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Les troubles borderline font souffrir autant la personne atteinte que son entourage, aucune relation suivie, une violence incontrôlée, une automutilation à répétition c’est un enfer qui peut emmener vers le suicide. (AFP) Le trouble Borderline signifiant mot à mot «au bord de la ligne» est un trouble psychique qui a été répertorié pour la première fois en 1938. Plusieurs psychiatres se sont penchés sur le problème mais ce n’est que récemment, dans les années 80, qu’une approche plus sensible de la pathologie est apparue, avec un traitement plus approprié. Le trouble borderline est aussi appelé «trouble de personnalité limite» ou TPL
D’après l’Association québécoise AQOLP , «ce syndrome touche 1 à 3 % de la population, dont 75% à 80 % de femmes. En services psychiatriques, cela représente environ 10% des patients. Plusieurs auteurs soulignent qu'environ 10% des personnes qui présentent un trouble de la personnalité limite se suicident, 85 % ont des comportements suicidaires, et 65 % souffrent d’automutilation. Des personnes de tous les milieux peuvent être touchées par ce trouble de santé mentale. Les symptômes ne sont pas les mêmes pour tous, mais certaines manifestations sont très courantes, comme l'intolérance à la douleur émotionnelle qui amène ces personnes à adopter des comportements destructeurs.»
Une personne souffrant de TPL n’est ni névrotique, ni psychotique. Elle est dans un état complexe où elle ne maîtrise pas ses émotions. Elle change d’humeur, contrôle mal ses impulsions et a beaucoup de peine à garder une relation durable et profonde. La dépression, les troubles alimentaires et les problèmes d'anxiété sont souvent associés aux personnalités limites. La personne souffrant de ce syndrome a un comportement destructeur. Elle se fait du mal et en fait aussi à ses proches car son mal être l’empêche d’avoir des relations harmonieuses.
Voici plusieurs points qui caractérisent une personne souffrant de Borderline issus du site français de « l’association d’aides aux personnes avec un Etat Limite »:
- Incapacité à gérer ses émotions ou victime de ses émotions
- Changements d’humeurs soudains, intenses rapides ou fréquents
- Anxiété
- Relations de type Amour / Haine. Pense autrui en Tout Bon / Tout Mauvais sans compromis
- Sentiment d’être une « victime », incapacité à accepter ses propres responsabilités
- Sentiment de déprime, tristesse ou de vide
- Accès de colère fréquents ou imprévisibles (extériorisés ou pas)
- Image de soi instable
- Peur de l’abandon
- Comportements impulsifs autodestructeurs comme la boulimie, sexualité à risque, anorexie, - Dépenses incontrôlées, alcool, drogue, conduite dangereuse, abus de médicaments, …
- Attaques de rage
- Tentatives de suicides ou d’automutilation comme se couper, se brûler, se griffer.
Beaucoup peuvent se retrouver dans ces définitions mais ils ne sont pas pour autant sujet à ce syndrome. Il y a une grande différence entre ce que l’on ressent et le fait de pouvoir se maitriser ou de passer à l’acte. C’est dans la constance à travers les années et le fait que son comportement l’handicape dans ses relations sociales, tant au travail que dans sa sphère privée, que l’on peut supposer qu’une personne souffre de TPL. Par conséquent, seul un psychiatre qui connaît bien ce trouble pourra établir un diagnostic et ce, parfois, après plusieurs consultations. Choisissez un bon spécialiste car de nombeux psychiatres « de ville » n’ont pourraient assimiler ce trouble à une bipolarité, à une dépression, une psychose et proposer un traitement non-adéquat.
Du fait que ces personnes sont en souffrance, leur comportement est parfois difficile à comprendre. Dans les moments de crise, la plupart d’elles vont s’automutiler. C’est un besoin, presque une nécessité pour se libérer de l’angoisse et de la pression que leurs émotions leur procurent. On les accuse facilement d’être manipulatrices. En fait, leurs émotions ne leur permettent pas d’avoir une compréhension objective de la vie, elles ne font pas de nuances et passent du « tout est blanc » au « tout est noir ». C’est un problème que rencontrent leurs thérapeutes et qui rend difficile le traitement. Idéalisé, le thérapeute peut perdre la confiance de la personne qui va se mettre à le dénigrer et il ne pourra plus rien faire.
Il y a une origine génétique à ce problème que l’on peut qualifier d’hyperémotivité, ou hypersensibilité. Vient se greffer une enfance souvent marquée par la violence, les abus sexuels, le mépris ou la négligence, la non-considération de ses sentiments. Pourtant le traitement généralement utilisé n’est pas axé sur les causes, bien que ce point soit abordé par la suite. La thérapie comportementale dialectique, développée par le professeur Marsha Linehan de Seattle (USA) , s'adresse spécialement aux patients atteints de TPL.
Il s’agit d’une approche structurée permettant de prendre conscience de son mode de pensée et de le modifier par des exercices pratiques. Dans certains cas, le patient reçoit certains médicaments pour soulager certains effets du TPL comme des anxiolytiques. Mais il n’existe à ce jour aucun médicament spécifiquement destiné à traiter le TPL. La thérapie comportementale, qui est la seule psychothérapie dont l’efficacité est scientifiquement prouvée par les statistiques de succès, permet de soigner la majorité des cas qui peuvent enfin se libérer de cette souffrance en développant des sentiments positifs, et utiliser leur hyperémotivité pour être authentiques, spontanés et emplis de compassion pour leurs proches.
Source :
Société suisse de Thérapie comportementale et cognitive
Association d'aide aux personnes avec un "état limite"
Associaiton québéquoise de l'organisation limite de la personnalité
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