Écrit par Matthew Little, La Grande Époque - Toronto
02-10-2008
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Jack Layton, chef du NPD. (Don MacKinnon/Getty Images)
Élections 2008 - Le NPD et les Verts pourraient brouiller les cartes le 14 octobre
La lutte entre les conservateurs et les libéraux fait plus souvent les manchettes, mais dans le paysage politique actuel fractionné, les moins grands partis plus à gauche – le NPD et le Parti vert – peuvent influencer le résultat de l’élection.
Le chef du NPD, Jack Layton, n’apprécie peut-être pas se retrouver dans la même catégorie que la chef des Verts, Elizabeth May, considérant que son parti remporte de plus en plus de sièges et que les Verts n’ont jamais élu un député. Mais à moins d’un miracle, ni le NPD ni le Parti vert ne formera le prochain gouvernement.
Layton se refuse à l’évidence. C’est en fait un de ses slogans de campagne : ne les laissez pas vous dire que ce n’est pas possible!
Peut-être a-t-il raison d’être aussi optimiste. Son score s’améliore sans cesse dans les sondages, et l’élection du 14 octobre pourrait représenter une percée encore plus significative. Layton a certainement sorti un discours populiste dans l’espoir d’amadouer les indécis. En plus de promettre de punir les pétrolières et d’imposer une limite sur les taux d’intérêt des cartes de crédit, le NPD a construit une plateforme basée sur l’imposition des plus méchantes et des plus grandes entreprises pour redistribuer cet argent aux familles canadiennes «travaillantes» à la manière de Robin des bois.
Après le succès qu’il a eu à forcer le gouvernement libéral minoritaire de Paul Martin à retravailler son budget de 2005, Layton a vu sa crédibilité s’accroître. Il aurait pu se rallier aux conservateurs et au Bloc québécois pour faire tomber le gouvernement, mais il a plutôt utilisé son levier pour faire adopter ses politiques. Comme le décrit Layton dans son livre Speaking Out Louder, ce budget «a permis aux sans-abri d’avoir un toit, a amélioré le service des autobus dans les transports en commun, a facilité l’entrée des étudiants dans des collèges et universités... et a offert plus d’aide étrangère canadienne à ceux qui en ont le plus besoin partout dans le monde.»
Jack Layton affirme qu’il faut respecter tous les députés. Une assertion pouvant être remise en cause par la publicité du NPD destinée aux Québécois où Harper est présenté comme le miroir de George W. Bush. «Pro-Bush, idéologie rétrograde, autoritaire, intolérante» sont les qualificatifs pour Harper dans la bande annonce. Lorsque que questionné par La Grande Époque à ce sujet, sa réponse par courriel n’était pas très claire.
«En tant que chef canadien des néo-démocrates, je considère que c’est mon travail d’inspirer les électeurs à participer au processus politique», a-t-il écrit.
Peut-être que cela veut dire leur donner espoir que le Parlement fonctionne, ou peut-être les effrayer pour qu’ils votent pour n’importe qui, sauf Harper.
Mais en général, Layton a été constant durant toute sa carrière politique. Il a débuté en tant que conseiller à la ville de Toronto et était reconnu pour se présenter aux rencontres du conseil en jeans et avec les cheveux ébouriffés. À un certain point, une coalition de conseillers du NPD était pratiquement en charge de la ville. Il a par la suite dirigé la Fédération canadienne des municipalités.
Entre ses tâches en politique municipale, il a fondé le Green Catalyst Group Inc., une entreprise conseil en environnement qui a remporté un prix de l’ONU en design environnemental.
Layton a gagné la course au leadership du NPD en 2003 et a remporté un siège à la Chambre des communes à l’élection de 2004. Durant cette élection, le nombre de sièges du NPD est passé de treize à dix-neuf. Certains sondages à la fin de 2003 suggéraient même que le NPD avait la chance de constituer l’opposition officielle. En 2006, le parti néo-démocrate a remporté dix sièges de plus pour un total de 29.
Bien que Jack Layton ait tiré à boulets rouges sur les conservateurs durant l’élection actuelle, il a joué un rôle significatif dans un des évènements les plus importants du 39e Parlement : les excuses formelles du gouvernement aux victimes du système des pensionnats indiens.
Bien que ce soit Stephen Harper qui a offert les excuses historiques aux étudiants autochtones qui ont été forcés de quitter leurs domiciles et qui ont souvent été victimes de mauvais traitements dans les pensionnats, le premier ministre a reconnu que M. Layton l’avait aidé à prendre la décision.
Harper a déclaré que les conseils de Layton, dans différentes circonstances, étaient «grandement appréciés».
Alors que la campagne électorale bat son plein et que le NPD diabolise les conservateurs, il est peu probable que ce genre de coopération survienne de nouveau advenant un autre gouvernement conservateur minoritaire.
Et sur ce point, comme sur beaucoup d’autres, M. Layton s’entend parfaitement avec Mme May, qui semble plus déterminée à s’assurer que Harper ne soit pas élu plutôt qu’à faire élire ses propres candidats au Parlement.
Dans une récente entrevue avec la revue Maclean’s, May affirme que Harper et Layton travaillent ensemble pour nuire aux libéraux. Alors que Layton a récemment laissé entendre qu’il travaillerait avec un gouvernement libéral minoritaire, le chef libéral Stéphane Dion l’a attaqué, affirmant que les impôts aux entreprises proposés par Layton «élimineraient des emplois partout au pays».
Entre-temps, May appuie Dion depuis longtemps et a suggéré à plusieurs reprises qu’une victoire de Dion serait tout aussi satisfaisante que sa propre victoire.
Pas nécessairement de la bonne politique, mais May a déjà affirmé que l’environnement passe avant tout pour elle.