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COLOMBIE, Leticia : Les présidents Luiz Inacio Lula da Silva du Brésil (g), Alvaro Uribe de Colombie (c) et Alan Garcia du Pérou (d) portent des plumes qui leur ont été offertes par un membre de la tribu Ticuna à l’occasion de la célébration de la date d’anniversaire de l’indépendance de la Colombie le 20 juillet 2008. (Mauricio Dueñas/AFP) Preuve en est l’accord signé ce 20 juillet, jour de la fête nationale colombienne, par le président Uribe avec ses homologues de deux grands pays voisins, le Péruvien Alan Garcia et surtout le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, figure de proue la plus respectée de la nouvelle gauche latino-américaine. Les trois chefs d’Etat ont coprésidé le défilé militaire à Leticia, ville de l’Amazonie colombienne où se touchent les trois frontières. Il y ont signé l’accord coordonnant leur combat frontalier contre le trafic d’armes, de munitions, d’explosifs et de stupéfiants. Les militaires de Colombie, du Brésil et du Pérou renforceront leur présence au long des autoroutes naturelles que sont les rivières Preuve en est l’accord signé ce 20 juillet, jour de la fête nationale colombienne, par le président Uribe avec ses homologues de deux grands pays voisins, le Péruvien Alan Garcia et surtout le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, fi gure de proue la plus respectée de la nouvelle gauche latino-américaine. Les trois chefs d’Etat ont coprésidé le défi lé militaire à Leticia, ville de l’Amazonie colombienne où se touchent les trois frontières. Il y ont signé l’accord coordonnant leur combat frontalier contre le trafi c d’armes, de munitions, d’explosifs et de stupéfi ants. Les militaires de Colombie, du Brésil et du Pérou renforceront leur présence au long des autoroutes naturelles que sont les rivières amazoniennes utilisées par la guérilla narco-marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) pour s’approvisionner ou se mettre à l’abri. La veille à Bogota, lors de ses entretiens avec le président Lula, Alvaro Uribe avait obtenu des garanties stratégiques lui permettant d’annoncer l’adhésion de la Colombie au Conseil de défense sudaméricain que veut lancer le Brésil dans le cadre de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), créée officiellement le 23 mai dernier à Brasilia par les 12 pays du sous-continent. Ces garanties sont la règle du consensus (permettant un éventuel veto de la Colombie ou de tout autre pays) pour la prise de décision au sein du Conseil de défense ; la reconnaissance uniquement des forces institutionnelles de chaque pays signataire et le rejet statutaire des groupes pratiquant la violence, quelle que soit son origine. Pour autant que ces garanties soient ratifiées par les autres membres de l’Unasur, la guérilla colombienne ne pourrait plus espérer la moindre reconnaissance institutionnelle de la part de l’un quelconque des douze pays d’Amérique du Sud. La France et la Suisse, exmédiatrices inutiles et desavouées par Bogota pour déviances pro-FARC, en prendront sans doute note. Que ce triomphe politique soit avalisé par des icônes de la gauche régionale telles que le président brésilien Lula et la présidente chilienne Michelle Bachelet, consultée téléphoniquement par MM. Lula et Uribe en sa qualité de présidente en exercice de l’Unasur, en dit long sur la capacité de manoeuvre internationale retrouvée par Alvaro Uribe après la libération mondialement applaudie, le 2 juillet par l’armée colombienne, d’Ingrid Betancourt, de trois Américains et de 11 policiers et militaires colombiens, tous séquestrés par les terroristes des FARC pendant plusieurs années. «Je suis très heureux de cette libération. Je crois que c’est une conquête des droits de l’homme, des citoyens, quelque chose d’extraordinaire... On doit commencer à comprendre que la façon la plus facile d’arriver au pouvoir est de se présenter aux élections», déclarait à Bogota le président Lula. Cette invitation aux FARC à abandonner la lutte armée pour la voie démocratique est depuis plusieurs semaines lancée à la guérilla par quasi tous les leaders de la gauche latino-américaine, y compris les socialistes radicaux Hugo Chavez (Venezuela), Evo Morales (Bolivie) et Rafael Correa (Equateur). La célèbre vedette colombienne Shakira, qui chanta l’hymne national aux côtés des trois présidents réunis à Leticia, ajouta cet argument à l’adresse des FARC: «Libérez-vous. Vous vous séquestrez vous-mêmes dans les ténèbres de la jungle.» Même son de cloche à Paris. «Voyez la main tendue par le président Uribe, comprenez que c’est terminé les bains de sang, le moment est venu d’abandonner les fusils et de les remplacer par des roses», a lancé dimanche aux FARC Ingrid Betancourt. Entourée sur l’esplanade du Trocadéro par dix mille personnes, dont peutêtre une majorité de Colombiens, elle remercia encore le président Alvaro Uribe pour sa libération et insista en s’adressant directement au nouveau chef suprême des FARC, Alfonso Cano: «Regarde cette Colombie, accepte la main tendue par le président Uribe, déposez les armes et relâchez les otages». La foule scanda maintes fois «Uribe! Uribe!». «Merci Uribe», disaient des pancartes en français. Les grands médias de l’Hexagone ont reconnu que des millions de Colombiens se sont mobilisés pour la liberté, contre les enlèvements et contre les FARC. En février, les mêmes médias fi rent la fi ne bouche, réduisant parfois à quelques milliers de personnes une mobilisation similaire. Ingrid Betancourt était alors encore séquestrée. Le président vénézuélien Hugo Chavez était présenté comme la clef de sa libération et certains n’hésitaient pas à dépeindre Alvaro Uribe comme le responsable du drame des otages vu son passé supposé de «fasciste paramilitaire». Pareille espèce de supercherie, téléguidée par le Quai d’Orsay, les comités Betancourt et la famille de la célèbre ex-otage, conduira-t-elle un jour à désigner le symbole de la nouvelle démocratie espagnole, l’actuel roi Juan Carlos, comme l’un des responsables des centaines de milliers de morts imputables au soulèvement militaire et à la dictature de Franco, aux principes de laquelle le souverain, alors jeune prince, jura solennellement fidélité? Compte tenu de circonstances héritées et souvent non souhaitées, Juan Carlos Ier et Alvaro Uribe, qui a démonté avec d’inévitables aléas les grandes structures du paramilitarisme colombien, ont chacun, dans leur pays respectif, plus contribué à la démocratie que la plupart de leurs adversaires. Sur un flanc de la tribune d’où parlait Ingrid Betancourt, au Trocadéro, une banderole clamant «Accord humanitaire maintenant» prouvait qu’à Paris on reste à la traîne au moment d’évaluer la situation en Colombie. Si Alvaro Uribe tend à nouveau aujourd’hui les bras aux FARC, c’est à l’évidence, sans besoin de le dire, pour que cette guérilla négocie une défaite plus ou moins honorable et les termes de sa reddition. Un «accord humanitaire», qui risquerait d’oxygéner politiquement les FARC pour ne libérer qu’une poignée seulement d’otages parmi des centaines ou des milliers d’autres, n’est plus à l’ordre du jour à Bogota. Latinreporters.com
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