressources. « On a reçu des subventions après le 1er juin. Mais certains d’entre nous n’ont reçu que 150 yuans jusqu’à présent et dans certains endroits les gens n’ont reçu que 10 yuans par jour, » a dit M. Fu. M. Fu attribue les difficultés actuelles à la dictature du Parti unique du régime communiste.
« En Chine beaucoup de gens se considèrent comme appartenant au Guomintang [Parti nationaliste chinois de Taiwan]. Faisant partie de ceux là, je voudrais solennellement rejoindre le Guomintang. Nous espérons que ce parti va revenir en Chine pour mettre fi n au règne du Parti communiste. Sinon, la Chine ne fera jamais de progrès. » Il a ajouté que de nombreuses victimes avaient le même sentiment. M. Fu a également expliqué : « Je pense différemment de la génération précédente. Je connais l’histoire de la Chine et de Taiwan. La Chine n’est toujours pas démocratique, même après que successivement Taiwan, Hong Kong, et Macao soient devenues des démocraties. Je garde espoir dans le futur. »
|