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MONACO – Les rares voix qui se sont fait entendre le samedi 20 août dans le monde de l'athlétisme après l'annonce du contrôle positif de Marion Jones à l'EPO ont salué la fermeté des autorités américaines antidopage, souvent critiquées pour leur laxisme en la matière par le passé.
L’Américaine Marion Jones lors du 100 m féminin de Londres le 28 juillet dernier. Les autorités américaines antidopage ont annoncé qu’elle avait été testée positive à l’EPO. photo : Stu Forster/Getty Images «J'applaudis encore une fois la Fédération américaine qui fait une vraie chasse aux sorcières», s'est félicité Guy Ontanon, entraîneur de Christine Arron. «C'est très positif de voir que les Américains sont prêts aussi à attraper leurs propres gros poissons. Cela fait deux signes forts cette année et cela marque un vrai tournant dans la lutte antidopage.»
Cette affaire concernant la quintuple médaillée olympique des Jeux de Sydney (2000) survient trois semaines après l'annonce par le champion olympique du 100 m, Justin Gatlin, de son contrôle positif à la testostérone.
«Les Américains cherchent enfin à être propres», souligne également Ronald Pognon, autre élève d'Ontanon.
Leurs propos traduisent un sentiment général dans le monde de l'athlétisme, même s'il n'est pas toujours exprimé, beaucoup d'intervenants attendant visiblement la contre-expertise en début de septembre pour se prononcer publiquement.
La lenteur des laboratoires critiquée
La Fédération américaine (USATF), qui s'était fendue d'un communiqué après l'annonce du contrôle positif de Gatlin, a ainsi gardé le silence.
Elle avait souvent été blâmée auparavant pour son manque de fermeté dans les affaires concernant ses athlètes.
«Je n'en veux pas particulièrement aux Américains, mais je dois dire que les États-Unis ont été particulièrement lents à reconnaître qu'ils avaient un problème», déclarait par exemple le directeur de l'agence mondiale antidopage (AMA), Dick Pound, il y a deux ans en pleine affaire BALCO.
L'USATF a même pris cette fois-ci la peine de prévenir la Fédération internationale (IAAF) avant que l'affaire ne sorte dans les médias, comme cela avait été le cas avec Gatlin.
Ce n'est donc pas elle qui a été critiquée cette fois-ci par l'IAAF, mais les laboratoires.
«Nous sommes mécontents de ces délais entre la date de prélèvement de l'échantillon et l'annonce des résultats», a déploré le secrétaire général de l'IAAF, Pierre Weiss.
Il a fallu deux mois pour analyser l'échantillon positif de Jones, contrôlée le 23 juin après sa victoire sur 100 m aux Championnats des États-Unis à Indianapolis. Elle a pu courir par la suite à Paris/Saint-Denis, Lausanne, Rome et Londres.
«Nous attendons des laboratoires qu'ils fassent de leur mieux pour fournir les résultats en deux semaines, a-t-il ajouté. Deux mois, c'est trop long. Nous devons comprendre pourquoi d'autres laboratoires, je ne vise pas seulement (celui de) Los Angeles (pour les délais), travaillent plus efficacement et plus rapidement.»
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