|
Page 1 sur 2
Zhang Lianying lors de l'enregistrement de son témoignage des épreuves qu’elle a vécues dans les camps de travaux forcés chinois. (Avec l'aimable autorisation de Minghui Canada)
Dans un témoignage comme il en provient si rarement de Chine, Zhang Lianying explique l’horreur qu’elle a vécue. Elle se tient devant une caméra vidéo d'amateur qu'utilise son mari dans un studio improvisé. Elle parle doucement avec l'accent caractèristique de Pékin.
Mme Zhang et son mari font partie des 8000 pratiquants de Falun Gong qui ont eu la porte de leur maison forcée et qui ont été arrêtés et détenus par la police dans le cadre de la « préparation » des Jeux olympiques. Pour Mme Zhang, c'était sa seconde détention en camp de travail.
Pratiquante de Falun Gong, une pratique spirituelle persécutée en Chine depuis 1999, Mme Zhang a enduré d’indescriptibles souffrances. Arrêtée huit fois, condamnée au travaux forcés trois fois, elle persiste et raconte l'histoire de sa survie.
«Si je n’avais pas eu une foi forte dans l’authenticité, la compassion et la tolérance [ndt : les trois valeurs fondamentales enseignées par le Falun Gong], sans une solide foi dans la bonté, une détermination à vivre et la conviction que je ne devais pas mourir, peut-être serais-je morte depuis longtemps, de nombreuses fois, et j’aurais quitté le monde des humains pour toujours » a écrit cette femme de 46 ans l’année dernière, dans une lettre adressée à un rapporteur sur les droits de l’homme au Parlement européen. La partie de la lettre détaillant ses épreuves était intitulée « Des expériences trop douloureuses pour qu'on les évoque».
Il fut un temps où la vie de Mme Zhang était paisible. Diplômée de l’université, elle fut fonctionnaire à la Guangda Group Ltd et dans une autre compagnie. Elle menait une vie agréable, bénéficiant de tous les privilèges d’une Chinoise moderne, qualifiée. En 1997, Mme Zhang et son mari, Niu Jingping, ont commencé à pratiquer le Falun Gong. Ils y ont gagné une meilleure santé et un profond sentiment de paix intérieure.
Mais quand le Parti Communiste Chinois (PCC) lança la persécution du Falun Gong à grande échelle en 1999, tout a changé.
Plusieurs explications concernant la persécution ont trouvé du crédit dans les médias et dans les milieux universitaires. Le PCC était paranoïaque devant la popularité de la pratique et l'intérêt envers elle qui touchait différentes couches sociales.Et le chef du Parti communiste de ce temps, Jiang Zemin, y avait vu un affront. Et exactement comme dans les campagnes politiques précédentes,où des groupes ayant leur propre idéologies et leurs réseaux étaient attaqués, le Falun Gong devint la nouvelle cible.
«C’était comme si le ciel s’écroulait, tout autour de moi a changé. J’ai perdu mon travail; on m'a demandé d'écrire des autocritiques et de remettre mes livres sur le Falun Gong . Je ne pouvais pas comprendre. J'étais la même personne, j’avais seulement acquis une meilleure compréhension sur l'importance et le sens de la vie, je m'efforçais d'être encore meilleure qu'une personne bonne. Je recevais des louanges la veille, mais le lendemain, je ne pouvais plus relever la tête», a écrit Mme Zhang dans son autobiographie.
Comme le montre de nombreux rapports d’enquête par des tiers et des déclarations de témoins comme celui de Mme Zhang, quand il traite avec les pratiquants du Falun Gong, le régime leur demande une soumission absolue. Les fonctionnaires étaient autorisés à utiliser des méthodes physiques et psychologiques extrêmes pour briser leur volonté. Les victimes racontent que plus elles refusent de se soumettre, plus sévère, cruel et brutal est leur traitement.
Le cas de Mme Zhang fait partie des 60.000 cas de torture et mauvais traitements documentés sur des pratiquants de Falun Gong en Chine. Il y aurait environ 3.000 cas documentés de pratiquants torturés jusqu’à la mort. Mais le nombre de cas serait beaucoup plus élevé. Les témoignages, photos et vidéos comme celles de Mme Zhang dépeignent une image déchirante.
En 2005, dix policiers du poste de police Xiangheyuan à Pékin ont fait irruption dans la maison de Mme Zhang et l’ont arrêtée pour la première fois, alors qu’elle donnait à manger à sa fille de un an. Mme Zhang refusa d’abandonner sa pratique du Falun Gong si bien que la police l’a torturée et la enfermée dans une cellule d’isolement dans un camp de travail pour femmes.
«La cellule faisait environ trois mètres carrés, le plafond était haut mais il n'y avait aucune ventilation. La fenêtre était obstruée et la porte était calfeutrée tout autour, ainsi il n'y avait aucune lumière même pendant la journée », raconte Mme Zhang, tout en fixant la caméra. «Un haut-parleur me perçait les tympans. Ce fut le début des deux années les plus douloureuses de ma vie dans les camps de travail.»
Mme Zhang a refusé de porter un uniforme de prisonnière , alors on l'a dévêtue et laissée dans une cellule glaciale avec ses seuls sous-vêtements. Lorsque les gardes ont découvert qu'elle faisait les exercices du Falun Gong, ils ont rempli d’eau la cellule, jusqu’au-dessus de ses chevilles.
Pour protester contre ce traitement, elle a entamé une grève de la faim. Parce que la pièce était constamment dans l’obscurité, Mme Zhang ne se rendait compte de la succession des jours que ges lorsque les gardiens la nourrissaient de force périodiquement . L'alimentation forcée est parmi les principales causes de décès des pratiquants de Falun Gong en détention, et est devenue une méthode de torture extrêmement douloureuse.
Un certain nombre de ministères sont impliqués dans sa persécution, y compris le bureau 610 (l'agence créée spécifiquement pour persécuter le Falun Gong), des services de police, des groupes de surveillance de quartier, des centre de détention, des camps de travaux forcés et des hôpitaux. À aucun moment, Mme Zhang n’a eu le droit d’avoir un avocat ni n’a été l'objet de procédures judiciaires.
Au cours de son séjour en détention, elle a écrit des lettres aux tribunaux, au Parquet, au Bureau du camp de travaux forcés de la ville de Pékin, au Bureau municipal de la justice de Pékin pour leur raconter son expérience. Elle n’a reçu aucune réponse à ses lettres. Un fonctionnaire du Bureau municipal de Pékin est venu la voir; après avoir appris qu'elle avait été étranglée neuf fois, presque à mort, il a demandé à être conduit à sa cellule. Il a regardé Mme Zhang dans les yeux et lui a dit fermement: «Vous devez sauver votre vie ! Vous devez sauver votre vie.» Voilà tout ce qu’un procureur intègre pouvait faire contre la persécution du Falun Gong, a dit Mme Zhang.
<< Début < Précédente 1 2 Suivante > Fin >> |