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Les eaux sibériennes, le lac Baïkal, en recherche de pureté |
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Écrit par Héloïse Roc, La Grande Époque - France
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14-08-2008 |
Vue sur le lac Baïkal. C’est la plus grande réserve d’eau douce de la planète, sa superficie est égale à celle de la France. (Grigory Sobchenko/AFP) Le lac Baïkal, bien qu’il soit le plus haut lieu protégé de l’UNESCO, est atteint par des pollutions diverses. Il est agressé de toutes parts. Tout d’abord, par un développement anarchique du tourisme sans traitement des eaux usées et surtout par un mal absolu, la fabrique de papier de la ville de Baikalsk, qui est accusée de rejeter des polluants lors de la production de cellulose. Le parquet général de Russie a ordonné à l’usine de contrôler l’émission des polluants le 1er mars dernier. Cependant les écologistes espèrent que cette ordonnance ne sera pas vaine! En effet, jusque-là, les industriels sont toujours parvenus à leurs fins. De nouvelles études sont menées sur le lac. Ainsi, à la fin de juillet 2008, des scientifiques ont entamé des recherches, et aidés par deux sous-marins spécifiques, ils explorent les fonds du lac.
En effet, la baisse du niveau de l’eau inquiète le ministère russe des Ressources naturelles, elle se répercute déjà sur l'écosystème, asséchant les zones de reproduction des poissons du Baïkal. La réputation du lac n’est plus à faire, il est très ancien (25 millions d'années) et possède une richesse exceptionnelle au niveau de la flore et de la faune d’eau douce. Il est unique, tout simplement hors normes, par sa dimension et par sa contenance, il a une capacité rare, il contient 20% des eaux douces de la planète. Le lac Baïkal est situé au sud-est de la Sibérie, sa superficie est égale à celle de la France, 3,15 millions d’hectares, et sa profondeur de 1700 m en fait le lac le plus profond du monde. Pour la science de l'évolution, il a une valeur exceptionnelle, il est ainsi appelé le «Galápagos de la Russie».
De l'eau mise en bouteilles Aucun lac au monde n’est utilisé pour l’embouteillage industriel à part le lac Baïkal. En 1992, a commencé le commerce de l’eau du lac, qui a été conditionnée en bouteilles. Cette eau est prise dans les profondeurs du lac, à 400 mètres, là où elle est protégée de la pollution de surface et où la température est stable toute l’année, à + de 4,2 °C. C’est une eau médicinale recommandée pour le traitement des maladies de l'appareil digestif et de l'hypertension. «Baïkal, signifie étymologiquement la blanche, la pure. En effet, les eaux sont si pures qu'on peut voir à 100 mètres plus bas. Par ailleurs, cette réserve d’eau douce située entre trois plaques tectoniques est mystérieusement agitée, aujourd'hui encore un tremblement de terre toutes les 6 heures fait frémir le lac.
Des bulles de pétrole Une étude réalisée par les chercheurs de l'Institut d'océanologie de Moscou et de l'Institut de limnologie d'Irkoutsk a découvert qu'il se produisait un rejet permanent et naturel de pétrole dans le lac Baïkal. Les chercheurs ont constaté que ces bulles provenaient directement du fond du lac, ils ont ainsi trouvé un jaillissement sous-marin de 500 m de haut composé de gaz et de pétrole. L’analyse des sédiments a montré que le gaz rejeté contient du méthane à 99% et tous ses dérivés, butane, propane, pentane, hexane, etc. Il semblerait que, selon les analyses effectuées, ces hydrocarbures auraient été formés entre les époques oligocène et début miocène et que les bulles de pétrole proviennent d’une faille tectonique.
Le lac Baïkal assure la vie d'espèces rares Ce lac est unique en son genre, il assure la vie d’espèces rares, dont 27 espèces sont endémiques (parmi elles on trouve l'omoul, un poisson de la famille des salmonidés). La menace écologique règne, surtout depuis la baisse du niveau de l’eau qui a occasionné un gel de surface des eaux. Ce phénomène est particulièrement dangereux à l'embouchure de l'Angara, c’est un territoire important du point de vue ornithologique. Autrefois, ce lieu ne gelait jamais, c'est pourquoi les oiseaux y avaient élu domicile. La baisse du niveau de l’eau provoque le gel du lac et cause la mort de milliers d'oiseaux. «Je me souviens d'un cas où le niveau s'était tellement abaissé que l'embouchure de l'Angara avait gelé, et les écologistes avaient dû s'employer pour sauver les oiseaux», a raconté à RIA Novosti Lia Sandanova, experte du Centre environnemental régional.
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