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Comment étouffer les rires par l’excès |
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Écrit par Olivier Chartrand, La Grande Époque - Montréal
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22-08-2008 |
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Tropic Thunder Tugg Speedman (Ben Stiller, gauche) jouant dans une des scènes de Tropic Thunder aux côtés de Kirk Lazarus (Robert Downey Jr., droite).(Merie Weismiller Wallace/DreamWorks LLC.) Que plusieurs associations défendant les droits des gens atteints de déficience intellectuelle se soient vivement plaintes du personnage de Simple Jack, incarné par Ben Stiller, ne justifie pas que l’on boude Tropic Thunder. Ceci donne toutefois un très bon indice du contenu de cette irrévérencieuse comédie. C’est plutôt le boycott des associations qui défendraient l’humour de bon goût, si elles existaient, qui justifierait que l’on ne devrait pas aller le voir.
Tugg Speedman (Ben Stiller, Night at the Museum) est un acteur de films d’action dont la carrière est en déclin. Il a toutefois espoir de remonter sa cote de popularité et de gagner un Oscar avec le dernier film dans lequel il jouera un soldat de l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam. Dans ce projet, il fait équipe avec un comédien australien à succès, Kirk Lazarus (Robert Downey Jr., Iron Man), un humoriste exploitant ses flatulences pour bâtir sa renommée, Jeff Portnoy (Jack Black, Nacho Libre), ainsi que d’un rappeur populaire, Alpa Chino (Brandon T. Jackson, A Talent for Trouble).
Pour obtenir des scènes réalistes, alors que les acteurs donnent libre cours à leur moindre petit caprice, le réalisateur, Damien Cockburn (Steve Coogan, Hamlet 2), décide de parachuter les quatre stars dans une zone gérée par des narcotrafiquants birmans.
De porter en dérision les comportements parfois presque schizophréniques de certains acteurs, de rire de l’absurde du fonctionnement (ou plutôt du dysfonctionnement) d’Hollywood par un film qui fait référence à des classiques comme Platoon, c’est génial! Malheureusement, c’est dans le traitement de cette bonne idée de départ que tout se gâte pour Stiller qui réalise et signe le scénario de Tropic Thunder.
Il faut avant tout mentionner l’excellente performance de Robert Downey Jr. qui incarne avec brio l’archétype de l’Afro-Américain Black Panther des années 1960 en alternance avec son interprétation de l’acteur à succès torturé. C’est d’ailleurs probablement ce qui attire plusieurs spectateurs en salle. En outre, quelques échanges entre Kirk Lazarus et Tugg Speedman sont drôles et pourraient rappeler l’écriture des dialogues absurdes de Tarantino.
Cela dit, ce qui fait que le film passe à côté de son objectif, c’est comment Stiller traite la grande majorité des gags avec un flagrant manque de nuance. Contrairement aux Monty Python qui savaient aller aux frontières de l’acceptable tout en faisant rire, Stiller rate son coup, car il beurre trop épais. Et c’est essentiellement causé par un manque de contraste entre les réactions exagérées des personnages et les situations démesurées dans lesquelles ils sont. Le tout est une caricature tellement grossière que l’effet de surprise est pratiquement inexistant.
Plus désolant encore, c’est l’extraordinaire abondance de vulgarité dans les dialogues. Côté comique, le plateau ne manquait pourtant pas de talent! Alors pourquoi tomber dans la facilité puérile de littéralement mitrailler le spectateur de mots vulgaires pour faire rire la compagnie?
Beau gaspillage de talent et d’argent et preuve d’un sérieux manque d’imagination. C’est presque étonnant qu’un des frères Cohen ait cosigné le scénario.
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