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Une famille de fous… Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Olivier Chartrand, La Grande Époque - Montréal   
01-10-2008

 

C’est pas moi, je le jure !

Le petit Léon (Antoine L’Écuyer)
Le petit Léon (Antoine L’Écuyer) derrière une allée de bowling où il se réfugie parfois. (Véronique Boncompagni)
Tels pères, tel fil… c’est ce que l’on pourrait métaphoriquement penser de Philippe Falardeau (Congorama) et Bruno Hébert, l’un réalisateur de C’est pas moi, je le jure! et l’autre, auteur du roman éponyme ainsi que du touchant personnage de Léon Doré.Pour son baptême au cinéma, le jeune Antoine L’Écuyer (incarnant Léon) a eu la chance d’avoir deux pères de grand talent qui lui ont permis de briller dans un film émouvant aux qualités nombreuses.

Léon est un jeune garçon attachant à l’imagination fertile qui est aussi un vandale, un voleur, un menteur et un suicidaire… Mais tout ça n’est que le symptôme d’une profonde douleur qu’il vit intérieurement. Une souffrance qui vient du fait que ses parents (Suzanne Clément, La Brunante, et Daniel Brière, Le déclin de l’empire américain) ont des rapports qui sont destructeurs l’un pour l’autre. Lorsque la mère décidera de partir pour refaire sa vie en Grèce, le comportement déjà trouble de Léon n’ira pas en s’améliorant. Il décidera, en compagnie de son amie Léa (Catherine Faucher, Borderline), d’entreprendre un voyage pour la retrouver.

Rentrons dans le vif du sujet : Antoine L'Écuyer transmet avec une grande justesse la douleur qui se cache sous les comportements étranges d’un garçon qui souffre mais qui, comme tous les enfants, ne pense qu’à jouer. Il possède la juste dose de candeur et de drame dans le regard pour permettre de lancer, de façon très réaliste, des répliques empreintes d’imagination et d’esprit dans un contexte dramatique. Ce qui est fascinant de cette adaptation de Falardeau, c’est qu’elle traite, avec beaucoup d’humour, de la douleur sans que celle-ci soit prise à la légère.

En fait, tous les comédiens, incluant le jeune Gabriel Maillé (Dans une galaxie près de chez vous) dans le rôle de Jérôme, le frère de Léon, ont réussi à livrer une performance des plus convaincantes malgré la grande charge émotive de scènes difficiles.

L’enivrante musique de Patrick Watson conjuguée à un soin méticuleux porté à l’image ajoutent à la qualité du film et font doucement pénétrer le spectateur dans l’univers d’enfant troublé de Léon Doré.

C’est d’ailleurs ce qui marque la différence entre le film de Falardeau et celui de Léa Pool (Maman est chez le coiffeur) traitant du même sujet, inspiré d’un roman d’Isabelle Hébert (sœur de Bruno Hébert) et sorti en salle au printemps dernier. Alors que le film de Pool prend l’angle d’une enfant confrontée au monde adulte, qui doit supporter la séparation de ses parents, C’est pas moi, je le jure! est une voyage dans le monde intérieur d’un enfant dans des circonstances similaires.





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