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Il n'y pas que l'élephant qui n'oublie jamais, nos cellules aussi. (Photos.com) On dit que les éléphants n’oublient jamais. Le corps humain non plus, et ce, particulièrement pour les radiations. Le corps humain est comme un ordinateur naturel qui enregistre les moindres radiations auxquelles il est exposé durant sa vie. Ces radiations, qui ont de grands avantages pour diagnostiquer des maladies quand elles sont utilisées prudemment, sont potentiellement nuisibles si utilisées souvent. Jusqu’à augmenter le risque de développer un cancer à la suite de radiations.
Un article du journal Consumer Health indique que 60 millions de scans (CT-scan) ont été réalisés aux États-Unis en 2007. On en faisait 30 millions il y a dix ans. Selon le docteur David Brenner, directeur du Centre de recherches en radiologie du Centre médical de l’université de Colombia à New York, un tiers de ces radiologies seraient inutiles.
Souvenez-vous qu’il y a différents types d’examens radiologiques. Par exemple, certains médecins pensent qu’il est prudent de faire des recherches pour une maladie débutante des artères coronaires. En conséquence, un nombre croissant d’angiographies est fait pour détecter des calcifications dans les vaisseaux – une manifestation symptomatique.
Mais ces images ne nécessitent pas simplement l’exposition à une seule irradiation. Elles en requièrent 64. C’est 200 fois l’exposition reçue pendant un examen radiographique standard de la poitrine. Peu de patients sont conscients de cette différence énorme dans l’exposition aux radiations.
Jusqu’à quel point cet examen peut-il être dangereux ? Un article du journal American Medical Association, en 2007, reconnait que près d’un patient sur 1.000 âgé de 60 ans qui passent une angiographie est susceptible de développer un cancer induit par l’examen. Le rapport bénéfice/risque reste en faveur de l’examen, sauf pour le patient qui développe le cancer.
De plus, certaines cliniques privées nord-américaines proposent des scanners du corps entier. Une station balnéaire hawaïenne les vend comme « un service pour la paix intérieure ». Ce genre de publicité alléchante fait dire à quelques consommateurs de médecine « Qu’a-t-on à perdre ? Après tout, un scanner peut détecter un problème sérieux qui pourrait me tuer ». Mais un scanner du corps entier demande aussi beaucoup de radiations.
Un rapport de la clinique Mayo affirme que certaines cliniques utilisent de vieux équipements obsolètes qui fournissent des images peu détaillées, ce qui laisse les patients avec un faux sentiment de sécurité. Se croyant parfois à tort en pleine santé, ils pourraient renoncer à faire des examens médicaux réguliers.
La meilleure protection contre des radiations inutiles est un bon médecin de famille, celui qui vous guidera loin des examens discutables. L’American Cancer Society a ajouté la coloscopie virtuelle à sa liste de procédures homologuées. Ce scanner fournit une image en 3 D du côlon pour diagnostiquer une tumeur maligne du gros intestin. Pourtant, la coloscopie traditionnelle – moins « high tech » - a plus de sens car elle ne nécessite pas d’irradiations. En plus, si la coloscopie virtuelle détecte un polype dans le côlon, c’est encore avec la coloscopie traditionnelle qu’il faudra l’enlever.
À ce stade, des lecteurs penseront peut-être : « Mais il y a sûrement des examens nécessitant des radiations qu’il est prudent de faire de temps en temps, et qui ne sont pas inquiétants pour autant ».
Les radiographies dentaires sont nécessaires quand des problèmes spécifiques sont soupçonnés. Certains dentistes pensent également que la radiographie de toute la bouche est nécessaire tous les cinq à huit ans. Mais quand il n’y a aucun symptôme, des gencives en bonne santé, et une hygiène buccale excellente, il est préfèrable de les éviter.
Les examens de densitométrie osseuse sont d’une grande aide pour détecter les premiers signes d’ostéoporose et un traitement préventif peut donc être commencé. Il est aussi communément admis que les mammographies devraient être faites à intervalles réguliers. Mais un point reste controversé : est-ce ou non bénéfique pour les femmes dans la quarantaine qui ne présentent aucun facteur de risque du cancer du sein ?
L’Imagerie par résonance magnétique (IRM) qui n’emploie pas de radiations peut aussi être utilisée pour détecter des lésions dans la poitrine et les poumons. Mais en raison de sa sensibilité accrue, l’IRM découvre des anomalies qui sont sans importance, mais causent des inquiétudes inutiles.
Mon conseil est d’éviter les radiographies et les scanners, à moins que votre médecin n’insiste pour les prescrire. Il est aussi plus sage de garder les copies de vos radios si vous décidez de déménager dans un autre lieu et de changer de médecin. Et insistez pour que les radiologues vous fournissent une protection pour éviter l’exposition de la glande thyroïde et des organes génitaux aux rayons radioactifs.
Actuellement, personne ne sait combien de personnes développent un cancer dû à des radiations excessives. Jusqu’à ce qu’on le sache, il est prudent de faire des radios comme les porcs-épics font l’amour : très, très prudemment.
Le docteur Gifford-Jones est journaliste médical et dirige un cabinet médical privé à Toronto.
Site web du Docteur Gifford-Jones
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