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Accueil arrow Economie arrow Le challenge du groupe Indien Tata - Les défis du ralentissement économique mondial.
Le challenge du groupe Indien Tata - Les défis du ralentissement économique mondial. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Heide B. Malhotra, La Grande Époque - Washington   
07-08-2008

L’INDIEN TATA SE MUSCLE
Le mois dernier, suite à la finalisation de l’acquisition de Jaguar Cars Ltd. et Land Rover Group Ltd pour une somme de 2,3 milliards de dollars, les marques Jaguar et Land Rover sont devenues officiellement propriété de la firme indienne Tata Motors.  

 

Sur son site Internet, Tata Motors a annoncé avoir fait «l’acquisition d’une activité en mutation à l’avenir brillant», reprenant simplement l’annonce faite lors d’une conférence téléphonique avec des investisseurs. Jaguar et Land Rover ont vendu au total 300.000 voitures en 2007 dans 169 pays, engrangeant 15 milliards de dollars de revenus (chiffre d’affaires), soit une augmentation de 50 % depuis 2003.  

 

Tata devient ainsi l’heureux propriétaire de toutes sortes de licences, de propriétés intellectuelles, d’usines, de deux centres de recherche et développement au Royaume-Uni, d’un réseau mondial de bureaux de vente et d’une contribution de Ford à hauteur de 600 millions de dollars dans les fonds de pension des deux marques automobiles. Au cours d’une réunion à la Chambre des Communes, Ratan Tata, président du groupe Tata, a assuré à Jim Cunningham, membre du parti travailliste de Coventry Sud, qu’il n’y aurait aucun licenciement de personnel. 

 

Au contraire, la société a annoncé son projet de recruter du personnel supplémentaire. Ford n’est pas encore entièrement retiré des deux groupes. Selon un récent communiqué de presse de Tata, Ford continuerait à fabriquer des moteurs pour Jaguar et Land Rover, garderait un rôle dans le développement technologique et fournirait d’autres expertises. 

 

La participation de Ford sera certainement supprimée avec le temps. Tata doit relever de nombreux défis, en particulier des problèmes technologiques et des différences culturelles. L’expertise de la société réside dans la fabrication de voitures low cost pour le marché intérieur indien. Elle doit amorcer une évolution délicate afin de réussir le passage de la production de voitures bas de gamme aux voitures de luxe.  

 

«Nous ne savons pas si c’est l’ambition personnelle de Ratan Tata qui a conduit à cette acquisition ou si c’est une stratégie mûrement réfl échie pour le bien de la société», a déclaré Nandan Chakraborty, chef de la recherche à Enam Financial, dans un récent rapport de Knowledge & Wharton.  

 

TATA DEVIENT MONDIAL
Le groupe Tata, installé à Mumbai, est la plus grande entreprise indienne. En plus de l’automobile, le conglomérat opère dans l’industrie, la sidérurgie, les systèmes d’information et communications (IT) et des industries hôtelières. Tata semble confiant dans sa quête de reconnaissance mondiale, comme le montre la séance de questions et réponses de Ratan Tata sur sa stratégie, publiée sur le site web du groupe. 

 

«Les groupes mondiaux peuvent agir sur plusieurs marchés afi n de réagir contre la concurrence accrue d’autres grandes sociétés sur n’importe quel marché», a dit Tata. Tata a vécu dans une débauche d’acquisitions, avec 51 rachats d’affaires depuis l’année 2000. Près du tiers de ses acquisitions, soit 16 sociétés, étaient basées en Inde. Neuf de ses acquisitions étaient aux États-Unis et six au Royaume-Uni.  

 

Celle qui a le plus fait parler d’elle, était celle du Groupe Corus, l’un des plus grands producteurs d’acier dans le monde, domicilié au Royaume-Uni. L’achat a été fi nalisé en avril 2007 pour 12 milliards de dollars. Un autre achat majeur était celui d’Eight O’Clock Coffee Co. basé aux États-Unis, racheté en 2006 pour 220 millions de dollars. Tata a aussi activement cherché des partenariats dans le monde entier. 

 

Tata et Boeing ont annoncé une joint-venture en février pour produire des éléments du futur Boeing 787 Dreamliner. En 2007, Tata a formé une joint-venture avec le constructeur automobile italien Fiat. Conformément à l’accord, Tata produirait certaines voitures de niveau Premium pour Fiat. La production annuelle prévue est d’environ 100.000 voitures et de 200.000 moteurs.  

 

LE DEFI D’UNE FAIBLE DEMANDE
En Inde, la demande de voitures va s’accélérer malgré l’explosion des prix du carburant. La tendance est soutenue par une classe moyenne en augmentation d’une part et par le fait que la plupart des banques indiennes acceptent de financer jusqu’à 80 % de la valeur d’une voiture. Selon le professeur John Paul MacDuffie, dans le rapport de Knowledge & Wharton, «le marché intérieur en Inde grandit très rapidement et il y a là probablement des clients moins exigeants et des contraintes réglementaires plus souples».  

 

Cependant, les marchés automobiles des pays développés – où se vend l’essentiel des Jaguar et des Land Rover – ont un faible potentiel de croissance. En 2007, les ventes totales de voitures et les ventes en leasing ont diminué, passant de 59 millions en 2006 à 58,5 millions aux États-Unis, selon les statistiques du Bureau américain des Transports. Les ventes de voitures neuves en Europe ont baissé de 7,8 %, de mai 2007 à mai 2008.  

 

Pour l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles, c’est la Bulgarie qui a été la plus frappée, avec une diminution de 65,3 %, suivie de la Grèce avec une baisse de 50,7 % des ventes automobiles. À la surprise générale, Jaguar est la seule marque qui a vendu 1.500 voitures de plus en mai 2008 que l’année précédente. Toyota et Daimler étaient en tête de liste avec les plus grandes baisses.  

 

Compte tenu des prix du carburant en augmentation, les leaders de l’industrie sont pessimistes quant aux ventes futures. «Il est clair que l’activité dans les marchés à maturité de certains pays européens et nord-américains pourrait chuter à des niveaux que nous n’avons pas vus depuis la crise du début des années 80», a déclaré Carl-Peter Forster, président de General Motors pour l’Europe, à Global Insight, un groupe de réflexion européen. 





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