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Toute l’équipe devant le tram de l’association genevoise du musée des trams qui les emmenait visiter la ville. En rouge Anton et juste en dessus, en rose, Katya (LGÉ) C’est une histoire comme des centaines d’autres, voire des milliers d’autres, l’histoire de gens touchés par le malheur des autres et qui agissent en leur venant en aide.
ISTOK signifie « source » en biélorusse. Souvenez-vous du printemps 1986, Tchernobyl… Ce désastre a marqué une région pour des dizaines d’années, tué des milliers de personnes. Malgré tout, les gens continuent à y vivre, se nourrissent du produit de leur terre et ont des enfants. Une grande partie de ces enfants ont de gros problèmes de santé, largement sous estimés pour des raisons économiques. Selon un rapport de Greenpeace « 85 % des enfants de Biélorussie sont actuellement malades. Les pathologies sont sans fin : dommages aux systèmes immunitaires et endocriniens, maladies respiratoires et gastro-intestinales, maladies cardio-vasculaires, sanguines et neuropsychologiques, vieillissement prématuré, anomalies génétiques et aberrations chromosomiques, malformations chez le foetus et l’enfant… »
Selon Vassili Nesterenko de l’Unesco, « deux millions de Biélorusses dont 500.000 enfants vivent dans les zones contaminées. Les enfants contaminés doivent être envoyés dans des régions propres au moins deux fois par an pour un mois, et traités avec des compléments nutritionnels à base de pectine. Efficaces et très peu chers, ces comprimés sont produits en Ukraine, mais pas chez nous. Il faut créer des centres pour les jeunes mères dans des régions où elles pourront manger ‘propre’ pendant la grossesse et l’allaitement. »
Il existe différentes associations qui accueillent des enfants contaminés en vacances, principalement en Europe mais aussi au Canada, aux USA. Istok en est une.
Rencontre avec Istok lors d'une visite des transports publics genevois
Il y a cinq ans, la commune valaisanne de Vionnaz a organisé la venue de ces enfants sur une période de deux ans. Le lien créé entre les familles d’accueil et les enfants biélorusses a fait naître l’association Istok pour que ces enfants puissent continuer à venir en vacances dans les montagnes suisses. Elle accueille quatorze enfants biélorusses âgés de 8 à 20 ans. Nous avons profité d’une visite des Transports Publics Genevois (TPG) pour nous rencontrer. Les enfants biélorusses sont accompagnés par des familles d’accueil, des traductrices et le responsable de l’association.
Monsieur Cleusix est le président de l’association et parent d’accueil. « Une partie des enfants que nous accueillons reviennent d’une année à l’autre mais chaque année nous accueillons de nouveaux enfants. Notre association n’a pas les moyens d’accueillir plus de quatorze voire quinze enfants car il est très difficile de trouver des familles d’accueil.
La langue est le principal handicap. Heureusement, la majorité des enfants et des familles ont une ébauche de langue étrangère, allemand, anglais, italien. Ils ont aussi un petit fascicule où il y a les mots courants phonétiquement prononcés. Ils peuvent de plus téléphoner à une interprète à chaque fois qu’ils ont des difficultés pour communiquer.
Pour venir ici, ces enfants doivent obligatoirement être hors traitement, sinon ils n’ont pas le droit de quitter leur pays. Nous n’avons jamais eu besoin d’envoyer un enfant à l’hôpital bien qu’une ou deux fois le risque était là. Je pense au cas d’un jeune qui avait des mélanomes et avait interdiction de se mettre au soleil mais n’en tenait pas compte. Il a commencé à avoir des rougeurs, on a dû intervenir pour qu’il ne s’expose plus au soleil. En fait ces enfants veulent vivre comme tout le monde. Ils sont fiers et ne veulent absolument pas paraître moins bien que les autres.
Pour que l’accueil se passe bien, on demande aux familles ce qu’elles souhaitent : une fille, un garçon, de quel âge, quelles activités elles ont. Par contre, cette démarche est plus difficile pour les enfants. Dans l’ensemble, je dois dire que ça se passe bien et les familles gardent un contact par courriel ou par téléphone avec l’enfant qui revient chaque année.
Le coût de ces trois semaines de vacances pour 14 enfants revient entre 8.000 et 10.000 francs suisses (de 4.900 à 6.200 euros). Nous sommes toujours à la recherche de sponsors et de familles d’accueil, il y a tant d’enfants qui ont besoin de ces vacances. Chacune de ces trois semaines l’association organise une sortie pour que les enfants puissent se retrouver, parler le biélorusse. Donc les familles doivent emmener les enfants au point de ralliement à chaque fois.»
Katya a 20 ans, elle vient de la ville de Orscha : « Je fais des études de langue à l’université. J’apprends le français et l’anglais, je souhaite devenir professeur de français. Dans la famille qui m’accueille, les enfants sont déjà adultes et ne vivent plus chez leurs parents. Je discute avec les parents, je vais à la piscine et je vois aussi une autre fille qui vient de Biélorussie. Je m’entends bien avec cette famille, ça fait cinq ans que je reviens. »
LGE : Est-ce que ça vous a donné envie de venir vivre en Suisse ?
Katya : « Bien sûr mais je n’ai pas la possibilité de le faire, les lois l’empêchent. »
Anton a 10 ans, il est fils unique. « Mes parents m’ont inscrit dans l’association Nous-Renaissance qui fait le lien avec l’association qui nous accueille. C’est la deuxième année que je viens car la famille chez qui je suis m’a à nouveau invité. Je n’étais jamais parti auparavant. Je dois dire que ces vacances font une nette différence sur ma santé, je suis beaucoup mieux après trois semaines à la montagne. Je suis mieux préparé pour l’école car je suis en bonne santé. Je commence à comprendre un peu le français. Dans la famille qui m’accueille, les enfants ont 2 et 4 ans, je joue avec eux et de temps en temps je sors aussi jouer avec les enfants du coin mais c’est difficile à cause de la langue. Quand je serai grand, je travaillerai avec mon papa qui a une fabrique de bière. J’aimerais aussi travailler un peu à l’étranger pour gagner de l’argent et construire une belle maison. »
Un site internet d'Istok
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