La carte du Parti communiste : un permis pour voler
Écrit par D. J. McGuire, China e-Lobby
24-09-2008
Un enfant ayant consommé du lait contaminé subit des examens le 17 septembre à Wuhan, en Chine. (China photos/Getty Images)
Le scandale du lait contaminé à la mélamine s’est maintenant internationalisé. Le produit toxique ayant rendu plus de 6000 bébés malades en Chine continentale a peut-être infecté du lait à Taiwan, au Bangladesh, au Yémen, au Gabon, au Burundi et en Birmanie. Entre-temps, les dirigeants chinois admettent que plus de cinq producteurs de lait domestique ont empoisonné le lait, incluant certains ayant reçu la bénédiction des communistes après le dernier scandale du lait en 2004.
Comment cela a-t-il bien pu se produire? Et bien, un des principaux coupables (Sanlu) était géré par Tian Wenhua. Wenhua avait un autre boulot aussi, il était «secrétaire du comité corporatif du Parti communiste».
Pouvez-vous dire «corruption»?
Il ne faut pas être sinologue pour savoir que la corruption est endémique et répandue au sein du régime communiste chinois. C’est tellement sérieux que la mafia chinoise (aussi connue comme les triades) et le Parti communiste chinois deviennent pratiquement impossibles à départager dans plusieurs domaines. Ce qui est moins connu est la raison pour laquelle ceci s’est produit.
Un régime totalitaire comme le Parti communiste chinois (PCC) est difficile à maintenir dans un pays de plus de 1,3 milliard d’individus. Même un groupe déterminé et assoiffé de sang à Pékin ne peut l’accomplir seul. Ils ont besoin d’hommes de main locaux dans toutes les régions et provinces. De plus, ils ont besoin d’un incitatif pour garder ces hommes de main de leur côté.
La solution est survenue après la mort de Mao, lorsque Deng Xiaoping et ses sous-fifres ont trouvé l’alternative parfaite au socialisme : le corporatisme.
La plupart des économistes et des politiciens ne tiennent pas compte du corporatisme comme modèle, mais pour le PCC, c’était une bénédiction. La notion d’entreprises «privées» et de l’État travaillant de pair était le début parfait de ce que les dirigeants recherchaient vraiment : les avantages d’un secteur privé sans perdre le contrôle gouvernemental. Les cadres ont changé de vitesse économiquement, passant de mandats axés sur le travail à des mandats axés sur les affaires. En effet, le PCC lui-même est devenu une méga-corporation, avec seulement les membres du parti (ou leurs enfants, leurs proches, leurs épouses ou maîtresses) ayant le droit de «posséder» une entreprise (ceux qui ont refusé de suivre la ligne du parti ont vu leurs firmes «privées» soudainement saisies et eux-mêmes ont été emprisonnés).
Le corporatisme était dominant à travers la majeure partie du 19e siècle, mais s’est généralement effondré lorsqu’il est clairement apparu qu’un régime corporatiste avait de la difficulté à réguler les pratiques des marionnettes. Toutefois, pour le PCC, de telles inquiétudes ne sont pas nécessaires. En fait, plus les firmes «privées» sont corrompues, plus elles deviennent dépendantes du PCC pour survivre. Alors, cette corruption n’est plus un résultat du régime communiste : c’est devenu un instrument du régime communiste.
Cet instrument n’est pas seulement exclusif aux mauvais acteurs corporatifs. Les cadres locaux utilisent la carte du parti depuis des décennies pour obtenir, de manière illicite, des avantages aux dépens de leurs propres gens, tout en proclamant leur loyauté à la clique de Pékin. En réponse, Pékin n’a d’autre choix que de soutenir leurs malfaiteurs locaux aussi longtemps que le problème n’est pas assez répandu et ne risque pas de provoquer une révolte – comme pourrait le faire le scandale actuel du lait.
Peut-être que si le monde démocratique avait une meilleure compréhension de sa propre histoire économique, il serait mieux outillé pour identifier les signes de corporatisme corrompu et éviter l’absurdité qui entoure le point de vue de l’«engagement». Avec un peu de chance, la réalité de la dépravation et de la malhonnêteté du régime ouvrirait les yeux des gens à propos de la colonie coréenne [Corée du Nord, ndlr] des dirigeants, leur politique étrangère globale et le long bras de l’anarchie. Il y aurait, au moins, la prise de conscience universelle que les singeries du Parti communiste chinois ne sont pas une exception à la règle, mais bien la règle elle-même (pour ce que ça vaut, le message semble être clair chez la population chinoise elle-même).
Il y a simplement eu trop d’histoires de corruption, de vols, de saisies de terres et autres perfidies pour simplement supposer qu’il s’agit d’une série d’incidents isolés. En fait, très loin d’être en mesure de lutter contre la corruption, le Parti communiste chinois dépend maintenant de la corruption et ne peut survivre sans elle. Des cadres locaux aux dirigeants de Pékin, des voleurs «privés» à leurs patrons qui occupent des fonctions publiques, le Parti communiste chinois subsiste grâce à la carte blanche qui est donnée à ses membres de voler sans restriction (sans se faire prendre).
On a dit que l’Empire romain a survécu aussi longtemps en offrant aux gens «du pain et des jeux». Les communistes volent le pain, alors ils ont seulement des jeux. C’est ce qui alimente le nationalisme radical et la demande de détente et de silence à l’étranger. Avec le temps, cela va aussi échouer, et le peuple chinois va se soulever et reprendre son pays.
Il demeure une seule question : combien de millions de dollars et de gens seront perdus avant que ça arrive?