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À quelques jours des Jeux olympiques de Pékin, les militants des droits de l’homme sont de plus en plus nombreux pour protester contre les abus de la Chine en matière de droits de l’homme. L’agitation touche aussi le marché des actions chinoises dont l’histoire est beaucoup moins bien connue.
Sujia Gong, un expert de la Chine, a examiné les récents problèmes rencontrés par le marché chinois des actions et son impact sur l’économie chinoise. Selon Gong, les problèmes du marché des actions en Chine, qui a été initialement conçu pour adapter une société socialiste au fonctionnement de l’économie capitaliste, existent depuis sa création au début des années 1990. En fait, «les dirigeants du Parti communiste chinois [PCC] ne veulent pas perdre le contrôle de l’économie», a-t-il déclaré. «Par conséquent, quand ils mettent une société d’État sur le marché des actions, ils gardent en leur possession une grande majorité de ses actions».
Une pratique typique utilisée par les autorités chinoises est de garder plus de 90 % des parts de l’entreprise, tout en laissant les autres 10 % aux échanges sur le marché. Les actions sont ensuite divisées en deux catégories: échangeables et non échangeables. Les actions échangeables pouvant être vendues à la valeur cotée sur le marché, tandis que celles non-échangeables disparaissent entre les mains du régime chinois. «Dans ce cas [du marché des actions chinoises], même si vous prenez toutes les actions, vous n’aurez pas encore de contrôle de l’entreprise parce que le gouvernement détient la majorité. Normalement, lorsque l’on met 100 % des actions à 1 dollar unitaire sur le marché, chaque action est au départ vendue pour 1 dollar, mais [en Chine], comme seulement 10 % du capital est mis sur le marché, alors chaque action de valeur 1 dollar coûte en réalité 10 dollars l’unité», explique Gong.
Le manque d’actions disponibles a entraîné une bulle sur le marché, selon Gong. Ces dernières années, les entreprises sous les ordres du régime chinois ont commencé une libération des actions précédemment non échangeables, car la demande avait monté en flèche. Les actionnaires qui les avaient précédemment payées au prix de base lorsque seulement 10 % des actions étaient disponibles ont été obligés de payer plus cher que le prix de marché pour les actions libérées. Gong cite China Petroleum et Chemical Corporation comme exemple d’entreprises qui ont tiré profit de cette libération de nouvelles actions.
En 2005, les parts de ces sociétés ont été évaluées à 48 yuans par action. Toutefois, après la libération des actions supplémentaires sur le marché, le capital de la société a plus que doublé. «Lorsque le gouvernement est propriétaire de 90 % des actions, les actionnaires ordinaires peuvent en obtenir pour un prix extrêmement bas, parfois pour 0,1 yuan seulement. Maintenant, chaque action vaut entre 10 à 15 yuan» a précisé Gong. «Quand ils [les dirigeants gouvernementaux] augmentent la quantité des actions en circulation, ils peuvent recueillir beaucoup d’argent sur le marché, et en provenance des portefeuilles de la population».
L’augmentation rapide des cours boursiers a entraîné une baisse du nombre d’investisseurs chinois. Dans une enquête menée par People’s Daily, un journal étatique, les actionnaires ont été interrogés sur l’état de leurs investissements. La réponse a été extrêmement négative, avec 92 % de réponses affi rmant une perte nette de leur investissement en actions, alors que 3 % ont confi rmé avoir atteint le point mort. Seuls 4 % des interrogés ont dit avoir fait un gain net. En Chine, il y a environ 100 millions d’investisseurs en bourse. L’année dernière, plus de 50.000 milliards de yuans auraient été perdus sur le marché, avec une moyenne de plus de 50.000 yuans par investisseur, soit 7.000 dollars, ce qui représente l’équivalent de trois ans de revenus pour un Chinois moyen.
«L’année dernière, beaucoup de gens ont mis leur argent sur le marché boursier», a rappelé Gong. «Ils ont emprunté de l’argent, vendu leur maison et leur voiture, ou emprunté auprès de leurs amis en vue d’investir sur le marché boursier. Et maintenant, ils n’ont plus rien. Ils ont perdu beaucoup d’argent et ne peuvent même plus rembourser leur dette». Pour remédier aux problèmes rencontrés sur le marché boursier par la Chine, le gouvernement a publié des politiques visant à stimuler le marché, a déclaré Gong. Toutefois, l’ampleur de la somme d’argent versée dans les actions par le régime chinois n’est pas suffi sante pour combler le montant déjà perdu.
«Le gouvernement chinois estime qu’il doit stimuler l’indice boursier pour montrer aux gens qu’ils sont prospères», selon Gong. «Le problème est qu’il n’a pas l’argent nécessaire pour le faire. La seule chose qu’il peut faire est d’affi cher des politiques». La stabilisation de l’économie chinoise est devenue de plus en plus une priorité pour le régime chinois, en particulier à moins de deux semaines de l’ouverture des Jeux olympiques de Pékin. «Le gouvernement chinois veut montrer au monde entier que son économie est de très bonne qualité», a précisé Gong.
«Le peuple chinois sait que le gouvernement se fait du souci et va essayer de sauver la face. Le gouvernement va mettre de l’argent en bourse juste avant les Jeux pour avoir l’argent par la suite». Actuellement, l’économie chinoise est tenue par un afflux de devises, lié en particulier aux droits d’accueillir les Jeux olympiques de 2008. Les investissements en Chine par des sociétés étrangères ont entraîné une hausse du yuan chinois à un taux de plus de 10 % par an. Cependant, il agit comme une arme à double tranchant. D’une part, l’investissement étranger permet à l’économie chinoise de survivre alors que d’autre part, une appréciation de yuans est à l’origine de la perte de l’avantage concurrentiel de la Chine dans le commerce. Les exportations constituent l’essentiel de l’économie chinoise.
Lorsque le yuan s’apprécie, les produits deviennent de plus en plus coûteux à produire. Dans la ville de Dongguan, dans la province de Guanzhou, plus de 10.000 usines ont fermé leurs portes en raison de l’augmentation des prix de production. «C’est pourquoi je suis très pessimiste en ce qui concerne le marché boursier chinois», a dit Gong. Dans une conférence en France, le ministre chinois du commerce Bo Xilai a indiqué qu’il faut disposer de plus de 800 millions de paires de chaussures et T-shirts pour acheter un seul avion de Boeing. «Qu’est-ce que cela veut dire? Les marges sur les produits fabriqués en Chine sont très, très faibles», a-t-il rappelé. «Quand le yuan s’apprécie, la Chine perd de l’argent. C’est pourquoi un grand nombre d’usines ferment. Même dans la province de Zhejiang, qui est très proche de Shanghai, les usines commencent à fermer. Vous pouvez constater que quand le yuan s’apprécie, la Chine perd son avantage compétitif». L’effondrement de l’économie chinoise provoquera un coup préjudiciable au gouvernement chinois, la perte de contrôle sur la société, selon Gong. Déjà, les investisseurs mécontents commencent à protester de plus en plus et à grande échelle, surtout sur Internet, contre les traitements injustes sur les marchés boursiers.
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