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Retour sur la Lune Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Paul de Brem, Banque des savoirs   
08-07-2008

 

Empreinte de l'astronaute Neil Armstrong
Vue rapprochée de l'empreinte de l'astronaute Neil Armstrong sur le sol lunaire. Le 21 juillet 1969, lors de la mission américaine Apollo 11, Neil Armstrong a été le premier homme à fouler le sol lunaire. (© NASA)
Quatre pays s’apprêtent à envoyer des sondes en orbite lunaire dans les deux ans à venir. Mieux encore : des hommes pourraient se poser sur la Lune dès 2018. Mais qu'est-ce que les États-Unis, la Chine, l'Inde et le Japon vont chercher là-haut?

C’est la ruée. Comme aux plus belles heures de la conquête spatiale, la Lune s’apprête à recevoir la visite de cinq engins spatiaux en l’espace de deux ans. Soit plus que le nombre de sondes parties l’étudier au cours des trente dernières années!

Ce sont les États-Unis qui, sans conteste, mènent la danse. Ils enverront deux sondes sur «l’astre de la nuit». Mais, surtout, des Américains pourraient fouler son sol poudreux pour la première fois depuis 1972. Dans un discours prononcé le 14 janvier 2004, le président des États-Unis, George W. Bush, a même donné pour mission à la NASA (National aeronautics and space administration / Agence spatiale nationale américaine) d’y implanter une base habitée permanente.

L’une des raisons pour lesquelles la Lune connaît un tel retour en grâce, c’est l’échec relatif de la navette spatiale américaine. Le grand oiseau blanc a été conçu au début des années 1980 pour servir de laboratoire spatial au cours de vols d’une dizaine de jours, transporter des astronautes vers une station habitée, lancer des satellites d’une masse impressionnante et permettre même de réparer certains de ses engins dans l’espace, comme le télescope Hubble. Jamais on n’avait fabriqué appareil aussi complet et aussi complexe. Véritable chimère technologique, la navette tient à la fois de la fusée, de la station orbitale et de l’aéroplane. La barre avait été placée trop haut. Ce qui explique1 que l’appareil a causé la mort de quatorze astronautes au cours de deux accidents : Challenger en 1986 et Columbia en 2003. Puis, la navette spatiale a été conçue pour desservir une station spatiale internationale (ISS) qui, en raison de retards multiples, n’est toujours pas achevée à ce jour. Elle n’a jamais réussi à captiver le public, ni à produire de résultats scientifiques à la hauteur des coûts engendrés par ce programme : 100 milliards de dollars.

Si les États-Unis investissent la Lune à nouveau, c’est donc en partie pour tourner une page, avec un reste de dépit et de regret. Il en va tout autrement pour la Chine et l’Inde. C’est par volonté de conquête que ces pays comptent y envoyer des sondes prochainement. Et peut-être des hommes un jour. Grâce à leurs futurs succès dans le spatial, la Chine et l’Inde entendent frapper les consciences et entrer dans le club fermé des grandes puissances. Le dernier acteur de cette course à la Lune, le Japon, ambitionne – quant à lui – plus simplement de maintenir son rang de puissance spatiale de premier plan en Asie, et de ne pas laisser la Chine, sa grande rivale, triompher trop vite.

Le résultat de cette compétition sera passionnant. Les pays en lice, auxquels il faut ajouter la Russie – qui voudrait aussi envoyer une sonde en 2012 – et peut-être demain l’Europe, rivalisent d’inventivité et de créativité. Leurs ambitions sont immenses. En prenant la Lune pour objectif, ils démontrent qu’une nouvelle course spatiale, comparable par certains aspects à celle qui avait opposé les États-Unis et la Russie dans les années 1960, est en train de voir le jour.

1- Selon le rapport de la Commission d’enquête indépendante sur l’accident de Columbia, au-delà des causes techniques, «les pratiques de gestion régissant le programme de la navette spatiale sont autant responsables que l’isolant qui a frappé l’aile gauche». Les auteurs du rapport rappellent que les responsables de la mission Columbia ont «manqué huit occasions de détecter un problème sur la navette spatiale à la suite de l’incident subi au décollage».

Cet article a été
publié le 20 août 2007 sur la Banque des savoirs, Conseil général de l'Essonne, France 

   

 

 

 





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