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Un champignon servi tiède |
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Écrit par Olivier Chartrand, La Grande Époque - Montréal
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26-08-2008 |
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Truffe Charles (Roy Dupuis) à la recherche de truffes noires.(Christal Films) Acheter un diamant, une auto de luxe, un Airbus ou même… une truffe n’est pas chose essentielle. Dans plusieurs cas, l’impulsion vient du besoin de satisfaire un vide existentiel que l’on veut combler par l’achat de biens qui nous obnubilent pour un certain temps, mais qui ne réussissent jamais à nous rassasier. C’est un peu ce que représente le champignon tant convoité du dernier film à saveur onirique de Kim Nguyen : Truffe.
En 2010, Charles (Roy Dupuis, J’ai serré la main du diable) et Alice (Céline Bonnier, Maman est chez le coiffeur) possèdent un petit snack bar dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve. La spécialité de la maison est la poutine à la truffe noire, un mystérieux champignon qui pousse sous les rues de la ville, résultat du réchauffement de la planète. Ils ne sont toutefois pas les seuls à s’intéresser à cette exploitation, l’étrange Mme Kinsdale, (Michèle Richard), à la tête d’une grande entreprise de fourrures, lorgne ce champignon dont la commercialisation serait profitable.
Mme Kinsdale (Michèle Richard, gauche) et son sbire (Jean-Nicolas Verreault, droite). (Christal Films) Le film pose un regard critique sur le comportement de grandes entreprises qui exploitent les ressources naturelles et humaines au détriment de l’environnement et des individus. Le propos à connotation sociale ne sert en revanche que de prétexte. Truffe est d’abord et avant tout un postiche de film de série B. Il relève clairement de l’exercice de style dans lequel la forme prend nettement plus d’importance… au détriment du fond. Et c’est la grande lacune de ce film dont le scénario aurait été plus adapté à un format court métrage.
Malgré que certaines scènes dans lesquelles figurent Pierre Lebeau (Les Boys) et Danielle Proulx (C.R.A.Z.Y.) incarnant les parents de Charles sont très drôles, l’humour deuxième degré et quelque peu cynique ne plaira pas à tous.
Les clins d’œil et références cinématographiques sont intéressants; les aficionados du genre pourront les attraper au vol. Les cinéastes prendront plaisir à analyser le film tandis que Truffe risque d’avoir une réception tiède du large public.
Malgré tout, ce deuxième long métrage du réalisateur du Marais est intéressant du point de vue visuel. Travaillant avec Nicolas Bolduc (Le Banquet) à la direction photo, on voit que Kim Nguyen (qui portait les chapeaux de scénariste, producteur et réalisateur) s’est laissé toute la liberté d’explorer la texture d’une image en noir et blanc. Il s’amuse également à déconstruire les rythmes du film laissant parfois le spectateur en suspens. C’est là qu’est l’audace de Nguyen qui nage dans des sphères surréalistes encore trop peu exploitées dans le cinéma québécois.
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