|
GENÈVE – Sérieusement attaquée au cours du XXe siècle, la couche d'ozone qui protège la Terre du rayonnement solaire ne connaîtra un retour à la normale complet que vers 2065 au lieu de 2049, ont estimé le 18 août 2006 deux agences des Nations Unies. Dans un rapport publié par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), 250 scientifiques estiment que les produits chimiques dangereux pour la couche d'ozone – dont certains émanent de simples réfrigérateurs – sont encore beaucoup plus utilisés ou produits qu'on ne le pensait au moment de leur interdiction effective ou programmée. Selon ces experts, la couche d'ozone ne devrait en conséquence commencer à se reconstituer au-dessus des zones tempérées habitées des deux hémisphères qu'autour de 2049, au lieu de 2044 comme on le prédisait en 2002, date de la précédente évaluation. Et elle ne devrait retrouver son intégrité au-dessus de l'Antarctique que quinze ans plus tard que prévu, en 2065. En raison des «vents extrêmement froids et violents» qui balaient la zone au-dessus du pôle Sud, le «trou d'ozone» dans cette région devrait réapparaître périodiquement pendant encore une vingtaine d'années, ajoute le rapport. L'utilisation de la plupart des substances chimiques néfastes pour la couche d'ozone est prohibée, ou sur le point de l'être, en vertu du Protocole de Montréal de 1989, qui fut un des rares accords environnementaux ayant abouti à des résultats. Une autre étude, publiée en mai dernier dans la revue scientifique britannique Nature, avait souligné que les estimations avancées dans le passé sur un retour à la normale avaient négligé de prendre en compte les dommages provoqués par les éruptions volcaniques, les orages solaires et autres phénomènes naturels. Les études publiées en 2000 et 2002 concluaient pour leur part que dans aucune région au cours de la décennie précédente il n'avait été constaté d'accélération du rythme de destruction de la couche d'ozone. Ces études prévoyaient un retour à la normale au début du XXIe siècle. Pour le directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner, «les premiers signes annonciateurs de la convalescence de l'atmosphère sont à mettre au crédit du Protocole de Montréal». Selon Geir Braathen, un expert de l'OMM, le retard constaté par rapport aux prévisions initiales «n'est pas attribuable à un non respect du Protocole de Montréal, mais à des nouvelles estimations du niveau de production et d'émission» des produits chimiques destructeurs de l'ozone.
|