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Plan de paix rejeté par l’Autorité palestinienne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Stéphanie Krug, Collaboration spéciale   
28-08-2008
Le premier ministre israélien, Ehud Olmert,
Le premier ministre israélien, Ehud Olmert, en compagnie de sa ministre des Affaires étrangères et très possible successeur, Tzipi Livni. Tout indique qu’Olmert, avec son plan de paix, subira le même sort que ses prédécesseurs : l’échec. (Jim Hollander/AFP/Getty Images)
Et autres perspectives régionales

Le plan de paix détaillé proposé par le premier ministre israélien Ehud Olmert, tandis que ce dernier est accusé de népotisme, est en train de vivre le même scénario que celui proposé par Ehud Barak, ancien premier ministre travailliste et actuel ministre de la Défense, lors de la conférence de Camp David en juillet 2000 en la présence de Yasser Arafat et de Bill Clinton. En septembre 2000, la visite d’Ariel Sharon effectuée sur l’esplanade des Mosquées avait déclenché la protestation des Palestiniens et entraîné une sévère répression des autorités israéliennes. L’échec des négociations s’était soldé par la seconde intifada.

Dans la configuration politique actuelle, les négociations avaient toutes les chances de ne pas aboutir. Le plan d’Ehud Olmert préconise la création d’un État palestinien qui recouvre l’intégralité de la surface de la bande de Gaza et 93 % de la Cisjordanie avec un corridor routier reliant les deux territoires. Il prévoit notamment que tous les colons israéliens situés sur le territoire palestinien devront partir sur le champ. Mais là où le bât blesse, c’est que ce corridor sera placé sous contrôle israélien, même si l’armée israélienne n’est pas habilitée à intervenir, comme le souligne Ehud Olmert. Toujours selon le plan, Jérusalem restera la capitale d’Israël et les Palestiniens devront se contenter de Ramallah comme capitale. Israël a aussi émis l’exigence suivante : tous les réfugiés devront retourner dans le futur État palestinien, Israël refusant d’accueillir un seul réfugié sur son sol.

L’eau est de surcroît un point favorisant les contentieux entre les deux peuples, car les territoires que conserve Israël en Cisjordanie comptent parmi les régions les plus riches en sources d’eau. En échange, le plan d’Ehud Olmert entend donner aux Palestiniens une superficie équivalente dans la zone aride du désert du Néguev, ce que refuse l’Autorité palestinienne, se sachant lésée par une telle proposition.

Selon l’Autorité palestinienne, ce plan est très loin de répondre aux vœux des Palestiniens qui maintiennent leur revendication primordiale; à savoir le droit à l’autodétermination de leur peuple, sans occupation israélienne. En réaction à ce plan, Saeb Erekat, le négociateur en chef palestinien, l’a trouvé «ridicule» tandis que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a rejeté le plan sur le champ, le qualifiant de «perte de temps». Autant dire que nous sommes loin d’un plan de paix concluant. Le porte-parole de Mahmoud Abbas, Abou Rdaïnah, accentue le désaccord en rappelant la position de l’Autorité palestinienne qui n’entend pas fléchir : elle réclame «un État palestinien avec une continuité territoriale, avec la sainte Jérusalem comme capitale, sans colonies, et sur les frontières du 4 juin 1967».

Tous les plans de paix établis dans l’histoire d’Israël s’engagent à créer la paix en la faisant s’établir sur des concessions territoriales que les leaders palestiniens ont toujours refusées. Rien de neuf puisque ce plan s’inscrit dans la même mouvance qui conduira aux mêmes échecs. Comment comprendre alors l’obstination d’Ehud Olmert et des leaders israéliens si ces plans de paix mènent aux mêmes impasses?

Rappelons que le premier ministre israélien a promis au président Bush qu’un accord de paix serait signé avant la fin de son mandat en janvier prochain. L'actuelle administration américaine souhaite vivement que les Israéliens et les Palestiniens trouvent un modus vivendi avant que le président américain ne quitte la Maison-Blanche. C’est à ce titre que la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, s’est rendue au Proche-Orient cette semaine. «Sa visite dans la région s'inscrit dans le cadre des efforts qu'elle prodigue ces derniers mois pour promouvoir les  négociations de paix et écouter les rapports des deux parties, notamment l'expansion des colonies de peuplement», a expliqué M.  Erekat, le négociateur en chef palestinien.

Le contexte diplomatique au Moyen-Orient ne donne cependant pas tort au premier ministre Ehud Olmert, car l’urgence d’un accord de paix entre les deux peuples est redoublée par la perception de la menace nucléaire iranienne qui ne s’amenuise pas, malgré les pressions américaines. À cet égard, le rapprochement israélien avec la Syrie est de bon augure si on considère l’aspect stratégique des négociations syro-israéliennes facilitées par l’entremise de la Turquie. En effet, ces négociations secrètes reposent avant tout sur la nécessité d’éloigner la Syrie de l’Iran.

Le triangle Israël-Turquie-Iran

Les jeux d’alliances sont souvent complexes. Dernièrement, Israël voit son alliée, la Turquie, chercher à tisser des liens plus solides avec son ennemi juré, l’Iran.

Le 14 août dernier, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’est rendu en Turquie, pays membre de l’OTAN. Il n’a cessé de critiquer Israël en affirmant ostensiblement à la presse que «les pays occidentaux ne devraient pas soutenir autant Israël, la vie de ce régime touchant à sa fin».

Cette visite controversée a agacé au plus haut point les adversaires de l’AKP (parti au pouvoir issu du mouvement islamiste en Turquie) qui se sont toujours indignés devant les propos radicaux de Mahmoud Ahmadinejad. Cette première visite du président iranien dans un pays membre de l’OTAN, et qui a ouvert des négociations d’adhésion à l’UE (Union européenne), s’est concentrée sur la question de l’énergie. Encore une fois, la Turquie souhaite jouer le rôle de médiateur, tentant de favoriser les échanges entre l’Iran et les Occidentaux même si ce pari est difficile.

Au-delà de ce rôle d’entremetteur, la Turquie a des ambitions de puissance régionale et ce statut l’amène à se doter d’une politique étrangère reflétant davantage cette réalité. Ceci dit, l’influence américaine demeure, mais Ankara, par ses rapprochements avec Moscou et Téhéran, démontre une indépendance grandissante.

Quant à l’Iran, les tensions ont sensiblement diminué ces derniers temps, suite à une effervescence au début de l’été activée par les spéculations de frappes aériennes israéliennes. Certains commentateurs ont suggéré qu’une action contre l’Iran était probable en raison de la fin de mandat du tandem Bush-Cheney qui approche.

Les États-Unis cherchent sans aucun doute à déstabiliser l’Iran. Dernièrement, le Congrès américain a adopté un plan de 400 millions de dollars visant à financer des opérations spéciales en sol iranien pour perturber le régime islamiste. Mais Washington joue un double jeu qui ne semble pas porter fruit : les perturbations internes sont contrecarrées par les menaces externes.

Loin de discréditer à leurs yeux le président iranien, les avertissements des États-Unis ne font que renforcer la cohésion entre Ahmadinejad et la population. De plus, des analystes estiment qu’Israël n’a pas la force pour amorcer une action militaire solitaire contre l’Iran.  




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